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Agora, d’Alejandro Amenábar (2009)

« Dieu »… C’est quoi ce mot ? D’où ça vient ? En tout cas, celui qui en a le copyright devrait être jugé pour crimes contre l’humanité, car voilà bien un terme (un concept) qui à lui seul a causé plus de morts que tous les génocides réunis. « Dieu »… Aussi, voulant en savoir plus sur le sens de ce mot et l’utilisation que les hommes en ont faits, hier, pour me marrer un peu, je me suis fait une thématique « Guerres de religion au cinéma ». J’ai commencé chronologiquement avec Agora. J’ai poursuivi avec Kingdom of Heaven, puis La Reine Margot. Enfin, j’ai terminé avec Des hommes et des dieux. Et puis, complètement ravagé, je suis allé me suicider en plongeant avec un parpaing dans l’évier de ma cuisine.

IVème siècle après Jacques-Chancel. L’Egypte est sous domination romaine. A Alexandrie, la révolte des Chrétiens gronde. Réfugiée dans la grande Bibliothèque, désormais menacée par la colère des insurgés, la brillante astronome Hypatie (Rachel Weisz) tente de préserver les connaissances accumulées depuis des siècles vous lisez vraiment le résumé ou vous passez directement à la suite, avec l’aide de ses disciples. Parmi eux, deux hommes se disputent l’amour d’Hypatie : Oreste (Oscar Isaac) et le jeune esclave Davus (Max Minghella), déchiré entre ses sentiments et la perspective d’être affranchi s’il accepte de rejoindre les Chrétiens, de plus en plus puissants…

Agora est un péplum plus philosophique qu’épique. Un péplum au féminin ayant pour cadre l’Alexandrie du IVe siècle, soit une cité romaine en proie à des troubles religieux graves, qui conduisent à des troubles sociaux-politiques majeurs et auriculaires. En ce temps-là, madame Guéjard, les jeunes y savaient se tenir et nous aut’ on travaillait dès le lever du jour et y avait pas tous ces immigrés qui… Oups ! Je me trompe de discours. En ce temps-là, donc, la secte chrétienne est en plein essor et commence sérieusement à squatter la baraque.

Je ne sais plus qui disait du christianisme que c’est une secte qui a réussi (Léon Zitrone ?). Le film montre comment, en venant en aide aux plus pauvres, aux plus nécessiteux (chose totalement inédite à l’époque), en diffusant un message apparemment nouveau et frais, dans lequel chacun est le frère de l’autre (ce qu’évidemment les esclaves vont apprécier) et qui annonce que la mort ne doit pas être crainte, car le Royaume des Cieux ça déchire sa race avec du scotch double-face, le christianisme a pu aisément prendre corps et se développer.

Porté par des « prophètes » charismatiques un poil tarés, le message du Christ (enfin, celui tel que les hommes l’ont interprété) s’est diffusé rapidement et solidement à travers un vaste empire romain fragilisé et vieillissant. Dans Agora d’ailleurs, cette réussite fulgurante du christianisme face au paganisme désuet est bien illustrée avec la scène des flammes, quand le jeune chrétien plein de certitude traverse les flammes sans se brûler, alors que le vieillard païen hésite et prend feu. Une époque nouvelle commence, et on ne va pas beaucoup rigoler.

Sortez vos calculatrices... Hem...
Sortez vos calculatrices… Hem…

Car voilà – et c’est notamment ce que le film dénonce – avec leur importance croissante et surtout la légalisation de leur culte, les Chrétiens persécutés deviennent les persécuteurs. Maintenant qu’ils ont le nombre avec eux et que les empereurs successifs (mis à part Julien dit l’Apostat), en se convertissant, se rangent de leur côté, les opprimés deviennent les oppresseurs et l’intolérance change de camp. Comme quoi, on leur tend une main et ils vous bouffent le bras ! Vengeance couvée ? Rancune tenace ? Désir œdipien ? Salade-tomate-oignon ? Toujours est-il que le « paganisme », voire simplement le fait de ne pas croire en une divinité (ce qui par contre devait être très très rare), est rapidement considéré comme néfaste et suspect, puis comme antisocial et dangereux pour la nouvelle communauté (l’ekklesia – Eglise). Le contexte est donc tendu. Les regards se fixent. Les doigts tournent au-dessus des colts. Une botte de foin roule sur elle-même. Vous les sentez arriver les massacres ?

Toutefois, dans Agora, l’étincelle qui met le feu aux poudres alexandrines vient des « païens » (soit les polythéistes qui croient encore aux dieux antiques, comme le dieu d’Alexandrie Sérapis). Ces cons-là décident de massacrer les chrétiens jugés de plus en plus influents (et donc menaçants). Cependant, les bourreaux, rapidement submergés, deviennent très vite les victimes et doivent se réfugier dans la bibliothèque et le sérapéum, qui se transforment alors en citadelle ; les derniers bastions d’un monde en phase terminale, de plus en plus submergé par la religion (la culture) nouvelle. D’ailleurs, du haut des remparts, l’un des païens s’étonne du nombre affolant de chrétiens qui bientôt encerclent la citadelle : cette séquence du film traduit efficacement l’implantation et la propagation fulgurante du christianisme prosélyte à partir du moment où il a été autorisé (312).

