I… comme Icare, de Henri Verneuil (1979)

I... comme Icare

        Quand on aborde la filmographie d’Henri Verneuil, on ne peut qu’éprouver une immense admiration tant l’oeuvre est autant qualitative que quantitative, couvrant quarante ans de cinéma français, et du cinéma français de qualité s’il vous plait ! Après de nombreux films à succès et une expérience américaine, il fonde sa propre société V Films pour pouvoir réaliser I… comme Icare, un film qui lui tient à cœur. Basé sur l’assassinat de John F. Kennedy en 1963, I… comme Icare lui permet d’explorer la théorie du complot, et plus généralement l’illusion démocratique des sociétés contemporaines.

        Le film débute par l’assassinat du président Marc Jarry, récemment réélu, dans un environnement urbain évoquant la topographie de Dallas, là même où Kennedy a été tué. En nous montrant dès le départ que l’assassinat est un complot, avec le tueur employé pour couvrir le vrai commanditaire du meurtre, Henri Verneuil laisse le spectateur dans une situation inconfortable. Tout le reste du film suit l’enquête du procureur Henri Volney, le seul membre de la commission qui refuse de considérer Daslow comme le seul assassin. Mise-en-scène soignée, dialogues percutants, bande-originale signée Ennio Morricone, Yves Montand génialissime et brochette d’acteurs secondaires tout aussi efficace, voici la recette qui fait du film de Verneuil un immanquable du cinéma politique des années 1970. Au cours d’une séquence assez longue, c’est l’expérience du psychologue américain Milgram qui est recréée, visant à démontrer l’importance et la manipulation des gens par une autorité. Fasciné par la faculté d’obéissance et les conflits de conscience, Verneuil inclus cette expérience très connue menée dans les années 1960 pour donner plus de poids à la théorie du complot qui entoure l’assassinat du président. Institutions gouvernementales et organisation du crime sont liées dans cette sombre histoire, de même que dans de nombreux autres exemples qui ont fait l’Histoire par le passé, comme le découvre Volney.

Notons que le film se déroule dans un pays fictif mais, pour évoquer le plus possible les Etats-Unis, ce sont des lieux de Cergy-Pontoise et de la Défense qui ont servis de lieux de tournage. La Préfecture et le siège d’EDF de Cergy-Pontoise correspondaient parfaitement à l’ambiance moderne et urbaine pour illustrer l’action. Comme le rappelle le titre même du film, à trop s’approcher de la vérité, on se brûle les ailes, et le procureur Volney va le payer cher. Une fin prévisible et un peu expédiée, mais qui n’entache en rien un film à voir absolument.

Dr. Gonzo

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3 réflexions sur « I… comme Icare, de Henri Verneuil (1979) »

  1. J’aime bien ce film…et j’ai bigrement envie de me le refaire, après avoir lu ce chouette billet. Merci, Docteur 😉

    Et une très belle année, avec la santé, tout ça, tout ça…

  2. Un excellent film, inquiétant et brillant dans son genre, et qui exploite (effectivement) à merveille l’expérience de Milgram.

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