Ils sont fous, ces Coréens !

Dans la famille des films sanglants, violents, mais excellents, en voici un tout droit venu de Corée du Sud. J’ai rencontré le Diable est le genre de film qu’on ne peut pas regarder un dimanche soir avec toute sa famille autour d’une bonne raclette. D’abord parce qu’il est interdit de regarder un film devant une raclette (art. 1186 Code civil), qu’il est interdit de manger une raclette un dimanche soir (art. 1187 Code civil) et ensuite parce que ça n’est pas un film pour les enfants, même ceux du voisin qui sont si bruyants et qu’un petit film de ce genre calmerait pour de bon. Passons au speech.

La fiancée de Soo-hyun, agent des services secrets sud-coréens, a été enlevée et tuée par un psychopathe, alors qu’elle était enceinte. Le jeune homme sa lance à la poursuite du tueur, avec des méthodes très… originales. Dès lors, entre les deux, le jeu du chat et de la souris commence.

Moi, je dis : ils sont fous ces Coréens ! Ils sont fous, mais ils sont doués. D’abord, il n’y a qu’à voir comment Kim Jong-il a redressé un pays menacé par le capitalisme et le Coca-Cola. Maintenant qu’il est mort, c’est à son fils boulimique avec sa tête de panda perdu de durcir encore le ton et d’affamer quelques milliers de personnes, histoire de montrer c’est qui le patron ! Mais ça, je vous l’accorde, c’est la Corée du Nord. Et niveau films, la production est plutôt maigre de ce côté de la frontière. Je voulais en fait parler de la qualité des films arrivant de Corée du Sud : en effet, après le très réussi Old Boy (Park Chan-wook, 2003), voilà un autre film qui ne lésine pas sur l’hémoglobine, tout en nous offrant un scénario de qualité. Car, J’ai rencontré le Diable est un film haletant, prenant, bien écrit, bien interprété, bien filmé. C’est rapide, ça vous dépoussière les yeux et ça teste votre cardio, mais dieu que c’est bon ! Comme un shoot au neuroleptique et au vinaigre blanc !

Au centre du film, le duo morbide entre les deux personnages, le « flic » / le tueur sadique, nous offre un affrontement mémorable, qui s’apparente à une sorte de défi allant crescendo, plein de tensions et de suspense. Le tueur en série (Choi Min-sik – déjà vu dans Old Boy) est un psychopathe Bac+12 en matière de psychopathie. Le héros (Lee Byung-hun) est quant à lui suffisamment charismatique pour qu’on s’y attache, malgré sa froideur, son caractère obtus et ses méthodes peu conventionnelles. C’est d’ailleurs peut-être là un problème du film : on se met à comprendre un type qui outrepasse la loi et à justifier une certaine forme de violence. C’est la loi du talion dans sa plus belle démonstration. Est-ce bien ? Est-ce mal ? Je vous attends en cours de morale et d’éthique lundi matin, 8h00, amphi B. De fait, je les vois déjà, ceux qui vont sauter sur l’occasion pour voir dans ce film, à la manière de 300, de Fight Club ou de Starship Troopers, un film fasciste ou fascisant. Qu’ils se rabattent sur Scipion l’Africain et Le Triomphe de la Volonté et ils seront rassasiés !

Par contre, blague à part, le film est très violent, très cru, voire gore : il est donc à ne pas mettre en toutes les petites mains fragiles et innocentes. C’est un film sombre, à l’atmosphère glauque, et ce, dès les premières minutes. Entre cannibalisme, tendon sectionné et apparition de Mireille Mathieu à la 52e minute, âmes sensibles s’abstenir ! Mais là où J’ai rencontré le Diable est le plus réussi, c’est justement quand il montre cette montée de la violence et du sadisme chez ce flic très amoureux, dont on a tué la fiancée. Ce flic qui, dès lors, a décidé de jouer avec sa « victime » et qui, bientôt, en viendrait à faire peur. Est-ce lui le Diable du titre ? Ou bien est-ce le tueur ? Ou bien est-ce vous, là, tapi derrière votre écran, l’œil pervers, le rictus malsain, le doigt de pied qui gratte ?

Bref, J’ai rencontré le Diable est un thriller nihiliste, trépidant et bien réalisé, que je vous conseille. Une vrai réussite, comme on n’en a plus vu depuis Piège mortel à Hawaï.

 Haydenncia

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4 réflexions sur « Ils sont fous, ces Coréens ! »

  1. Ils sont fous mais fichtrement talentueux, ces Coréens ! Une belle baffe dans la tronche en tout cas ce I Saw the Devil. Tu fais bien d’avertir sur sa violence, c’est vraiment cru parfois mais ça participe beaucoup à cette dimension viscérale, contaminante, jamais gratuit.

  2. C’est clair fou et doué, la même chose que je me suis dit pour l’auteur Jean-Christophe Grangé, bref c’est une sacré claque, une plongé brutale dans tout ce qu’il y a de plus mauvais chez l’homme, deux point de vue différent, mais deux but similaire, tué l’autre, c’est d’ailleurs dans la partie de traque que le film prends toute son ampleur, pour une fin glauque comme on en voit rarement, pas d’ issue de secours, pas d’happy end

  3. Je sors tout juste du visionnement et je reconnais que je suis impressionné. Effectivement, le film est très sombre et très cru. Le propos sur la vengeance est également très intéressant.
    Perso, je trouve quand même que ça manque un peu de folie. Pour moi, les deux personnages sont trop froids dans leurs réactions. Leur self-control est impressionnant. Mais je trouve que du coup, ils en paraissent moins humains. Du coup, on s’y attache moins. Dans le genre, je préfère Blood Island (oui, le titre est débile mais le film ne l’est pas), long-métrage sud-coréen également, et sorti en 2010 aussi. Beaucoup plus long à démarrer, et moins dans le côté action sur l’acide, mais plus poignant par la folie et l’émotion que se dégagent de sa finale.

  4. Blood Island est effectivement une pépite dans son genre, bouleversant les codes du cinéma d’horreur dans son final. Merci de ton passage For Blood’s sake !

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