Two Lovers, de James Gray (2008)

Two Lovers, de James Gray (2008)

        James Gray s’éloigne du film noir, genre qui a fait sa réputation de cinéaste exemplaire – non dénué d’influences diverses -, pour s’atteler à un drame romantique.  Pourtant, Two Lovers se montre d’une noirceur inédite dans le domaine, loin des clichés habituels qu’Hollywood ressassent à longueurs de décennies.

        Leonard (Joaquin Phoenix) est devenu dépressif après sa séparation conjugale. Il est retourné vivre chez ses parents, à New-York, et travaille dans le pressing de son père. Il rencontre Sandra (Vinessa Shaw) par l’intermédiaire de ses parents, qui aimeraient bien que le couple se forme. Mais peu après, il fait la connaissance de Michelle (Gwyneth Paltrow), sa voisine, dont il tombe amoureux.

Two Lovers, de James Gray (2008)

Two Lovers, de James Gray (2008)

        Récit sentimental basique au départ, qui devient de plus en plus complexe et surtout, très bien dévoilé. Pour résumer, Sandra aime Leonard qui aime Michelle, qui elle-même aime un riche homme marié et père. Cycle sentimental infernal et amours impossibles au programme. La bipolarité de Leonard complique encore les choses. Entre raison – l’amour recommandé par sa famille – et passion, il devra choisir. Chose habituelle, la brune (Sandra) symbolise la stabilité, l’amour raisonnable et accessible, tandis que la blonde n’est qu’amour pulsionnel, voire interdit. Gray s’est librement inspiré des Nuits Blanches de Dostoïevski (1848), en le recontextualisant dans le New-York contemporain. Une phrase du roman tient une importance considérable notamment :

« Vous me permettez de faire récit à la troisième personne, parce qu’à la première j’aurai terriblement honte ».

        En effet Leonard change de « rôle » dès lors qu’il est avec Sandra ou bien avec Michelle, il devient presque spectateur de son propre vécu, ayant honte d’entretenir deux relations à la fois. Plusieurs éléments nous donnent à voir les milieux propres à chacune des deux femmes. Les scènes avec Michelle bénéficie d’une photographie beaucoup plus chaude et colorée, elles se déroulent souvent dans des lieux publics (restaurant, métro, rue…) alors qu’avec Sandra, cela est beaucoup plus intime (chambre, salon…) et dans une image presque noir & blanc. De plus Gray s’amuse à nous montrer la « transformation » de Léonard entre les deux personnalités (voir image ci-dessous).

Two Lovers, de James Gray (2008)
La bipolarité de Leonard exprimée par les jeux de reflets.
Two Lovers, de James Gray (2008)
James Gray introduit une touche de film noir dans sa romance.

    La dernière demi-heure est presque aussi intense qu’un thriller, tout se joue en quelques instants et la tension y est intense. La toute dernière scène nous laisse en suspens, à nous de nous imaginer le futur de Leonard, ce qui en soit, fait vivre le reste du film dans notre imagination, ce qui est assez beau je trouve. Un drame sentimental d’une rare intensité, magnifié par la réalisation sobre et élégante de James Gray, et par des acteurs excellents.

                                                                                                                                         Dr. Gonzo

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Une réflexion sur « Two Lovers, de James Gray (2008) »

  1. Encore un magnifique film de la part de James Gray. Tout à fait d’accord avec ton article, cette dimension quelque part proche du thriller est tout bonnement fascinante. Et quels acteurs !

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