Sur la piste du Marsupilami, d’Alain Chabat (2012)

« Le monde actuel serait quand même mieux sans les Chiliens ». C’est sur cette réflexion de Denis Diderot que nous commencerons notre critique. Non pas qu’il y ait un rapport entre le philosophe-écrivain-encyclopédiste-auteur-compositeur français et ce film, mais c’est toujours bien de citer un type du XVIe… XVIIe… de y a longtemps. Passé cette citation, je commence.

Voilà donc un projet qui ne me disait rien qui vaille. D’ailleurs, avant le visionnage de Sur la piste du Marsupilami, alors qu’une gigantesque promo s’organisait autour du film (le genre de promo où tout le monde est réuni sur le plateau des Enfants de la télé façon longue private joke, vous voyez), je pensais avoir à faire à un Chabat très (trop) familial, à l’humour édulcoré et marketing, par rapport à ce qu’on connaît de l’ancien comique des Nuls. J’avais aimé l’humour de Didier et encore plus, celui d’Astérix, absurde, canalplusien et parodique (et, honte à moi, même Rrrrr ! a provoqué chez le fan des Robins des Bois quelques moments de franches rigolades). Aussi, je priais nuit et jour, sacrifiant chèvre après chèvre à la Vierge Marie, à Bouddha et au Prophète, pour que le dernier-né d’Alain Chabat soit aussi drôle que ses grands frères. J’émettais de plus quelques doutes quant à un Marsupilami en 3D façon française.

Mon vœu a été entendu. Mon souhait a été exaucé. Car, Sur la piste du Marsupilami est une bonne surprise, un petit film sympathique et très drôle, parfois même complètement barré, dans le genre des films ZAZ. Des gags cartoonesques à la Tex Avery, de fausses pubs, un Marsupilami attachant et, finalement, bien fait, qui ravira les plus petits et dont on retrouve le fameux nid présent dans la BD éponyme. Si l’histoire, sans temps morts, n’est pas sensationnelle, elle fonctionne cependant parfaitement, comme le duo Chabat / Debouzze. Le casting est d’ailleurs réjouissant. Même Jamel Debouzze, justement, qui parfois m’insupporte dans son rôle de Jamel Debouzze, est drôle et en grande forme. Lambert Wilson en dictateur fan de Céline Dion, comme feu Kim Jong Il, est excellent (comme toujours) ! Chabat lui-même et sa tête d’ahuri, nous arrache deux trois fous rires. Et puis Fred Testot, Patrick Timsit, Michel Drucker, etc. sont tous plus drôles les uns que les autres.

Bref, Sur la piste du Marsupilami est un film coloré, joyeux, parfois un peu foutraque et long au démarrage, mais plein d’inventivité. C’est un film familial, car sans aucune vulgarité – certains intégristes évoqueront toutefois la scène du petit chien et de Jamel prisonnier des sables mouvants… Toujours est-il qu’on est loin d’une bonne partie de la filmographie comique franchouillarde actuelle. Mais le plus important, c’est qu’avec ce film, comme avec Astérix, on sent que Chabat aime la bande dessinée et que c’est avec tendresse et sincérité qu’il s’est emparé d’un sujet assez casse-gueule. D’où ce film réussi et honnête.

Enfin, ma scène préférée reste celle de la chorégraphie paya et du court dessin animé : un grand moment absurde et complètement perché, qui a provoqué chez moi et ceux qui regardaient le film avec moi un fou rire sain et nécessaire en ces temps de famine et de peste bubonique.

HOUBA ! HOUBA !

Haydenncia

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