Arrow Saison 1, d’Andrew Kreisberg (2012)

Arrow

Les nouvelles aventures de Green Arrow/Oliver Queen, combattant ultra efficace issu de l’univers de DC Comics et surtout archer au talent fou, qui appartient notamment à la Justice League. Disparu en mer avec son père et sa petite amie, il est retrouvé vivant 5 ans plus tard sur une île près des côtes Chinoises. Mais il a changé : il est fort, courageux et déterminé à débarrasser Starling City de ses malfrats…

        Super-héros appartenant à l’univers DC Comics créé en 1941 par Mort Weisinger et Greg Papp, Green Arrow a le privilège d’être porté sur la petite lucarne, à l’instar de Superman avec Smallville. Chose rare de nos jours, la série se compose de 23 épisodes, ce qui laisse suffisamment de marge aux scénaristes pour développer les nombreuses thématiques d’Arrow ainsi que les rapports entre les personnages.

        La série de CTV surprend à tous les niveaux. La réalisation est sans doute l’une des plus classieuses vue dans une série TV ces derniers temps. Attendez vous donc à parcourir les bas fonds de Starling City, là où règne la loi du plus fort, où le nombre de truands, de dealers et autres malfrats se compte par centaines… La caméra nous fait réellement ressentir le danger imminent dans chaque recoin de cette mégalopole américaine. Autre lieu, autre ambiance : le manoir de la famille Queen. Il s’agit du manoir que l’on voit dans les X-Men, pour l’anecdote. Ici, tout transpire l’argent, le luxe et le caviar. L’opposition entre ce lieu privilégié et la pauvreté de la ville est bien mise en valeur, et ce manoir fait office de lieu de repos pour le justicier entre chacune de ses missions vigilante. Mais pas toujours, car Oliver Queen va vite découvrir le vrai visage de sa mère, ainsi que la vérité derrière le naufrage du Queen’s Gambit cinq ans auparavant, qui a eu pour conséquence la mort de son père et son arrivée sur une île qui changera sa vie à jamais (on est pas dans Lost, non plus !). Ce qui se passe sur cette île est judicieusement inséré dans chaque épisode sous forme de flash-back, et même si l’on sait donc qu’Oliver Queen a survécu, cela ne nous empêche pas d’être impatient de savoir en quoi l’île l’a autant changé. Du statut de simple Robin des Bois moderne, Green Arrow est présenté comme bien plus que cela au fil des épisodes, à mesure que ses motivations se précisent et que toute une organisation criminelle est mise à jour. Le scénario est à ce propos très limpide, chaque épisode se concentre sur un problème précis, mais n’oublie pas de le relier à un enjeu beaucoup plus important qui guide toute cette première saison. Ainsi les ennemis que combat Green Arrow sont tous plus ou moins liés, ils font partie d’un plan global dont chacun a un rôle à jouer. Je n’en dirait pas plus, de peur de gâcher le final apocalyptique qui laisse encore beaucoup d’interrogations.

        Par bien des aspects, l’Archer Vert n’est pas sans rappeler Batman. Que ce soit l’ambiance de la ville, les considérations sociales de l’environnement, mais aussi les combats, les ennemis ou les liens familiaux, les deux justiciers possèdent un grand nombre de ressemblances. D’ailleurs, on retrouve des ennemis communs, à commencer par Deadshot qui joue un rôle important dans cette première saison, ou encore Deathstroke ! Quand à l’Archer Sombre, il évoque le Bouffon Vert de Spiderman, super-héros de Marvel. En tout cas, les combats d’Arrow sont un vrai bonheur pour les yeux, la gestion de l’espace étant vraiment un point fort de la série. Le cadrage est maîtrisé, même dans les espaces les plus confinés, l’action est toujours lisible même avec une dizaine de personnages à l’écran, et ça, et bien j’ai envie de dire que ça devient rare y comprit dans les grosses productions récentes mettant en vedette un super-héros. Peuplé de personnages tous plus intéressants et bien caractérisés les uns que les autres, Arrow délivre des séquences hautes en adrénaline, développe ses enjeux brillamment le long de ses 23 épisodes bien écrits, et au final arrive à donner corps à un univers qui aurait pu être casse-gueule. Car il faut avouez que le costume de Green Arrow, modernisé pour l’occasion, est bien fichu et fait oublier celui assez kitsch de la bande dessinée d’origine.

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        Comme je le disait, Starling City est un avatar de Gotham City, et le scénario insiste d’ailleurs assez bien sur les enjeux politiques de la ville, qui attire toute une flopée de politiciens, d’hommes d’affaires et de mafieux mal intentionnés. L’approche politico-sociale y est plus que bien mise en place, et le spectre de la crise économique actuelle se fait ressentir sur cet univers fictif et pourtant proche de nos préoccupations contemporaines. Green Arrow se présente donc comme le justicier qui sommeille en chacun des citoyens, laissés pour compte, oubliés par un système faussement démocratique qui n’a de cesse de les écraser un peu plus chaque jour. Dans cette Croisade contre la haute finance et les politiciens comploteurs, il se fait aider par Diggle, side-kick de premier choix, et Felicity Smoak, la geekette de circonstance, le tout en veillant à ce que personne ne découvre sa véritable identité, ce qui est loin d’être évident comme pour tout super-héros.

         Au final, cette première saison inaugure le meilleur pour la suite, les enjeux sont clairement exposés, l’ambiance est là, et les personnages suffisamment charismatiques pour continuer à suivre leurs aventures. D’autant que le matériau de base est assez étoffé pour faire intervenir de nouveaux arcs narratifs et ennemis qui, on l’espère, seront aussi réussis que l’Archer Sombre. Et n’oublions pas qu’il y a des chances pour que les scénaristes relient tout cela avec la Justice League en vue du film qui se prépare, après le succès commercial (mais pas artistique) de Man of Steel. Affaire à suivre…

Dr. Gonzo

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2 réflexions sur “ Arrow Saison 1, d’Andrew Kreisberg (2012) ”

  1. Je me suis enfilé la quasi intégralité des épisodes pendant mes vacances et je dois dire que ça se déguste sans faim. Ceci dit, la série, qui lorgne plus souvent qu’à son tour sur la relecture allégorico-réaliste de Chris Nolan et ses Batman (si Gotham ressemblait à NY, Starling City renvoie à LA avec ses quartiers huppés et ses bas-fonds), ressemble quand même très souvent à du soap amélioré. Les acteurs ne brillent pas par leur subtilité et la réalisation, notamment dans le manoir, ressemble un peu à une sorte de « Dallas » moderne (la Queen Mum étant une sorte de nouveau JR). Mais il faut reconnaître que pour une série de super-héros, c’est pas mal du tout.

  2. Oui, les scènes au manoir sont loin d’être les mieux réalisées, mais la série est bien écrite et passionnante, malgré ce côté soap pas si désagréable en fin de compte. De Dallas, je ne connais que le générique et ça me suffit amplement ;). Les Batman de Nolan ne sont pas loin effectivement, à voir en quoi Green Arrow pourra s’intégrer dans une éventuelle réunion des super-héros DC.

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