Finalement, les païens doivent fuir et les chrétiens s’emparent d’Alexandrie. Les statues païennes sont renversées : la croix et le chrisme remplacent les anciennes idoles. Christine Boutin court nue de joie dans les rues. Choqués, les chrétiens remettent les anciennes idoles et abolissent leur culte.

Où est Charlie ?
Où est Charlie ?

Plus sérieusement, la paix qui s’en suit est de courte durée. Rapidement, les Juifs d’Alexandrie sont pris pour cible par les plus fanatiques des chrétiens, qui les accusent d’avoir tué le Christ : des sortes de milices, de troupes de choc chrétiennes en capuche noire appelées Parabolanis, dont le sens de l’humour devait être aussi développé que celui d’un slip de bain. A les voir brûler les œuvres de la bibliothèque d’Alexandrie (remarquable scène), ça nous rappelle des événements récents, au Mali par exemple. Pas de barbus en turbans et croissant ici, mais des barbus en capuche et croix, qui prétendent savoir ce qui est Bien et dénoncer puis détruire ce qui ne l’est pas, au nom de Jésus-Christ qui, le pauvre, n’a décidément rien demandé ! Si le mec ne s’est pas recrucifié après tout ce que les hommes ont fait en son nom ! Son message d’Amour, en tout cas, semble bien perverti dans ce contexte d’Antiquité finissante : recours encouragé à la violence, appels à la haine, oublie du Pardon, pourtant un principe fondamental du christianisme. Bref, avec tout ça, forcément, Hypatie en pâtit – il fallait que je la place, celle-là.

Rachel Weisz et Michael Lonsdale
Rachel Weisz et Michael Lonsdale (derrière à droite : une statue ; plus à droite encore : un palmier)

L’autre thème d’Agora, sinon son thème central, c’est le conflit qui oppose, très tôt déjà, la science et la raison à la religion et au dogmatisme, soit un conflit entre ceux qui préconisent le doute et ceux qui assurent détenir la Vérité. Bientôt, face à cette croyance percluse de certitudes qu’est le christianisme, le simple questionnement, le simple débat sur certaines questions (est-il bon de manger de la soupe en été ?) devient dangereux, voire périlleux – d’où le titre du film, Agora, qui fait référence à l’espace public dans lequel on débattait dans la tradition grecque.

Inspiré d’un personnage réel, Hypatie d’Alexandrie, l’une des rares femmes savantes de l’Antiquité, « directrice » de l’école néoplatonicienne d’Alexandrie, le film d’Alejandro Amenábar est une ode à la liberté (d’esprit, de corps), un hymne au savoir et une critique acerbe contre le fanatisme religieux de tout poil et l’intolérance qui en résulte, notamment à l’égard des sciences et du progrès. Cherchant à comprendre les lois qui régissent l’univers et à approfondir les connaissances humaines dans ce domaine, la jeune femme passe ses nuits à scruter les étoiles, étant de plus en plus convaincue par la théorie de l’héliocentrisme (la terre tourne autour du soleil) contre celle du géocentrisme (le soleil tourne autour de la terre), ce qui peut par contre sembler anachronique. Finalement, alors qu’à l’extérieur un nouveau monde prend forme, dans lequel elle n’aura plus sa place, la scientifique se plonge de plus en plus dans ses découvertes, au poing de ne plus vivre que pour cela. Quelque part, elle est elle-même un peu fanatique dans son domaine.

Evidemment, pour rajouter de la dramaturgie au film et aussi une touche de mélo, Hypatie est aimée par deux hommes qui deviennent, avec la victoire du christianisme à Alexandrie, des personnages influents (l’un devient membre des Parabolanis et l’autre le préfet d’Alexandrie). Voilà donc la jeune femme au centre d’une histoire de cœurs à l’issue forcément fatale. La voilà également au centre d’une lutte d’influence entre chrétiens extrémistes et modérés et entre pouvoir politique et religieux, le second désirant empiéter sur le premier. Ils vous bouffent le bras, que je disais !

Alors certes, les décors de ce film hispano-maltais, même s’ils sont réussis, paraissent parfois un peu « faux » (peut-être la faute à une photo sans imagination) et le rythme – sujet oblige – peut sembler un peu long (pour ma part, ça ne m’a pas dérangé, tant j’ai trouvé le sujet intéressant). Et l’on peut s’agacer de libertés historiques et d’une certaine vision « globalisante » et négative des chrétiens, même si ce sont surtout un petit nombre d’entre eux – malgré tout très influents – qui sont montrés comme de véritables fous de Dieu. Il n’en reste pas moins qu’Agora est un film intelligent, humaniste, maîtrisé et intéressant, porté par une excellente Rachel Weisz, sur des événements peu connus. Amen.

