2 Guns, de Baltasar Kormákur (2013)

        J’ai loupé Contrebande au moment de sa sortie, mais je rattrape mon ignorance en cinéma Kormákurien, du nom de ce réalisateur Islandais dont Hollywood s’est emparé pour remaker ses films (Contrebande en l’occurrence) ou simplement mettre en boîte des scénarios capillotractés destinés aux samedis soir pizzas-bières et aux déçus du comeback de Schwarzenegger.

- "Ce sera un maxi best of, frites, coca et un donut chocolat, s'il vous plaît !" -"Et moi un supplément en sel et un coca zéro !"
– « Ce sera un maxi best of, frites, coca et un donut chocolat, s’il vous plaît ! »
-« Et moi un supplément en sel et un coca zéro ! »

        Basé sur le roman graphique de Steven Grant dont personne n’a entendu parlé sauf les personnes ayant du temps pour ce genre de distractions populaires (les chômeurs, les étudiants, les politiciens… ah oui ça en fait quand même), le film raconte l’histoire de Marcus Stigman et Robert Trench qui opèrent en duo au sein d’un trafic de drogue, entre les États-Unis et le Mexique, évidemment ! Le problème, c’est que les deux sont infiltrés et sont en réalité des agents gouvernementaux, l’un des Stups et l’autre de la Navy. Ils sont ainsi dupé par leurs employeurs qui se servent d’eux comme couverture pour braquer rien de moins qu’une banque où la CIA entrepose ses modestes économies (quelques 43 millions de dollars). Pendant une heure quarante un peu poussive, nos deux bon Mark Wahlberg et Denzel Washington font d’abord mumuse, se grille des neurones en réfléchissant au moyen de braquer ladite banque (ils décident sagement de rentrer à l’intérieur avec des armes), puis découvrent leurs véritables identités et se mettent donc des pains dans la tronche. Et puis finalement la camaraderie l’emporte et face au destin, ils s’unissent pour combattre la CIA, le cartel mexicain de Papi Greco  (j’ai toujours su, au fond de moi, que Juliette était un homme) et la Marine. Pan ! Tout ça dans une décontraction imparable, comme si c’était aussi simple que de mettre une chaussette (quoique, quand on est ivre, c’est pas si facile).

Toujours faire sa manucure avant de dégainer ! Toujours.
Toujours faire sa manucure avant de dégainer ! Toujours.

        Si le scénario est donc convenu, sans grandes surprises voire parfois crétin, 2 Guns reste cependant assez divertissant, notamment grâce à Mark Wahlberg et Denzel Washington qui, en roue libre et en mode buddy-friends, se baladent avec aisance, enchaînant les blagues potaches et les cascades à l’esprit 80’s pas toute dégueulasses. Paula Patton (mais si, souvenez-vous, vous remattez Mission Impossible – Ghost Protocol rien que pour elle) endosse le rôle de l’agent des Stups, ancienne copine de Robert Trench. Ne servant pas à grand chose à part à agrémenter le film de quelques plans de seins, son personnage se fait tuer à la fin sans affecter le moindre du monde Trench ni le spectateur. Une telle absence de compassion pour un personnage fictif, voilà le fléau du cinéma contemporain, mes braves gens ! Il reste quelques séquences sympathiques, en particulier l’infiltration bourrine et totalement ratée d’une base de la Marine (ça à l’air super simple et fun, je vais peut-être essayer pendant mes vacances d’été), mais le clou du spectacle revient à une hélice d’hélicoptère qui s’écrase dans une étable et libère des vaches mexicaines furax ! Ouais, c’est ça la cerise sur le gâteau, ça claque non ? La mise en scène n’a rien de brillante mais reste assez soignée, en dehors de quelques effets de bullet time affreux et déplacés, Kormákur semble puiser son inspiration chez Michael Bay ou Tony Scott.

-"Vous ne m'avez pas répondu : thé ou café ?"  Bill Paxton dans un rôle sympathique d'agent de la CIA sadique.
-« Vous ne m’avez pas répondu : thé ou café ? »
Bill Paxton dans un  rôle  caricatural d’agent de la CIA sadique.

         Certains dialogues sont très bons, fustigeant sans crainte l’idéologie capitaliste d’une certaine Amérique, un peu à la manière de Cogan : Killing Them Softly (Andrew Dominik, 2012), et c’est toujours mieux que rien d’avoir ces joutes verbales pour réveiller le spectateur. En bref, ça se regarde d’un œil, un dimanche après-midi pluvieux, entre le fromage et dessert. Vivement pas 3 Guns, quoi ! (ou 2 Guns 2, au choix). Sur ce, je vous laisse, le reste de la dinde aux marrons m’attends…

Dr. Gonzo

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3 réflexions sur “ 2 Guns, de Baltasar Kormákur (2013) ”

  1. Range ton flingue, je crois qu’il a son compte. Pas vu mais ça m’avait pas semblé être le chef d’oeuvre de l’année lorsqu’il est sorti. ça se confirme.

  2. Un film bien sympa, du buddy movie comme je les aime même si c’est quand même con comme la lune. Je te rejoins totalement sur l’utilité crasse de la pauvre Paula Patton.

  3. Pas de flingue Prince, je n’utilise que l’épée, tout férue de combats sanguinolents médiévaux que je suis. Mais j’avoue, j’ai un peu fait mon Odieux Connard sur cette critique 😉 A voir rien que pour Wahlberg et Washington, deux acteurs que j’apprécie beaucoup.

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