Série noire, d’Alain Corneau (1979)

Tout comme j’aurais tant voulu voir Jean-Paul II sur un solex, j’aurais tant aimé connaître, entendre, voir Patrick Dewaere de son vivant. Hélas, ce bougre d’acteur n’est plus. Alors, je me réfugie dans sa filmographie et je suis toujours épaté par son talent, son jeu si naturel et sa gouaille.

Adapté d’un roman de Jim Thompson paru dans la collection « Série noire » (Hell of a Woman, Des cliques et des cloaques en français), Série noire raconte l’histoire de Franck Poupart (Patrick Dewaere), représentant, qui traîne de porte en porte, dans une banlieue triste de la région parisienne, sa valise de vêtements à vendre. Les affaires vont mal et la clientèle se fait rare. De plus, Franck a volé son patron (Bernard Blier) et sa femme (Myriam Boyer) s’ennuie et envisage de le quitter. Un jour, Franck rencontre Mona (Marie Trintignant), 16 ans, vendue par sa vieille tante contre une robe de chambre. Ils se découvrent alors un même but : fuir leur morne condition, quitte à employer les moyens les plus… expéditifs ! C’est le début d’une série (noire) de catastrophes.

Dewaere est un génie ! Fou, halluciné, il incarne ce personnage médiocre, pathétique, fantomatique mais touchant, avec un naturel éblouissant. Franck Poupart est un raté, un complet loser qui, devant le constat de sa destinée minable, décide brusquement de changer de vie, quitte à employer tous les moyens, et s’embarque pour un voyage délirant dont il ne reviendra pas. Franck Poupart rêve grand mais respire petit. Et Dewaere, par ses crises, ses silences, le numéro qu’il joue, s’empare à bras-le-corps de son rôle de petit représentant de commerce paumé dans sa banlieue. Marie Trintignant, très belle, fragile, réservée, est également parfaite, comme d’ailleurs tous les autres acteurs de ce film (très bon Bernard Blier, notamment).

Film célinien, film noir à l’atmosphère glauque, Série noire est un film prenant, dérangeant, presque absurde, poétique, qui tient en haleine du début à la fin. Du grand, du très grand Alain Cornaud !

Pour conclure, je citerais ces mots de Bertrand Tavernier sur le film : « Difficile de trouver les mots, les phrases exactes pour décrire ce que l’on ressent physiquement après Série noire, tant on en sort épuisé, lessivé… Comme si l’on avait réellement participé à ce qui vient de se passer. »

Pour conclure la conclusion, cette phrase de mon épicier : « Le riz ? C’est au fond à droite ! ».

Haydenncia

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