 Haydenncia

Gladiator, de Ridley Scott (2000)

Imperat que romanum hazanavicius in bifidus actif quo hippopotamus (Sénèque 2.0)… Peuple de Rome et du Québec ! Aujourd’hui, en l’année MMXIII, par ordre du Sénat, de l’Empereur et de madame de Fontenay, voici la critique de mon film préféré de Ridley Scott, et l’un de mes films favoris, que j’ai dû voir 825 678 fois dans ma courte vie, à savoir Gladiator ! Et je vous rappelle au passage que demain, nous partons à la conquête de ces immondes Parthes, alors préparez vos bagages, votre passeport, embrassez votre famille et sacrifiez à Mithra et à Mitterrand, car ça va douiller sec !

Pour les ermites qui n’auraient toujours pas vu Gladiator, qui n’est pas la suite de Terminator, voici le pitch. Nous sommes au IIe siècle après Julien Clair. Maximus Decimus (Russel Crowe) est un général romain, dont les actes de bravoure sur le champ de bataille et sa loyauté envers ses soldats font l’admiration de tous et notamment de l’Empereur qui le considère comme le fils qu’il aurait dû avoir. Sentant sa fin proche, Marc-Aurèle (Richard Harris), l’empereur philosophe, lui confie logiquement l’avenir de Rome et le met en garde contre l’ambition démesurée de son fils Commode (Joaquin Phoenix) à qui il n’a pas l’intention de léguer le trône. Et il rajoute : « En plus, il porte un nom de meuble, ce con-là ! »… Hélas, trois fois hélas, Commode assassine son père, devient le nouvel empereur et tente d’éliminer Maximus… qui s’en réchappe, mais qui, vendu comme esclave, devient gladiateur.

Gladiator

Diantre, que j’aime ce film ! Autant qu’un bon Domaine des Sablonnettes 1994 ou qu’un silence de Nana Mouskouri. Paradoxalement, Gladiator contient un nombre impressionnant d’erreurs techniques (un technicien en jean en arrière-plan, une bombonne de gaz sous un char…) et joue – habilement – avec la réalité historique, mais l’histoire de ce général fait esclave, et qui défia Rome, déjà me rappelle la glorieuse épopée de mes ancêtres, et ensuite, m’emporte à chaque fois. Plusieurs raisons à cela, imperatori !

D’abord, l’époque, le contexte. Avec Gladiator, Russel Crowe réinvente le péplum, de façon plus cruelle, plus réaliste, plus crédible. Dans Gladiator, le sang gicle et les épées s’enfoncent dans la chair, les combattants se pissent dessus et la foule est enivrée de violence. Le cinéma s’est dévergondé depuis les années 50-60, époque reine des films en tunique, et j’ajouterais, tant mieux ! Un gladiateur, quand il arrivait dans l’arène, ça n’était pas pour danser un ballet !… Et puis, Rome, mes enfants ! Un monde rempli de paradoxes, et cela même avant l’investiture de Berlusconi. Un monde qui s’étend sur près de mille ans, d’abord République, puis Empire. Un monde « civilisé », avec ses cités aux monuments pour certains gigantesques, son système d’égouts avancé et couvert (qu’on ne retrouvera ensuite qu’au XIXe siècle), des aqueducs, des routes pavées, une bureaucratie perfectionnée, Internet, une culture, une philosophie et une religion héritées de la Grèce… Mais un monde sanglant, violent, dangereux, dans lequel on s’assassine les uns les autres et parfois entre frères et sœurs, dans lequel des empereurs fous nomment leur cheval sénateur (Caligula) ou descendent dans l’arène, comme Néron ou Commode, justement. Un monde dans lequel on organise des combats mortels entre des hommes pour en divertir d’autres. Un monde conquérant, enfin, dont le principal objectif reste longtemps l’agrandissement de son territoire, au moins jusqu’à Hadrien (un peu avant Marc-Aurèle), et qui à son apogée englobe l’immense partie de la Méditerranée. Même les Corses étaient soumis, à cette époque ! Un monde qui va également se casser la gueule, à force de coups d’Etat, de décadence, d’éclatements, de guerres civiles et d’invasions barbares. Bref, un monde idéal pour le cinéma, poil au placenta !

