Non-Stop, de Jaume Collet-Serra (2014)

        Liam Neeson rempile pour un énième Taken-like, en mode « Y-a-t-il un serial killer dans l’avion ». Si l’idée a de quoi offrir potentiellement un bon gros spectacle décérébré, le résultat à l’écran est tout autre, malheureusement. Il faut bien l’avouer, faire de Liam Neeson un shérif de l’air (Bill Marks) alcoolique et dépressif est plutôt exaltant, rien ne valant un anti-héros adepte de spiritueux (sic). Mais là ou Flight traitait de l’addiction comme un problème de société majeur, ayant des répercussions à longue échelle, Non-Stop en fait quasiment l’apologie nauséabonde. La morale du film n’est rien d’autre que : mieux  vaut être alcoolique que patriote ! Rajoutez un zeste de rédemption paternelle, dans une magnifique scène de sauvetage d’une enfant qui – chose curieuse – a le même âge que la fille décédée d’une leucémie de Bill Marks. Le tout durant le crash de l’avion s’il vous plait !

Steven Seagal Unchained, Motherfucker !
Steven Seagal Unchained, Motherfucker !

        Loin d’être sauvé par sa mise en scène (shaky cam et autres scènes d’actions illisibles ponctuent le long métrage), Non-Stop se veut également le porte-parole d’une Amérique bien-pensante, en proie non pas à une menace extérieure mais à des Américains patriotes ayant perdus confiance dans la sécurité de leur pays depuis le 11 septembre 2001. Rassurons-nous, même un vieux briscard bourré leur fait la peau sans difficulté, à base de SMS sur un réseau sécurisé (ahah) et de tatanes dans la poire. Tellement impressionnée par ses prouesses, Jen Summers (Julianne Moore) tombe dans ses bras à la fin, ils vécurent heureux et ne voyagent désormais qu’en voiture, train et tramway. Éventuellement en vélo le dimanche matin pour se rendre à la messe.

-"Laisse-moi envoyer un tweet avant de mourir dans d'atroces souffrances..."
-« Laisse-moi envoyer un tweet avant de mourir dans d’atroces souffrances… »

        Avec ce premier galop d’essai, il y a beaucoup à craindre pour la suite, l’association entre le producteur Joel Silver et Universal Pictures étant fixée à un total de douze films (oui, douze !). Il est loin le temps ou Joel Silver produisait des pépites bruts de la trempe de Commando, L’Arme Fatale ou encore Die Hard, et où il n’embarquait pas des acteurs charismatiques dans des projets fumeux. Espérons que Jaume Collet-Serra retourne vite vers le cinéma de genre moins calibré, afin de confirmer son talent de La Maison de Cire et Esther.

Dr. Gonzo

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5 réflexions sur “ Non-Stop, de Jaume Collet-Serra (2014) ”

  1. Décidément, ce pauvre Liam Neeson a une carrière avec plus de bas que de hauts, ces dernières années. Je raie donc ce film de ma liste « à voir ». Merci.

  2. Encore un film d’action qui fait regretter le voyage une fois sorti de la salle. A te lire, mieux vaut attendre une diffusion télé pour se le faire en version canapé.

  3. C’est le genre de films destinés à la diffusion télé, en effet. Je suis assez étonné de voir que la note moyenne des spectateurs sur Allociné dépasse les 4/5. Les goûts et les couleurs, encore et toujours !

  4. Je ne trouve pas le film si mauvais que ça, même si, je te l’accorde, il y a des trucs complètements incohérents dedans.

  5. J’ai trouvé la mise en scène si déstructurée que je n’ai pas pu prendre de plaisir à regarder le film. Après les incohérences c’est secondaire, selon le type de film auquel on a affaire.

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