Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin, de John Carpenter (1986)

Big Trouble in Little China

Titre original :
John Carpenter's Big 
Trouble in Little China
Réalisation : John
Carpenter
Scénario : Gary
Goldman et David Z. 
Weinstein
Chef opérateur :
Dean Cundey
Nationalité :
Etats-Unis
Musique : John Carpenter
et Alan Howarth
Avec : Kurt
Russell, Kim Cattrall,
Dennis Dun,James Hong...
Production : 20th
Century Fox, TAFT 
Entertainment 
Pictures
Durée : 99mn
Date de sortie en France : 
3 septembre 1986

Jack Burton accompagne son ami Wang Chi à l’aéroport de San Francisco afin d’accueillir Miao Yin, la fiancée de ce dernier. Mais Miao Yin est convoitée par Lo Pan, un puissant sorcier désincarné qui pense pouvoir récupérer son enveloppe charnelle en épousant une chinoise aux yeux verts. Jack, simple camionneur, se retrouve au cœur de Chinatown, au beau milieu d’une lutte surnaturelle entre les puissances du Bien et du Mal orientales.

        Après des succès retentissants tels que Halloween ou The Thing, John Carpenter présente en 1986 un personnage d’un nouveau genre, interprété par le fidèle Kurt Russell mais à des années lumières de son rôle de Snake Plissken dans New York 1997. Jack Burton est le parfait anti-héros. Camionneur baroudeur en marcel funky, jean délavé et bottes ringardes, il est la personnification du beauf mais armé de punchlines ravageuses. Big Trouble in Little China débute comme n’importe quel autre film d’action/aventure, en exposant ses personnages et ses enjeux de manière conventionnelle. Puis lentement le fantastique s’installe, à base de magie noire, d’ésotérisme oriental jusqu’à faire apparaître des créatures kitsch, aux effets spéciaux dépassés mais délicieusement iconiques. Jack Burton est ainsi assimilé au spectateur qui, croyant regarder un film d’aventure ordinaire, va bien vite se retrouver face à un objet filmique non identifié, plein d’extravagances visuelles et scénaristiques. Sur le fond comme sur la forme, Carpenter convoque ses influences asiatiques, en premier lieu desquelles on trouve Zu, les Guerriers de la Montagne Sacrée de Tsui Hark. Inutile de dire combien le cinéma asiatique pénétrait peu les Etats-Unis ou l’Europe encore à cette époque, et donc Jack Burton a eu du mal à trouver un public en salles (11 millions de recettes en Amérique du Nord pour 25 millions de budget quand même).  Impossible de ne pas penser non plus au jeux vidéo Mortal Kombat, autant pour les décors que le style de combat, typiquement aérien (technique des acteurs suspendus par des cordages) et fantasque.

Jack Burton
Kurt Russell/Jack Burton, ou comment mettre à mal le statut du héros américain.
James Hong en David Lo Pan, un sorcier improbable dans un film qui ne l'est pas moins.
James Hong en David Lo Pan, un sorcier improbable dans un film qui ne l’est pas moins.

        Film totalement déjanté, bourré d’une énergie de tous les instants et sans doute parmi les plus fun des années 80, Big Trouble in Little China est  le fruit d’une incompréhension entre la vision de son réalisateur et la ligne directrice des studios. C’est bien souvent le cas avec John Carpenter, et – heureusement pour nous – cela débouche sur ses meilleurs films, comme en témoigne le brûlot radical qu’est Los Angeles 2013 dans lequel il critique ouvertement lesdits studios hollywoodiens. Pour en revenir à Jack Burton, le cinéaste livre une vision sans concession du cinéma populaire tel qu’il le conçoit, doublée d’une remise en question du statut du héros américain, comme le fera plus tard John McTiernan avec Last Action Hero. Ainsi Wang Chi, l’ami de Jack campé par Dennis Dnn, devient la figure héroïque du film par sa connaissance de la mythologie chinoise et par sa compréhension des évènements, tandis que Jack Burton devient le sidekick de l’histoire, malgré lui. Carpenter aime nous surprendre, nous emmener vers des terrains non balisés et en rupture avec les normes cinématographiques, et ce film ne fait pas exception à ce constat. Une vision « autre » du cinéma émerge donc de  ce film, mélange improbable des genres (action, aventure, comédie, kung fu… et même horreur avec la scène sous-marine des cadavres !) et consécration de l’anti-héros, figure anarchiste, beauf, constamment à la ramasse (il rate pleins de scènes d’action par sa maladresse, voir la scène géniale où il se blesse avec sa mitraillette) et parodiant la mentalité nationaliste des républicains à base de répliques jouissives. Et puis que dire de la fin, lorsque Jack, après avoir sauvé la fille comme dans toute bonne histoire, refuse de l’embrasser avec un laconique « non » avant de monter dans son camion et de se barrer, comme si tout cela n’était qu’une grosse farce imaginaire. Tout simplement indispensable !

Jack Burton

                                                                                                                                              Dr. Gonzo

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2 réflexions sur “ Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin, de John Carpenter (1986) ”

  1. je l’ai adoré à l’époque, c’était jouissif, je le regardais sans cesse, la magnétoscope n’en finissait plus de rembobiner la bande encore et encore.
    mistergoomovies.net

  2. Effectivement, c’est un film dont on fini par devenir « drogué » par son côté jouissif et fun, et qui a fait les belles heures de la VHS. Je l’ai revu la dernière fois en Blu-Ray, et c’est un nouveau film qui ressort du dépoussiérage en HD, mais qui conserve – heureusement – son cachet 80’s.

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