Autre raison pour laquelle j’aime ce film : la réalisation. D’abord, le déroulement du film est parfaitement huilé et ne souffre d’aucun temps mort. Les dialogues sont bons. La photo est parfaite, les costumes et les effets spéciaux, crédibles, sont également très réussis, notamment la Rome numérique, impressionnante. Ensuite, mais c’est le point fort de Ridley Scott, les scènes de bataille sont épiques. Dès le début du film, le combat qui oppose les soldats romains méticuleusement alignés et organisés contre les barbares germains chevelus et indisciplinés est magnifiquement « chorégraphié », mis en scène, avec cette forêt qui s’embrase, ces corps à corps brutaux et ces passages, en « accéléré » (peut-être un peu kitsch pour ma part), où Maximus se demande même ce qu’il fait là, au milieu de ce carnage sans nom… dans lequel, d’ailleurs, si l’on regarde bien, on peut voir deux ou trois acteurs rigoler. Pareillement, les combats de gladiateurs, qu’ils se déroulent dans les petites arènes d’Afrique du Nord ou au sein même du Colysée, sont superbement filmés, rythmés et, une fois de plus, assez réalistes (en faisant fi des quelques invraisemblances historiques). En nous plaçant au cœur des arènes, notamment lorsque Maximus découvre de l’intérieur le Colysée, Scott parvient à nous faire vivre, ressentir l’instant comme sans doute les gladiateurs à l’époque. Le mirmillon ou le rétiaire devaient alors être victimes d’un sentiment paradoxal, car 1) il y avait une foule immense et qui était là pour nous ; mais 2) cette foule immense était aussi là pour nous voir crever la gueule ouverte. Autant dire qu’à côté, les footballeurs, c’est que des péteux ! Sauf Ibrahimovic, qui, lui, aurait vu dans les tigres de vulgaires chatons et dans les autres gladiateurs de simples joueurs de curling.

Dans les ténèbres de la Germanie...
Dans les ténèbres de la Germanie… C’est quoi cette phrase de roman ?!

Dernière raison : le casting réussi de Gladiator permet au film de n’être pas qu’un vulgaire film d’action tendance bourrin. Ainsi, tous les personnages principaux possèdent un caractère intéressant.

Russel Crowe, en premier, « assure grave » comme le dit ma grand-mère, et son jeu à la fois posé et rageur donne de l’épaisseur à son personnage. Avec son regard de chien battu et sa stature de colosse, il apporte au général/esclave/revenant Maximus une (sur)humanité bienvenue, lui le fantôme que tout le monde pensait mort, et qu’on retrouve au centre du monument le plus symbolique de Rome. Un héros charismatique auquel on s’attache inévitablement, ayant qui plus est perdu sa famille et ne désirant finalement qu’une chose, la retrouver. Avec ce film, Russel Crowe deviendra un acteur d’envergure internationale. Il en sera toujours reconnaissant à Ridley Scott, qui l’emploiera dans plusieurs autres films par la suite.

Joaquin Phoenix incarne « le méchant du film », un Commode peu commode, partagé entre sa folie destructrice et la volonté d’être un bon empereur aux yeux du peuple, se délectant du spectacle sanguinaire des gladiateurs et jalousant secrètement Maximus. Le vrai Commode, dont l’image reste celle d’un empereur cruel et sanguinaire, tyrannique, débauché et complètement mégalomane (il s’identifiait à Hercule, rien de moins), notamment dans les dernières années de son règne, avait une véritable fascination pour les combats de gladiateurs… et pour Julien Lepers (ce qui est, entre nous, entièrement compréhensible, tant l’animateur rouquin aux fiches jaunes est mystérieux). Durant son règne, Commode organise ainsi de gigantesques jeux et va même jusqu’à descendre dans l’arène, s’attirant ainsi les faveurs de la plèbe… et l’ire des sénateurs, ces rabat-joies. Contrairement à ce que montre le film, il meurt étranglé par l’esclave Narcisse dans son bain… Ses dernières paroles sont : « Où est passé mon petit canard en plastique, celui qui fait coin-coin quand il y a de la mousse ?! »… Comme ses collègues empereurs fous, Caligula, Néron, Domitien ou l’illuminé Héliogabale, Commode n’est pas, dans un premier temps, divinisé après sa mort par le Sénat, mais reçoit au contraire l’infamante damnatio memoriae (condamnation de la mémoire). Bouh ! Le vilain ! A noter qu’au cinéma, Commode apparaît dans un autre péplum fameux, qui a directement inspiré le long-métrage de Ridley Scott, La Chute de l’Empire romain, d’Anthony Mann, sorti en 1964 (l’autre péplum ayant influencé Gladiator étant inévitablement Spartacus de Stanley Kubrick, sorti en 1960). Dernière chose et non des moindres : dans Gladiator, l’arrivée triomphale de Commode reprend presque plan par plan, selon les dires de Scott lui-même, les scènes de la parade militaire d’Adolf Hitler dans le film de propagande de Leni Riefenstahl, Le Triomphe de la Volonté (1934, disponible en DVD et Blu-ray à la Fnac ou sur Amazon). Bouh ! Le vilain vilain !

