Expendables 3, de Patrick Hughes (2014)

EX3

        Qui dit fin  des vacances dit rentrée scolaire/retour au travail (oui, c’est une accroche d’une logique imparable). Qui dit rentrée dit stress, collègues insupportables, machine à café, promiscuité dans les transports en commun, bouchons sur la route… Bref, rien de tel qu’un film bourrin pour évacuer toute cette pression sociale ! Expendables 3 et sa brochette de gros bras remplit-il ce contrat ? Rien de moins sûr…

        En 2010, Expendables parvenait à ressusciter le film d’action 80’s avec son second degré, son scénario limpide et sans cynisme et sa forme hargneuse et sanglante. Le deuxième épisode remplissait quant à lui le contrat, en y ajoutant une dimension encore plus métafilmique sur la carrière passée de ses stars d’action, dimension qui déplût à grand nombre de spectateurs. Ces deux premiers films avaient pour point fort de mettre en pratique la théorie, à savoir que niveau scènes d’action bien fendardes, on était servis. Expendables 3 n’a en ce sens plus grand chose à voir avec ses prédécesseurs. Comme on pouvait le craindre, la production chaotique du film se ressent, et le scénario manque cruellement d’enjeux et de contenu. Pour un film de 2h, il y a trop peu d’intérêt pour se laisser emballer, comme c’était le cas auparavant. La majorité des scènes dialoguées entre les stars ne servent plus que de vitrines commerciales, dans lesquelles l’enjeu principal est le concours de vannes sans substances. L’ancienne équipe des Expendables disparaît même pendant une bonne partie du film, pour laisser sa place à une nouvelle team de jeunes recrues, le problème étant que l’on ne partage aucune affinité avec eux vu la présentation succincte et bordélique de chacun d’eux. Ce n’est pas le bad guy du film qui sauvera la donne : même si revoir Mad Mel fait plaisir (d’autant plus qu’il est l’un des rares à être investi à ce point dans le film), son personnage est loin d’être travaillé. Ne parlons même pas du personnage d’Antonio Banderas, qui le rend ridicule plus qu’autre chose, ou de Wesley Snipes dont la fonction principale est d’être médecin (really ?).

        Et l’action dans tout ça ? De ce côté là, la désillusion est grande également. Quand Sylvester Stallone réalise, on sent une réelle volonté de cohérence dans la mise en scène de la violence (il n’y a qu’à voir le making of du furieux John Rambo pour s’en convaincre). Lorsqu’il délègue la tâche par contre, c’est autre chose, il manque le côté jusqu’au-boutiste. Et ce n’est pas l’inexpérimenté Patrick Hughes, qui ne pouvait que se plier aux volontés des (trop nombreux) producteurs du film, qui va arranger les choses. Pas d’identité visuelle propre, des CGI d’une autre époque (les hélicoptères numériques dignes de la Super Nintendo, hilarants), un montage clipesque mais surtout des faux-raccords en nombre qui frisent le génie tellement ils sont visibles (Terry Crews tirant avec son machinegun depuis un bateau en dessous d’un quai, le plan suivant nous montrant les impacts de balles dans un tout autre endroit…). De fait, la plupart des fusillades ou bastons sont filmées par dessus le bras, avec des plans surdécoupés et illisibles. De vieux hangars vétustes et humides servant de décors (délocalisation en Europe de l’Est oblige), on est pas loin d’atteindre le niveau d’un film de Steven Seagal tout bon à sortir en DTV. Même le mano a mano final entre Stallone et Mel Gibson est décevant, c’est dire…  The Raid 2 peut dormir tranquille !

Dr. Gonzo

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4 réflexions sur « Expendables 3, de Patrick Hughes (2014) »

  1. Du foutage de gueule de premier ordre ! Les tremblements d’Harrison Ford achèvent tout…

  2. J’espère bien que l’été prochain on aura un « Rama vs the Expendables » avec des phrases mémorables du genre « quand même pas compliqué de tuer un mec qui n’a même pas de flingue ! » Question scénar, pour moi, c’est même combat. Mais je reconnais qu’il serait temps de mettre tous ces vieux gonflants à la retraite une bonne fois pour toute. Dire que Stallone est déjà à pied d’œuvre pour renvoyer son Rambo au front…

  3. Je soupçonne Stallone d’avoir accepté Expendables 3 pour miser les recettes sur le prochain Rambo, et honnêtement si c’est lui qui réalise, j’approuve ! Mais c’est un fait, la retraite, même si on la repousse de plus en plus, faut bien la prendre un jour ou l’autre et ces messieurs d’Expendables plus que d’autres !

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