Sherlock Holmes contre Jack L’Éventreur, de James Hill (1965)

Sherlock Holmes contre Jack l'Eventreur

Sherlock Holmes contre Jack l'Eventreur

        Point de Robert Downey Jr. cabotin ni de réalisation tape-à-l’œil ici, le Sherlock Holmes dont il est question est celui incarné par John Neville, dans une production typiquement british des années 1960. Avec la mention opportune de « Conan Doyle » dans son générique, A Study in Terror (titre V.O.) est en fait inspiré d’une histoire d’Adrian Conan Doyle (fils de Arthur Conan Doyle) et surfe sur la vague horrifique qui déferle sur la Grande-Bretagne (et ailleurs), notamment suite au succès du studio Hammer Film. Mais loin d’être qu’un petit film d’exploitation, cette confrontation entre le célèbre détective et Jack l’Éventreur est un superbe thriller horrifique qui joue à merveille sur son ambiance malsaine et ses personnages complexes.

        Pour de nombreux Britanniques, l’interprétation de Sherlock Holmes au cinéma est par excellence celle de Basil Rathbone, rôle qu’il a tenu dans pas moins de quatorze films dans les années 1940. Pas facile par la suite d’honorer sa prestation, même si Peter Cushing offre lui aussi une grande prestation dans Le Chien des Baskerville en 1959. Le réalisateur James Hill (Chapeau melon et bottes de cuir), lui, développe une histoire croisant le film policier avec le film d’horreur.  L’aspect horrifique est présent dès le début, avec le meurtre au couteau d’une prostituée, et la mise en images des crimes est plutôt moderne pour l’époque – hors champ des meurtres certes, mais gros plans sur les victimes agonisantes.  Un certain souci de vérité est respecté par rapport à l’histoire officielle du tueur de Whitechapel, comme le nom des victimes ou le modus operandi, même si tout est imbriqué de façon à rendre le scénario plus fluide. Car le film ne manque pas de rythme, au contraire. Entre l’enquête menée par Sherlock Holmes et son acolyte le Docteur Watson, et les meurtres qui se multiplient, tout s’enchaîne sans jamais perdre le spectateur.

Sherlock Holmes contre Jack l'Eventreur
John Neville et Donald Houston incarnent respectivement Sherlock Holmes et le Dr. Watson.

        A défaut de retrouver Peter Cushing ou Christopher Lee, dont le planning est déjà bien rempli du côté de la Hammer, la distribution se compose d’excellents acteurs, au jeu indéniablement anglais : John Neville toujours concentré et plein de flegme, Donald Houston comique et touchant, John Fraser incarnant un aristocrate au double-jeu, et Judi Dench dans un de ses premiers rôles. La réalisation est classique, mais l’ambiance merveilleusement travaillée. Les jeux sur l’éclairage, ou encore la brume enveloppant les bas-fonds de Londres doivent beaucoup au style de la Hammer, tout comme certaines séquences faisant appel à Jack l’Éventreur (dont une rappelle fortement la séquence de Halloween dans laquelle Michael Myers tue sa sœur !). Récemment restauré en Haute Définition, il serait donc dommage de passer à côté de cet excellent film, et se rappeler que Sherlock Holmes au cinéma ce n’est uniquement les clips au ralenti de Guy Ritchie !

Dr. Gonzo

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2 réflexions sur « Sherlock Holmes contre Jack L’Éventreur, de James Hill (1965) »

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