Commode, génial Joaquin Phoenix
Commode, génial Joaquin Phoenix

En ce qui concerne les autres acteurs : Richard Harris donne son visage et sa voix à un Marc-Aurèle (évidemment) sage et fatigué, respecté par ses soldats et visiblement aimé de son peuple. Le vrai Marc-Aurèle, cependant, a inlassablement persécuté les chrétiens (ce que Commode cessera) et n’a jamais voulu rendre le pouvoir au Sénat. Et le Sénat, au passage, n’était pas un représentant du peuple – comme l’Empereur, lui, pouvait le paraître – mais plutôt de l’aristocratie conservatrice. Oliver Reed, qui est mort pendant le tournage (par respect, ces séquences seront conservées et le scénario sera changé), incarne Proximo, homme bourru mais finalement honnête et droit, à la tête d’une école de gladiateurs en Afrique. Et l’actrice danoise Connie Nielsen est une Lucilla un peu terne par rapport à celle qu’interprétait Sophia Loren dans La Chute de l’Empire romain. Citons enfin Loïc Kernavalec, qu’on peut voir au fond à droite de la troisième rangée de légionnaires, au début du film : la façon hyperréaliste dont il lève son glaive est tout simplement bluffante !

Pour finir, signalons la bande originale, composée par Hans Zimmer et Lisa Gerrard, tout simplement magnifique et qui colle bien à l’ambiance du film. Le passage où Maximus, mourant, avance dans les Champs Elysées vers sa famille (il croise en chemin Joe Dassin, logique), accompagné par le morceau hypnotique Elysium, me donne à chaque fois des frissons et l’envie de retourner en Toscane, dans les environs de Pienza, une nom de Dieu de putain de belle région ! A noter que le film fut également tourné en Angleterre (la scène de bataille du début, dans les forêts de Germanie), au Maroc et à Malte (pour la Rome antique), où une réplique d’environ un tiers du Colisée fut construite, le reste étant créé numériquement.

Tu peux retirer ta main s'il-te-plaît...
Tu peux retirer ta main s’il-te-plaît…

Gladiator fut à sa sortie un immense succès, aussi bien critique (même Chronic’Art et Les Inrocks ont aimé, vous imaginez !) que public, et le film initia une nouvelle mode du péplum, pour le meilleur… et pour le pire (sur ce blog, la critique du Choc des titans, de Louis Leterrier, 2010). Le film signera également le retour de Scott, dieu vivant des eighties, depuis tombé un peu en désuétude avec une série de réalisations pas terribles (1492 : Christophe Colomb en 1992, Lame de fond en 1995 ou A armes égales en 1997).

Bref, Gladiator est un film à grand spectacle, mais pas que. C’est un blockbuster intelligent et puissant qui n’a pas pris une ride et est même devenu culte. Un film shakespearien, un drame épique et historique porté par une narration fluide et rythmée. La Rome antique ne pouvait qu’offrir ce genre d’histoire, et Ridley Scott a su saisir cette occasion de manière subtile et sublime. Du sang et de la poussière, du pourpre et de l’or, du sel et du poivre. Un pouce en l’air (et 5 Oscars) pour Gladiator ! Ceux qui vont te revisionner te saluent !

Haydenncia

La mythologie passée dans un mixeur

   

Le péplum désigne un genre du cinéma, dont les films se déroulent généralement dans la Rome antique, la Grèce antique ou l’Egypte antique, et de façon plus large, avant le déclin de l’Empire romain, soit en l’an 476 après Jean-Claude. Existant depuis l’aube du cinéma, le péplum a néanmoins connu sont âge d’or dans les années 1950-1960… pour ensuite tomber un peu en désuétude.

Toutefois, depuis le très réussi Gladiator de Ridley Scott, sorti en 2000, une nouvelle folie des péplums a envahit le cinéma, et notamment le cinéma outre-Atlantique. Ces nouveaux « films à tunique » des années 2000, quel que soit leur résultat au box-office, généralement bon, ce qui témoigne de cette euphorie moderne pour un genre qu’on croyait avoir franchi l’Achéron, sont plus ou moins réussis… Il y en a des bons (Gladiator, donc, mais aussi 300 de Zack Snyder, Agora d’Alejandro Amenabar), des passables (le Troie germanisé de Wolgang Petersen, Alexandre d’Oliver Stone) ou des mauvais (La Dernière Légion (sur la gauche) de Doug Lefler, Le Roi Arthur, d’Antoine Fuqua, ou encore 10 000 de Roland Emmerich – le seul film dans lequel son réalisateur n’a pas réussi à caser un drapeau américain !). On pourrait à la limite également placer dans ce genre le mauvais La Passion du Christ de Mel Gibson, dont l’histoire, peu connue, se déroule sous Tibère. En France, c’est surtout la série des Astérix (un bon, celui de Chabat, deux pourris et un passable) et le navrant Vercingétorix et sa moustache qui pendouille, qui mettent l’antiquité et la Gaule à l’honneur. Enfin, même les séries ont eu l’honneur de revisiter cette période, avec la formidable Rome, ou la moins formidable Spartacus : le sang des gladiateurs.

