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Top et flop 2015 : des films, des séries et des livres.

Top 2015

          Surprise ! Voilà que je reviens le temps d’un petit compte-rendu de mon année cinéma 2015, après un long silence sur le blog depuis… Mad Max : Fury Road ! Tiens tiens, justement (re)parlons en du Guerrier de la route. Dans ma critique du dernier bébé de George Miller, j’étais dithyrambique, et je le suis toujours, si ce n’est plus. A chaque nouvelle vision, c’est une véritable merveille cinématographique qui s’offre à mes yeux. L’odyssée furieuse et poussiéreuse est sans doute l’un des plus grands spectacles vus sur grand écran depuis très longtemps, et en même temps le rythme frénétique réussi un exploit rare de nos jours : un sens du découpage épuré et toujours compréhensible, même embarqué sur des bolides lancés à 300 km/h sur les routes de la Désolation ! Les deux premiers Mad Max avaient redéfinis le film de bagnoles en leur temps, Fury Road vient apporter sur un plateau le cinéma d’action du futur. De nouvelles normes dont on sait déjà qu’elles seront cyniquement balayées par les petits malins d’Hollywood.

        Mon adoration de Mad Max n’a d’égale que celle pour Vice-Versa, l’un des Pixar les plus bouleversants, sincères et humanistes récents. Cela fait du bien après cinq ans de baisse qualitative (suite au rachat par Disney ?). Si j’étais loin d’être convaincu par le character design au moment de la bande-annonce, la vision du film a dissipé mes craintes et fait ressortir la part enfantine en moi, engloutie par tant de déception quant au monde sordide des adultes. C’est bien là tout le génie du Pixar qu’on aime, savoir parler aux enfants et aux adultes mais toujours avec respect et sérieux. Quand les gosses compatissent avec une Riley pleine d’énergie et d’espoirs, les parents se confrontent aux désillusions de la vie adulte, et toute la famille communie.

Vice-Versa
                                                 Vice-Versa, de Pete Docter et Ronaldo Del Carmen

        Espoir et désillusion. Ces thématiques ressortent dans nombre de films de l’an dernier justement. Monstrueux flop, A la poursuite de demain mérite pourtant toute notre attention. Divertissement vertigineux, univers visuel rafraichissant, et puis un discours qui fait du bien : et si, à tout hasard, on utilisait l’imagination comme porte d’entrée vers un avenir meilleur ? Kingsman ne démérite pas non plus pour qui recherche un actionner décomplexé et original, et nul doute que la scène de l’église restera dans la mémoire de nombreux spectateurs, à condition, cela va de soi, de ne pas être trop attaché à Jésus fucking Christ. Ancien dévot d’un Dieu extraterrestre, Tom Cruise renfile une cinquième fois la combinaison de l’agent Ethan Hunt dans Mission Impossible : Rogue Nation. Après un Jack Reacher radical, l’acteur retrouve le réalisateur et scénariste Christopher McQuarrie pour un épisode survolté et brillamment mis en scène. On aime ou pas Tom Cruise l’homme, mais l’acteur fait encore une fois des merveilles en termes de scénographie d’action et d’auto-critique de sa propre image. Au final, Rogue Nation est un chouilla en dessous de Ghost Protocol (n’est pas Brad Bird qui veut), mais se révèle être le film d’action intelligent et jouissif que l’on était en droit d’attendre.  Autre spectacle de grande envergure mais cette fois-ci avec une dimension politique des plus subversives, La Bataille de la Montagne du Tigre prouve à qui veut l’entendre que Tsui Hark est un grand du cinéma. Je dis ça parce que le mec est encore inconnu du grand public alors qu’il ne cesse de proposer des claques filmiques depuis bientôt quarante ans… Avec son dernier né, il enfonce toujours plus de portes quant à l’orientation politique de son pays tout en réalisant un film d’aventures tel que l’industrie du cinéma n’en fait plus depuis les années 60. BOUYA ! Il faut se tourner vers un film inédit chez nous et qui ne sortira sans doute jamais, SPL 2, pour trouver un autre gros morceau de cinéma d’action comme on n’en fait plus. Dix ans après SPL, le génial Wilson Yip laisse la réalisation à Cheang Pou-soi mais reste producteur de la bombe qui compte sur un Tony Jaa encore plus énervé que d’ordinaire.

        Après la douche froide A la Merveille, difficile à digérer après cinq chefs-d’œuvres consécutifs, Terrence Malick retrouve la grâce mystique et le secret du montage dont il a le secret. La bande-originale de Knight of Cups est tout simplement sublime, la photographie est divine, Christian Bale est dépressif mais sans le costume de Batman, et punaise, la narration fragmentaire de Malick est l’une des plus belles choses qui soient arrivé au cinéma.

Knight of Cups
                                                          Knight of Cups, de Terrence Malick

        George Miller : 70 ans. Terrence Malick : 72 ans. Steven Spielberg : 69 ans. De jeunes cinéastes qui seront l’avenir du cinéma ! Révolutionnaires il y a 40 ans, révolutionnaires en 2015. Spielberg vise l’épure formelle dans un Pont des Espions qui côtoie la matière historique brut de Munich, apte à faire réfléchir le spectateur sur les événements contemporains et leurs apparences médiatiques. Tom Hanks y est magistral en homme prêt à tout pour défendre ses idéaux, respecter ses principes et ainsi rester debout.  Si le « cinéma naïf » de Spielberg comme aime à le nommer ses détracteurs est un cinéma qui porte espoir en l’homme et en son intelligence, porté par l’un des plus grands acteurs américains en activité et réalisé avec maestria, je veux du « cinéma naïf » tous les jours. Désillusions et espoirs encore et toujours avec Sea Fog (Les Clandestins en VF) écrit par Bong Joon-ho et réalisé par Shim Sung-bo. Le quotidien de pêcheurs sud-coréens en difficulté financière (nous sommes au lendemain de la crise financière asiatique) obligés de transporter des migrants chinois. Rien ne se passe comme prévu évidemment, et même si l’on s’attend à des turning-points de malade comme les films sud-coréens nous ont habitués, c’est peu dire que lorsque le récit dégénère, c’est complètement taré et tragique. Imaginez une salle entière qui arrête de respirer, et vous aurez une idée du truc. Pour un premier film, c’est assez dingue, et le mec trouve même l’audace de mettre en place une romance touchante au milieu d’un film des plus sombres.

