Oblivion, de Joseph Kosinski (2013)

J’aurai quel âge en 2077 ? J’aurai… J’aurai… J’aurai un déambulateur, déjà, et pas mal d’arthrose. En tout cas, je serai sans doute, à en croire Oblivion, en partance pour Titan, satellite de Saturne, la Terre ayant été ravagée suite à une guerre (pourtant gagnée) contre les immondes Chacals, ces êtres venus de l’espace… et qui ressemblent un peu aux Hommes des sables de Tatooine, dans Star Wars. En 2077, ne resteront sur notre chère planète que d’immenses plateformes, protégées par des drones, qui pomperont les ressources naturelles pour les rapatrier sur Titan, et des binômes humains chargés de patrouiller, de surveiller et de réparer les drones endommagés ou défectueux. Ça donne envie comme futur, non ?

Oblivion

Jack Harper (Tom Cruise) et sa femme Victoria (Andrea Riseborough) sont l’un de ces binômes. Ils sont sur Terre le temps de leur mission, et vivent dans une station perchée au-dessus des nuages, quelque part sur ce qui reste de la côte Est des Etats-Unis. Leur quotidien est routinier : patrouilles, réparations, inspections et repérages d’éventuels aliens. Heureusement, il ne leur reste que quelques jours de boulot, et ensuite, direction la réserve humaine qui se trouve sur Titan ! Soit dit en passant, je me suis renseigné et Titan n’est pas non plus ce que l’on appelle un lieu de villégiature, même si l’endroit possède des caractéristiques proches de la Terre. Jugez plutôt : la lune de Saturne est constituée principalement d’eau glacée et de roches ; il pleut et il vente du méthane – y allumer une cigarette est un acte suicidaire – et l’atmosphère contient du cyanure ! Certes, on y bronze facilement, la température moyenne étant de 170 °C. Quant au décalage horaire : une journée titanienne fait 16 jours terrestres ! Autant dire que le lundi matin avant de partir au boulot, il y a de quoi pleurer ! De plus, Titan est trois fois plus petit que la Terre, donc pour loger tout le monde, c’est chaud… Mais en même temps, une guerre nucléaire, ça laisse peu de survivants.

En tout cas, pour revenir au film, la perspective de devoir quitter prochainement la Terre n’enchante guère Jack Harper. C’est que lui, la nature, les arbres, les animaux et tout et tout, il aime ça ! L’homme a même son refuge secret : une cabane située près d’un lac, entre deux montagnes boisées, avec Francis Cabrel qui joue de la guitare sur un tronc d’arbre. De plus, depuis quelque temps, Harper est troublé par des rêves étranges, qui s’apparentent plus à des souvenirs, dans lesquels il voit une femme (Olga Kurylenko) qui lui est familière, mais que pourtant il ne connaît pas. Dans ces rêves, lui et cette femme sont en haut de l’Empire State Building et contemplent New York… alors que la ville est totalement détruite depuis pas mal d’années et que Harper ne l’a jamais connue de son vivant. So strange, isn’t it ?

Et puis un jour, l’existence de Jack Harper est bouleversée lorsqu’il sauve une belle inconnue d’un vaisseau qui vient de se crasher. L’arrivée de cette femme va déclencher une série d’évènements qui vont le forcer à remettre en question tout ce qu’il connaissait. A partir de là, sa vie va changer et il va découvrir une vérité plutôt… effrayante : la scientologie n’est qu’une vaste fumisterie !

Oblivion

Oblivion est un projet original et ambitieux, qui aurait pu cependant être mieux approfondi. Pourtant, le film offre un beau spectacle et les effets spéciaux flattent la rétine. Aux manettes, un ancien de la pub, Joseph Kosinski, à qui l’on doit déjà le décevant mais tout aussi épuré Tron : héritage. Ici, Kosinski adapte son propre roman graphique et autant dire que le résultat est plutôt convaincant ; je dirais même poétique. Ce qui fut autrefois New York n’est plus qu’un immense paysage désertique, d’où émergent çà et là les ruines de ce qui fut une civilisation. Ainsi, la pointe du State Building semble jaillir du néant. Quant aux tours jumelles du World Trade Center… Ah non ! Celles-là, ça fait un moment qu’elles ne sont plus là… Certaines parties de cette vaste étendue rocailleuse, où la nature reprend ses droits, sont « interdites de circulation », car trop radioactives. En fait, l’univers d’Oblivion est un univers d’errance, constitué de lignes droites, d’horizontalité et de perspectives fuyantes. Et, je dois dire que c’est assez beau : une beauté triste, mais une beauté quand même.

Tourné avec une nouvelle caméra, le film offre des plans très esthétiques et de jolies images, comme la lune à moitié désintégrée, où cette base immaculée au-dessus des nuages. On sent que le réalisateur a travaillé dans le design, notamment à travers l’architecture des bases ou l’apparence des hélicoptères (techoptères) ou des drones. Et puis, les musiques électro-classiques, confiées au français M83, sont réussies et collent bien à l’ambiance du film. La fin est par contre très balisée et, finalement, sans grande surprise – d’ailleurs, voilà comment ça se termine : … Vous y avez cru, hein ! Arf ! Arf ! Que je suis diabolique !