Le Choc des Titans se situe donc dans cette arborescence du cinéma, puisque son histoire se passe dans l’antiquité mythologique. Il s’agit en fait d’un remake d’un film de 1981, réalisé par Desmond Davis, qui certes était très kitsch, mais au moins, tout cela baignait dans une poésie inventive.

Je raconte ci-dessous l’histoire du film, dont la fin est légèrement connue puisqu’il s’agit d’un mythe antique, même si remodelé à la sauce hollywoodienne. Donc, pour ceux qui n’ont pas vu le film : soit vous avez décidé de ne jamais le regarder et auquel cas, d’abord vous ne louperez pas grand-chose, ensuite vous pourrez tout de même lire ce « résumé » que je me suis amusé comme un petit fou à faire ; soit vous voulez voir le film, et dans ce cas, je crois que lire ce résumé ne vous gênera pas vraiment dans la compréhension de… euh… disons l’intrigue. A vous de voir !

 

Il y a très longtemps, alors que Line Renaud n’était encore qu’une adolescente, les dieux de l’Olympe, après avoir tourné dans une pub pour Ferrero Rocher, décidèrent de se retourner contre leurs créateurs, les Titans. A l’aide d’un Kraken créé par Hadès, ils parvinrent à prendre le pouvoir et choisirent de se partager le monde… Enfin, entendons-nous bien : quand on parle de monde, il faut comprendre le monde grec, à savoir une presqu’île… Pas sûr qu’en Chine ou qu’au Congo, à la même époque, l’on ait entendu parler d’Aphrodite ou d’Héphaïstos ! Eh ! Enfin, bref : Zeus devint le roi du ciel, Poséidon, celui de la mer et Hadès se fit couillonner et s’installa sur le trône des sinistres enfers. Evidemment, ce dernier n’était pas très content et, même s’il pouvait manger du Tartare à volonté (cette blague est réservée aux amateurs de fromage, de mythologie grecque et de vannes pourries), il mâchait son amertume contre ces dieux qui l’avaient dupé. Quelque temps plus tard, Zeus créa l’homme, après plusieurs croquis ratés (on aurait pu se retrouver avec les jambes sur la tête et des ailes de canard en guise d’oreilles, alors estimez-vous heureux !).

Beaucoup plus tard cette fois, Acrisios, roi d’Argos, décida d’affronter les dieux. « C’est tout pour eux ! », s’écria-t-il du fond de son palais en tapant du pied sur le carrelage marbré. Aussi, à la tête de son armée, il assiégea l’Olympe, soit une montagne de 2 917 mètres. Encore une chance que Zeus et sa clique n’avaient pas choisit l’Everest ou le K2 pour habitation ! Devant cet affront de la part des hommes, Zeus se métamorphosa en Acrisios et « visita » (je ne trouve pas d’autres mots… « fourra » ?) la belle reine Danaé. Fou de rage et de jalousie, Acrisios enferma la reine et son enfant né d’un dieu dans un coffre, qu’il jeta dans les profondeurs de l’océan, parmi les mérous et autres goémons. Il fut puni pour cela et transformé en demi-monstre par Zeus. A ce moment de l’histoire, donc, on a un demi-dieu et un demi-monstre, dans un demi-film, mais sans Demi Moore (ni Demis Roussos, qui pourtant est Grec !)… Poursuivons.

Le coffre remonta des années plus tard à la surface, près d’une embarcation de pêcheurs, qui adoptèrent l’enfant demi-dieu. La famille nomma ce bébé anadyomène Persée. Persée grandit donc au sein de cette famille bienveillante, dans un monde où hommes et dieux avaient de nouveau décidé de se taper sur la tronche (les hommes remettant une nouvelle fois en cause le pouvoir des dieux, car les hommes sont amnésiques et cons).

Hey ! Persée ! Y a ta mère au téléphone !

En gros, c’est là que commence véritablement l’histoire du film. Ayant atteint l’âge adulte et alors qu’il navigue avec sa famille de long de la ville d’Argos, Persée assiste à la destruction par les soldats de la cité achéenne d’une immense statue de Zeus. Outrage ! Blasphème ! Aussitôt, une bande de harpies surgit de l’océan et s’en prend aux hommes. Puis, le visage d’Hadès apparaît, et le dieu des enfers envoie une boule de feu sur le frêle esquif de la famille adoptive de Persée. Seul le demi-dieu en réchappe. Prudent, il avait mis ses flotteurs aux bras.

