12 heures, de Simon West (2013)

        Il y a des choses qui ne peuvent s’expliquer dans la vie d’un homme, des choses d’une incommensurable incompréhension, comme par exemple aller voir le dernier Nicolas Cage au cinéma. Bien sûr je peux justifier ce choix suicidaire par les orages qui  battaient leur plein dehors et le réconfort temporaire d’une salle de cinéma, mais quand bien même, il faut en vouloir pour regarder ce nouveau nanar estival de l’acteur le plus en roue libre de la famille Coppola. Ainsi vous pensiez avoir atteint le nirvana du grand n’importe quoi avec Le Dernier des Templiers, Hell Driver, Le Pacte, Ghost Rider 2 ou encore Effraction, mais non, ne partez pas tout de suite, vous en reprendriez bien encore un morceaux… Voici donc… 12 heures, série B d’action aussi originale que son titre !

- "Alors qu'est ce que tu attends ?"
– Oui, les spectateurs sont pressé de quitter la salle !

        Le réalisateur Simon West retrouve Nicolas Cage, 16 ans après Les Ailes de l’Enfer. Sauf qu’en 1997, Nicolas Cage était encore respecté par la critique et les spectateurs, qui pensaient instinctivement à ses rôles marquants dans Arizona Junior, Sailor et Lula ou bien Leaving Las Vegas. On lui pardonnait donc ses penchants pour le blockbuster décérébré, ce qui faisait d’ailleurs de lui un acteur éclectique. Puis vint la sombre année 2007 où, en l’espace d’un film, le fameux Ghost Rider qu’on ne présente plus, tout a changé. D’aucun disent que la crise de 2008 est la conséquence directe de ce film ! L’homme devient la risée populaire que l’on connait, qu’on surnomme à chacun de ses films selon la perruque qu’il porte. Pour rembourser ses dettes, Nicolas Cage est prêt à accepter n’importe quoi, même s’il offre quelquefois encore de bons rôles (Kick-Ass ou Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans).

Sérieusement, ils l'ont trouvé en soldes chez Noz le bad guy ?
Sérieusement, ils l’ont trouvé en soldes chez Noz le bad guy ?

        C’est justement à la Nouvelle-Orléans que se passe 12 heures. Après une séquence introductive bien troussée montrant un braquage qui se termine mal pour Will Montgomery (Nicolas Cage), on passe directement à la sortie de prison de ce dernier huit ans après. A peine sorti de taule donc, son ancien complice Vincent (Josh Lucas) kidnappe sa fille et lui demande de restituer l’argent qu’il a caché avant son arrestation. Problème, Will a brûlé l’argent. Solution : il va braquer une nouvelle banque. Du scénario 100% écervelé pour un film qui offre des scènes vues un million de fois, de la course poursuite urbaine à la filature. En ajoutant les personnages du FBI, facilement les plus crétins que l’on ait vu depuis très longtemps, ça fait beaucoup quand même. On ne peut s’empêcher d’être attristé pour ce bon vieux Nicolas Cage obligé de composer dans un tel bazar sans nom, même si on est de plus en plus habitué ! Il faut dire que, grande première, le bad guy du film lui vole la vedette de la moumoute la plus ridicule. Le scénario a vraisemblablement été écrit avec le pieds, après une réunion de studio qui s’est terminée en soirée cocktails et gogo dance. La scène finale montre à quel point les studios peuvent accepter de financer n’importe quoi du moment que le méchant meurt, que Nicolas Cage transpire et crie « AYAAAAAAAAAARRGGGGGGGG » très fort et que surtout, sa fille lui témoigne son amour alors qu’elle le détestait au début du film. Classique. Un film qui sort en salles uniquement grâce au nom de Nicolas Cage sur l’affiche, tout simplement, et aussi grâce à la publicité qu’il fait pour les téléphones Blackberry. A ne voir que si votre vie en dépend…

Dr. Gonzo

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6 réflexions sur « 12 heures, de Simon West (2013) »

  1. Irrépressible envie de découvrir ce nouveau cru de Nicolas Cage, et je crois que cet acteur ne m’a jamais paru aussi sympathique depuis qu’il sévit dans des sombres bouses.
    Chapeau pour ta chronique en tout cas Gonzo, elle est très drôle (surtout les petites légendes en dessous des illustrations).

  2. Merci 2flicsamiami ! Le pire c’est qu’en allant voir ce genre de film, je savais pertinnement que je perdrait 1h30 de ma vie, mais l’envie de voir le vieux Nic dans un énière navet innénarable me procure, comme toi, un certain plaisir coupable, qu’il est bon de ne pas trop dévoiler sous peine de perdre son intégrité !

  3. Bon ba j’ai cédé à la tentation. L’art de perdre 90 minutes de vie. Mention spéciale pour la prothèse en carbone de Josh Lucas et les répliques de Danny Huston. Le gag du lingot d’or durant l’épilogue achève tout.

  4. « Je suis aussi open que ton diaphragme ! », c’est la réplique que je retiens ! C’est clair que le lingot d’or en rajoute dans la nullité, alors que le film s’en serait bien passé ! Pour te consoler d’avoir perdu 90 minutes, dis toi que tu sais quel film mettre dans ton flop 2013 !

  5. C’est dans cet état d’esprit qu’il faut aller voir 12 Heures de toute façon.

  6. Oh oui, et on est copieusement gâtés de ce côté là en ce moment, avec « RIPD » et « Massacre à la tronçonneuse 3D » cette semaine !

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