Hitcher, de Robert Harmon (1986)

Hitcher

        Les fêtes de fin d’année sont passées, il est temps de dire « salut, à l’année prochaine si tout va bien » à votre famille, et de reprendre la route pour retrouver la tranquillité tant désirée de son chez-soi. Mais attention, si vous croisez un auto-stoppeur sur votre chemin, prenez-garde, et suivez les quelques conseils qui vont suivre au sérieux !

         Tout d’abord, si l’auto-stoppeur porte un grand manteau sombre, qu’il tient dans sa main un fusil à pompe ou encore qu’il porte un t-shirt des One Direction, appuyez sur le champignon pour vous éloigner le plus rapidement possible. Dans Hitcher, le jeune Jim Halsey (C. Thomas Howell) prend donc l’auto-stoppeur et lui dit en guise de bienvenue :

-« Ma mère m’a dit de ne jamais prendre d’auto-stoppeur ! »

        Que nenni, le jeune bougre, en bon révolté contre l’ordre parental, prend quand même le bonhomme (John Ryder) campé par un Rutger Hauer en état de grâce (période très faste où on le retrouve dans rien de moins que Blade Runner, Ladyhawke,  ou encore La Chair et le Sang). Sans plus attendre, le film nous plonge dans le vif du sujet en révélant la nature de John Ryder, prenant en otage Halsey et lui faisant comprendre que les nombreuses voitures qu’il a croisé le long de la route sont les méfaits précédents du tueur compulsif. Premier film de Robert Harmon, réalisateur qui tentera par deux fois de réitérer le road-movie sanglant (Cavale sans issue en 1993 et Highwaymen : la poursuite infernale en 2004) avant de s’engouffrer dans les productions télévisuelles, Hitcher est un très solide thriller enchaînant les séquences intenses de courses-poursuites et les moments de survival dans différents endroits typiques des grands espaces désertiques de l’Ouest américain. Ainsi Halsey se retrouve plusieurs fois dans des stations essence paumées, dans un bar poisseux balayé par une tempête de  sable, ou encore dans un commissariat théâtre de crimes sanguinolents. Le scénariste Eric Red (Aux frontières de l’aube notamment) parvient à insuffler ce qu’il faut de tension dramatique sur toute la durée, soigne ses personnages à commencer par John Ryder – psychopathe plus iconique tu meurs – et ne tombe jamais dans la mièvrerie qui aurait pu entacher ce qu’il convient d’appeler un film de genre. Au contraire, Hitcher va jusqu’au bout de son ambition, allant même jusqu’à faire démembrer (en hors-champs cependant) le rôle féminin du film (Jennifer Jason Leigh) et à offrir un magnifique et sombre final dans lequel la victime Halsey devient à son tour le bourreau pour se venger.

        De fait, le réalisateur exploite à merveille le concept ultra simpliste de son film, complexifiant les enjeux à partir du moment ou la police recherche Halsey en croyant qu’il est le tueur. Dès lors, c’est un sympathique jeu du chat et de la souris en pleine route 66 qui débute et ne pourra finir  que dans le sang. Du très bon survival/thriller en soit, bien accompagné par la musique atmosphérique et reconnaissable de Mark Isham, et dont le budget n’a sans aucun doute pas permis d’acheter les droits du titre « Riders on the Storm » des Doors, influence revendiquée du scénariste (ceci explique les noms des protagonistes). Un scénariste qui tenait aussi là un pitch attrayant basé sur les nombreuses légendes urbaines  sur les auto-stoppeurs meurtriers, mais qui malgré tout n’a pas trouvé son public, le film étant un échec commercial à l’époque, même s’il est depuis considéré comme un petit classique. Cela n’a pas échappé à Michael Bay qui en a produit un remake en 2007. Quoi qu’il en soit, c’est un bon film pour qui veut savoir comment distinguer les bons auto-stoppeurs des mauvais.

Hitcher
Indice de dangerosité : 10/10
Vous n’avez pas une visibilité correcte et ne savez pas qui peut se cacher dans ce blouson sombre. Cela peut être un tueur psychopathe comme dans Hitcher ou, bien pire par dessus tout, ce peut être Nabilla.
hitchhiker
Indice de dangerosité : 2/10
Ne vous fiez pas aux apparences, ce brave homme (croisé sur la route Arras-Lille) a sans doute eu besoin de sa hache pour tuer sa femme devenue espionne au service des Russes. Aidez-le donc en l’emmenant remplir le certificat de décès dans la mairie la plus proche !
hitcher
Indice de dangerosité (selon les hommes) : 0/10
Indice de dangerosité (selon les femmes) : 999999/10
Votre femme vous dira qu’elle peut très bien cacher une arme (tronçonneuse, hache, peau de banane, caleçon de Laurent Ruquier…) dans sa valise. Mouais, personnellement, je ne crois pas…

Dr. Gonzo

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7 réflexions sur « Hitcher, de Robert Harmon (1986) »

  1. Mdr j’adore tes images avec les légendes 🙂 Pas vu le film, mais j’ai vu le remake, qui est sympa mais parfaitement oubliable (en plus, c’est le mec qui se fait démembrer).

  2. Ah ça ne m’étonne pas tiens, c’est sans doute une requête des féministes qui se plaignaient de la misogynie des films de genre 😉

  3. Tout comme 2flics, je n’ai vu que le remake. Pas désagréable, mais pas extraordinaire. Il faudra que je regarde cette première version, mais elle ne m’a jamais tenté plus que ça.

  4. Je le conseille tout de même, un petit film très sympathique avec des moments tendus. A voir une fois, avec modération évidemment 😉

  5. Sur le coup j’ai cru que la dernière image provenait de The Enforcer 🙂
    À part ça, jaime beaucoup le film de Robert Harmon même si l’intéressé a tourné pas mal de navets par la suite (Cavale sans issue par exemple). Rutger Hauer, tout juste sorti de Ladyhawke et de La Chair et le sang, est exceptionnel.

    Saviez-vous qu’il s’agit du film fétiche de Jean-Baptiste Herment ?

  6. Rutger Hauer était effectivement dans sa grande forme à l’époque. Et j’ignorais pour Jean-Baptiste Herment…

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