Persée est fait prisonnier par des soldats d’Argos qui l’emmène à la cour du roi Cépheus, de la reine Cassiopée et de leur fille Andromède. Une nouvelle fois, sans prévenir de sa visite, sans même sonner à la porte, Hadès surgit, annonce à Persée qu’il est le fils d’un dieu et à l’assistance que dans dix jours, il lâchera le Kraken contre Argos, à moins que la ville n’offre en sacrifice aux dieux la princesse Andromède. Sur ce, le roi, réfugié sous son trône, hurle « C’est une excellente idée ! » et il balance sa fille à la flotte. J’en rajoute, car en vérité, ne l’oublions pas, ils ont dix jours pour réfléchir à cette question.

Assoiffé de vengeance et sur les conseils d’une mystérieuse et jolie jeune femme, Io, Persée décide de se joindre à une expédition justicière dont l’objectif est de défaire Hadès, qui lui-même veut défaire Zeus et a donc décidé de se la jouer perso. Le chef de cette bande de guerriers décidés à éliminer Hadès, tous d’anciens comiques reconvertis, est Draco. L’ambiance est virile et, même si l’on n’a pas autant raccourci la jupette que dans 300, ça sent la testostérone et le Pétrole Hahn ! On sait qu’à un moment, l’un de ces soldats va avouer aimer l’odeur du napalm au petit matin… On le sait ! Toujours est-il qu’au milieu de cette bande de guerriers grecs (ça fait rire, hein !), Persée doit supporter les vannes militaires de toute sorte, du genre : « C’est quoi cette odeur ? Ton slip est percé ? », ou encore « Avec un nom pareil, c’est sûr tu vas percer ! ».

La première mission de Persée et de sa troupe est de se rendre dans le repaire des « Sorcières du Styx » – en vérité les Grées – dans l’espoir que celles-ci leur apprennent le moyen de défaire le Kraken et de cuisiner les pâtes à la carbonara. Sur le chemin, Io, qui suit la troupe, fait rencontrer Pégase, le cheval ailé, à Persée. Au début, elle lui avait proposé un taureau ailé, mais il ne savait pas pourquoi, ça lui donnait toujours envie de manger du riz. Alors, Io a opté pour un cheval. Quant à l’origine de son nom, je me passerais de blagues salaces. Peu après, la bande à Draco est attaquée par le demi-monstre Acrisios qui, blessé, fait naître avec son sang de gigantesques scorpions. On retrouve d’ailleurs au casting celui qui jouait dans Chérie, j’ai rétréci les gosses. Faut bien gagner sa vie. Les guerriers en difficultés sont secourus par des djinns, qui pacifient les grosses bêtes et choisissent de s’allier avec Persée et ses consorts dans leur lutte contre Hadès.

Ensemble, ils arrivent au repaire des Sorcières du Styx qui ont cette particularité devenue rare de nos jours de n’avoir qu’un œil pour trois. Au niveau des frais d’ophtalmologie, c’est tout bénef’ ! Sous la menace, celles-ci expliquent à Persée que seul le regard de Méduse est suffisamment puissant pour pétrifier le Kraken. Persée, qui n’a pas une très grande culture mythologique et pour qui le mot « réflexion » a autant de signification que le mot « dromadaire » pour un Inuit, enfourche aussitôt Pégase, décolle, arrive à Perros-Guirec deux heures plus tard, rempli un sac plastique de deux-trois méduses trouvées sur le rivage et revient vers ses compères, visiblement fier et heureux de sa trouvaille. Devant la moue gênée de ses camarades, il comprend bien vite qu’il ne fallait pas comprendre « regard de méduses », mais « regard de Méduse ». En colère, il tue un soldat de sa bande, comme ça, pour se passer les nerfs. C’était comme ça, à l’époque ! On savait vivre !

Méduse vit aux enfers. Forcément, niveau déco, c’est pas folichon. Valérie Damidot a bien tenté de retoucher les rideaux de la chambre de Perséphone en rose-fuchsia, mais elle s’est fait bouffer par Cerbère à l’entrée, qui n’avait pas autant mangé depuis longtemps. Donc, c’est dans cet endroit lugubre et souterrain que se rend notre troupe de gais lurons. Une fois le Styx franchit sur la barque de Charon le passeur, peu bavard au demeurant, le groupe, réduit à quelques effectifs, entre dans la tanière de Méduse, cette femme qui, autrefois belle, fut violée par Poséidon puis métamorphosée par Athéna (« T’avais qu’à pas te faire violer ! »). Ses cheveux devinrent des serpents, ses yeux se mirent à pétrifier tous ceux qui croisaient son regard. Dans ce combat avec la Gorgone, seul Persée parvient à survivre. Il tue Méduse, la décapite et fourre sa tête dans un sac Longchamp.

