Texas Chainsaw 3D, de John Luessenhop (2013)

chainsaw3D

         Voici donc le 7ème volet de la franchise sanguinolente Massacre à la tronçonneuse. Bon, Leatherface a encore du chemin à faire pour rattraper Michael Myers ou Jason Voorhees en nombre de films dédiés à sa gloire meurtrière. Point de remake ou de prequelle cette fois, le film de John Luessenhop, qui perd son « Massacre » dans son titre pour une raison inexpliquée, se propose de démarrer à l’instant même ou se termine le film original de Tobe Hooper (qui date de 1974, déjà !).

        Tous les prétextes sont bons pour mettre en chantier un nouveau film donc, et l’ajout de la trois dimensions sert – une fois n’est pas coutume – à vendre le film, en plus de sa filiation avec l’une des plus grandes franchises horrifiques. Juste après les évènements du premier film, la dernière survivante Sally prévient les autorités locales et une vendetta a lieu, unissant le shérif Hooper et les hommes du maire Hartman, qui incendient la maison des Sawyer. Une entrée en matière un peu foutraque mais qui rassure sur la puissance évocatrice de ce Texas redneck dans lequel l’on aimerait pas passer ses vacances. Un bébé survit à l’incendie, recueilli par un couple responsable du drame. Plus tard, Heather Miller (Alexandra Daddario), une jeune fille, hérite d’une maison dans le Texas, et va rapidement comprendre en allant sur les lieux ses véritables origines. Si la structure du film est tout à fait banale pour un slasher, les révélations sont quant à elles plutôt originales et permettent de renouveler la franchise. L’évolution du personnage d’Heather tout au long est intéressante, passant du rôle de scream queen, puis bourreau et celui de « mère » protectrice de Leatherface; lors du final très bien troussé révélant les liens familiaux les unissant.  L’ensemble est plutôt convenu, un peu plat certains moments, mais l’amateur de cinéma d’horreur que je suis n’en a pas pour autant boudé son plaisir. Il faut juste voir le film comme un pur objet régressif, évidemment.

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Résumé de l’Amérique contemporaine : Bimbo + Hip-hop. Merci Leatherface de faire le ménage !

        Malheureusement, deux ou trois bonnes idées tombent à l’eau, comme le caméo de Gunnar Hansen (le Leatherface dans le film de Hooper) que l’on sent vraiment forcé, ou encore la toute petite séquence à la fête foraine qui aurait pu être un vibrant hommage à un autre film phare de Tobe Hooper (The Funhouse ou, chez nous, Massacre dans le train fantôme). Luessenhop se contente de rester à la surface, de faire un film que l’on aura sûrement oublié d’ici une semaine mais qui est tout de même plaisant sur le moment. On retrouve les ingrédients stéréotypés du slasher, que ce soit la structure du récit ou les personnages. Très orienté teenagers, ce nouveau Massacre… met en scène, une fois de plus, de jeunes filles à la poitrine généreuse. Le nombre de scènes dans lesquelles Alexandra Daddario fait tomber les vêtements et fait bouger ses seins en courant en dit long sur la volonté de contenter avant tout le public masculin. Même le pape François, derrière ses airs de bon catholique prude, a avoué sur son compte tweeter que la vue de la jeune demoiselle à moitié nue l’avait fait saliver bien plus que celle du corps de Heath Ledger dans Le Secret de Brockeback Mountain. C’est dire !

Daddario

         A côté de cet aspect indéniable, il faut aussi souligner le manque d’ambition dans la mise en scène des meurtres. Mention spéciale à la mort la plus débile de l’année, j’ai nommé celle de Nikki (Tanya Raymonde). En même temps, dès qu’un personnage s’appelle Nikki dans un film d’horreur, on sait qu’il va mourir rapidement. Tout comme le black du groupe. Quant à Leatherface en lui-même, il est assez mal exploité, mis à part lors du dernier acte dans lequel il crève l’écran. Mais sinon, il est soit inexistant soit ridicule, façon gros patapouf qui poursuit maladroitement ses victimes en plein milieu d’une fête foraine et qui balance sa tronçonneuse en direction d’un policier du spectateur, histoire de justifier l’existence d’une soi-disant 3D.  Malgré un certain plaisir purement régressif et la possibilité de continuer à creuser la mythologie de la franchise (avec le twist final), Texas Chainsaw 3D est donc loin de tenir la route. L’œuvre monumentale de Tobe Hooper peut dormir tranquille !

Dr. Gonzo

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2 réflexions sur “ Texas Chainsaw 3D, de John Luessenhop (2013) ”

  1. Tu cloture vraiment bien le sujet, en effet l’oeuvre de Hooper peut dormir sur ses deux oreilles. Je trouve ce dernier massacre à la tronconneuse vraiment décevant. Les acteurs sont moyens et font juste office de « belles gueules » et l’horreur n’est pas vraiment présent.

  2. Oui ça ne valait pas le coup d’en refaire un vu le résultat, je viens de voir qu’un nouvel opus est mis en chantier, ils ne vont jamais s’arrêter !! Merci de ton passage sur Ciné/Fusion !

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