Je me suis malgré tout laissé prendre au spectacle et j’ai passé un bon moment. De plus, le film contient de nombreuses références qu’on peut s’amuser à déceler (Star Wars, Alien, La Planète des singes, Viens chez moi j’habite chez une copine…)

Joli, mais peu pratique quand on veut faire les courses...
Joli, mais peu pratique quand on veut faire les courses au Carrefour situé en bas…

Côté casting, Tom Cruise fait ce qu’on lui demande. Jack Reacher devient Jack Harper. Dans sa combinaison argentée antitranspirante trouvée à 22,90 euros chez Décathlon, notre sectateur international trouve ici un rôle à sa hauteur. Encore une fois, Pôle Emploi lui a confié la tâche de sauver le monde – et puis, il est Américain. On retrouve également Morgan Freeman, un peu laissé de côté, et Nikolaj Coster-Waldau, qui joue le rôle de Jamie Lannister dans la série Game of Thrones. Mais bon, moi je n’avais d’yeux que pour Olga Kurylenko, même si son jeu est plutôt… léger. Certes, je ne suis pas objectif et je ne vous apprends rien, mais diantre ! qu’est-ce qu’elle est jolie cette demoiselle ! A bien y regarder, je trouve qu’Anne Roumanoff lui ressemble… de dos… à cent mètres… la nuit… par temps de brouillard…

Bref, Oblivion n’est certainement pas un chef-d’œuvre (mieux réalisé, il aurait pu l’être), mais le long-métrage de Kosinski reste un film sympathique, visuellement fort et agréable.

Haydenncia

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9 réflexions sur « Oblivion, de Joseph Kosinski (2013) »

  1. J’étais mort de rire devant ta chronique. Tes traits d’humours sont d’une finesse à toute épreuve. Par ailleurs, je n’avais pas décelé la référence à Viens Chez Moi J’Habite Chez Une Copine, qui m’a totalement échappée et je pourrai dire sans me tromper que cette référence est totalement assumé par Joseph Kosinski, lui qui semble adorer les productions hexagonales. Ta critique me pousserait presque à adorer le film car, franchement, je le trouve ennuyeux et manquant de mystére même si les décors, la musique et quelques séquences ont produit leur petit effet chez moi.

  2. Pourtant, dans une interview récente, Kosinski déclare : « Le film de Patrice Leconte [« Viens chez moi… », ndlr] m’a beaucoup inspiré pour réaliser Oblivion, et j’ai même pensé à Michel Blanc pour jouer le rôle de Tom Cruise… Il n’était pas disponible… ». Moi je dis, Michel Blanc en combi argentée en train de faire de la moto dans le désert, ça aurait eu de la gueule ^^ !

  3. J’imagine ce qu’aurait pu devenir la scène de la piscine avec Michel Blanc à la place de Tom Cruise ^^.

  4. Ah ! Ah ! J’en pleure de rire, tiens ! Avec ses cheveux trempés et son regard de chien battu ! Et Michel Blanc attendant Olga Kurylenko en bas de l’Empire State Building, sa tête dépassant avec difficulté de la foule ! Michel Blanc face à face avec un drone ! En fait, en repensant aux scènes du film où Tom Cruise apparaît (d’ailleurs, la quasi-totalité du film), le fait d’imaginer Michel Blanc à la place provoque chez moi un fou rire quasi dément. Non, vraiment, je crois qu’Oblivion aurait eu une tout autre allure et qu’ils sont passés à côté de quelque chose de grand !

  5. De petit tu veux dire 🙂 Même si Tom Cruise ne doit pas être sensiblement plus grand que Michel Blanc.

  6. J’aime bien la comparaison (avortée) entre Kurylenko et Roumanoff ^^ Comme tu le sais déjà, j’ai bien aimé le film aussi, avec les défauts que tu pointes. Après un Tron(c) tout creux, je n’attendait pas grand chose de Kosinski et pourtant il y a d’évidentes qualités. Maintenant, lorsque je repenserait à ce film, je ne pourrait plus m’enlever l’image de Michel Blanc à la place de Tom Cruise et ça, c’est très dur… mais tellement poilant ! Et puis s’il avait effectivement joué dedans, il aurait fallu un titre plus hexagonal, genre « Les Oubliés de l’Oubli », ou « Oubliez-moi mais revenez vite quand même »…

  7. Je vais éviter de me lancer à mon tour dans le parallèle Blanc/Cruise (même si on ne me retirera pas de la tête que « entretien avec un vampire » n’était qu’un pâle remake de « Marche à l’ombre »), et me joindre plutôt à cette voix favorable pour ce petit film de SF plutôt bien fichu, certes prévisible sur la fin (ID4 quand tu nous tiens). Plus que la Kurylenko j’ai bien aimé la petite clonette british dont le nom m’échappe.

  8. Totalement d’accord avec Princécranoir sur la ressemblance – flagrante – entre « Marche à l’ombre » et « Entretien avec un vampire ». Il n’y a qu’à voir comment Brad Pitt tente d’imiter, sans y parvenir, Gérard Lanvin : c’est pathétique ! Bon d’accord, il y a des vampires, ça se passe en Nouvelle-Orléans et au XVIIIe siècle, mais c’est tout de même étonnant que Michel Blanc n’ait pas engagé de procès pour plagiat !… Quant à l’actrice d’Oblivion dont tu parles, il s’agit d’Andrea Riseborough, que j’ai découverte avec ce film.

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