Chevauchant Pégase, Persée arrive à Argos juste à temps avant l’éclipse qui doit annoncer l’arrivée du Kraken. A Argos, la population qui n’a pas pensé à s’acheter des lunettes spécialisées pour regarder l’éclipse, enrage. De plus, elle craint un peu pour sa vie, et décide de sacrifier Andromède pour sauver sa peau. La belle princesse est capturée et suspendue au-dessus de l’eau : elle attend son sort. Le Kraken sort des abysses en compagnie du commandant Cousteau, qui effectuait des recherches scientifiques dans le coin. Persée surgit devant la bête, sort la tête de Méduse de son sac et pétrifie le monstre marin, mais aussi une mouette qui passait par là. Hadès intervient : Persée, aidé par son père Zeus, qui s’est depuis rendu compte de la machination de son frère, renvoie le dieu fourbe aux enfers. Enfin, Zeus offre Io comme épouse à Persée. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants nanani nananin.

La première chose qui m’a gêné dans ce film, et c’est une chose embêtante puisque centrale, c’est la tête du héros, à savoir Persée/Sam Worthington. J’avais déjà du mal avec Sam Worthington et son charisme de plat de nouilles dans Avatar, je n’espérais pas le retrouver des milliers d’années plus tôt en toge, mais avec le même crâne rasé. Le héros grec a ici la tête d’un marine en partance pour l’Afghanistan – je ne connaissais pas cette version G.I. Joe du mythe de Persée. Pendant tout le film, on se dit avec agacement que Persée, c’est le genre de gars, tu lui racontes une blague et, le regard vide, il te demande avec sa voix à la Rambo : « J’ai pas compris. On doit tuer qui ? », pour rajouter aussitôt après : « Les dieux, c’est tous des PD ! »… Et il n’est pas le seul dans ce cas. A vrai dire, toute sa bande joue un peu dans le même registre virilo-dramatique. Je me doute bien que la mythologie, grecque en particulier, est sanglante et violente, mais autant de sérieux, diantre ! 

Le reste du casting a l’air d’être là pour toucher son gros chèque. Liam Neeson-Oscar Schindler et Ralph Fiennes-Amon Göth se retrouvent, l’un dans une armure en strass et paillettes à rendre jaloux Mr Propre, l’autre arborant un look à la divinité scandinave, avec lequel il ressemblerait plutôt à un Père Fouras très rancunier. Io est interprétée par la ravissante Gemma Arterton. Rien d’autre à ajouter. Et Draco par le charismatique (moins dans le film) Mads Mikkelsen.

Ensuite, je trouve que les effets spéciaux sont plus ou moins réussis. Ça reste du grand spectacle et certains passages ne sont pas trop mal. Le Kraken est bien fait et la dernière partie est sans doute la mieux réussie. En gros : c’est rythmé mais brouillon, c’est plein d’action en veux-tu en voilà, ça ne demande pas beaucoup de réflexion, dans la veine des films parrainés par Skyrock ; enfin, l’ensemble manque sérieusement de poésie et finalement l’on ne s’attache pas vraiment ni à la trame, ni aux personnages.

Certains pourront également être gênés par cet enchevêtrement de mythes et de mythologies, dans lequel le Kraken nordique côtoie la Méduse grecque et les Djinns de l’islam… à tel point qu’on se dit qu’on va finir par croiser le Père Noël et sa bande de lutins chasseurs de monstres, aidés par le révolutionnaire Jésus et ses apôtres psychopathes qui portent tous un collier en dents du Léviathan. Bon, je suis ici de mauvaise foi, car à vrai dire, en ce qui me concerne, ce mélange mythologique ne m’a pas incommodé et j’ai même trouvé l’idée amusante. De toute façon, les puristes de la mythologie grecque, d’abord ne regarderont jamais ce film, j’en suis certain, sous risque de mourir d’infarctus dès les premières minutes, et se contenteront de rappeler aux néophytes qu’Hadès n’était pas le grand méchant que Disney ou ce film veulent nous montrer, mais simplement le dieu des mondes souterrains et par là même, une divinité chtonienne. Il en fallait bien un ! Dans le mythe, Acrisios est le père et non le mari de Danaé. Enfin, en même temps, vu les mœurs dissolues de l’époque, père ou mari, ça revient à peu près au même. Dernière chose : dans le mythe, Persée devient roi d’Argos après avoir épousé Andromède, quand ici il retrouve Io et redevient pécheur. Entre roi et pécheur, c’est vrai que le choix est vite fait !

Le clou du spectacle !

Mais surtout ! Surtout ! C’est la présence soudaine de Mouloud Achour, journaliste sur Canal +, en tant que chasseur de monstre, qui a provoqué chez moi des crises de rires pendant une bonne partie du film. Au début, je ne savais pas que c’était lui, et donc je riais en me disant que ce type ressemblait vachement au chroniqueur du Grand Journal. Et puis, victime d’un doute de plus en plus grand, j’ai interrompu le film, je me suis renseigné et j’ai découvert la Sublime Vérité. A partir de là, chaque intervention de notre ami animateur barbarement vêtu m’a rempli d’une joie saine et d’un fou rire catalysé. Ça, c’était vraiment le clou du spectacle ! Merci Mouloud ! 

Haydenncia