        La matière historique encore au cœur de deux films qui n’ont pour le coup rien à voir. Clint Eastwood revient sur l’histoire du temps présent – la guerre en Irak – avec American Sniper, plutôt bien réussi mais pas non plus extraordinaire. László Nemes revient quant à lui sur la Shoah avec Le fils de Saul, et plus précisément sur les Sonderkommando. Le réalisateur Hongrois bouscule les représentations des camps de la mort avec de longs plans-séquences à la première personne, exploite à 200% le fond sonore et la dimension sensorielle. Les Cahiers du Cinéma crient au scandale devant cette « immersion » malsaine, Claude Lanzmann adoube, et moi franchement,  je n’en sais rien. Je n’ai rien à reprocher au dispositif en lui-même, qui ne me parait pas malsain ou déplacé, mais au final que reste-t-il du film à part cela, quel message laisse t-il à supposer qu’il y en ait un ?

Crimson Peak, de Guillermo del Toro
                                                     Crimson Peak, de Guillermo del Toro

        On rentre maintenant dans la catégorie des films mineurs, mais qui méritent qu’on les défendent un minimum. Jupiter Ascending est trop mal monté et scénarisé pour pouvoir vraiment décoller, mais son univers SF est plus que réussi et foutraque pour qu’il puisse apparaître dans cette liste. Hacker aussi est complètement à côté de la plaque, le scénario et les personnages virent à la caricature, et pourtant ça fonctionne, c’est parfois fun et haletant et puis c’est Michael Mann qui filme, et ça se voit. Même Guillermo del Toro m’a un peu déçu l’année dernière, son Crimson Peak est certes magnifique visuellement, mais je n’ai pas un moment eu des frissons, incapable de rentrer dans un récit assez plat, conventionnel et pourtant novateur sur certains points, mais aux personnages assez inconsistants. The Walk de Robert Zemeckis est très plaisant, mais là aussi ça ne va pas plus loin. The Big Short, La Peau de Bax, Foxcatcher, The Visit, Big Eyes et La isla minima ont aussi été d’agréables surprises sans lendemain, trop sages et conventionnels pour rester gravés dans la mémoire, à part quelques scènes. On a fait beaucoup de bruit pour Sicario, du décidément bankable Denis Villeneuve. Comme disait le regretté Pierre Desproges à propos de tout autre chose, « c’est beau mais c’est con ». Coquille vide au scénario qui n’avance pas du début à la fin ou presque, Sicario est avant une bonne occasion de revoir Benicio del Toro dans un rôle à sa mesure et des plans somptueux, mais pour une histoire avec les Cartels, on retournera voir Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia de Peckinpah ou No Country for Old Men des frères Coen. Il me faudra revoir Inherent Vice, la première vision m’ayant laissé perplexe, et pourtant c’est tout à fait ma came. Mais retrouvons de suite Joaquin Phoenix qui, devant la caméra de l’infatigable Woody Allen, devient un professeur de philo dépressif et qui fait de l’effet à ses étudiantes. Drôle, cinglant, tragique et intelligent, L’homme irrationnel est plus que recommandable.

         Au rayon des bonnes surprises et des films qui sortent de nul part, signalons Magical Girl, œuvre radicale dans ses partis pris qui laisse sans voix, ainsi qu’un autre premier film, le français Ni le ciel ni la terre qui parvient à se jouer des codes du film de guerre, du drame intimiste et même de la mythologie lovecraftienne, rien que ça. Ex Machina lorgne aussi du côté de l’intime pour parler transhumanisme, et puis surtout Oscar Isaac pète un câble et danse sur « Get Down Saturday Night », comme ça, sans prévenir.

         Quentin Dupieux continue son exploration de l’absurde et du non-sensique avec une Réalité extravagante et poilante. L’excellent Kevin MacDonald pour sa part peaufine l’imbrication des tensions géopolitiques et du cinéma d’enquête avec Black Sea, où un Jude Law impérial nous emmène dans un huit-clos sous-marin tendu comme un string. Le film Les Nouveaux Sauvages est bien espagnol, pas de doute, on retrouve une influence de la folie dégénérée d’Alex de la Iglesia dans un film en segments certes très classique dans sa conception, mais tellement barré et anti-consensuel dans son discours. Barré l’est aussi l’un des trois (!) films sortis en 2015 par Sono Sion : Why Don’t You Play in Hell ? Des hectolitres de sang, des yakuzas, des babes qui tranchent des têtes, une mise en abime du processus de création d’un film, que voulez-vous de plus ? A côté, Tarantino passe pour du Arnaud Desplechin, revenu avec Trois Souvenirs de ma jeunesse, film littéraire sensible et exigeant. It Follows n’a pas été le grand film d’horreur que l’on vantait partout mais force est d’admettre qu’il travaille notre imagination pendant le sommeil, l’idée de base demeurant bien travaillée. C’est à Nanni Moretti que l’on attribuera l’un des films les plus émouvants de 2015. Mia Madre, ou comment terminer l’année en beauté avec une Margherita Buy superbe, et dont les quinze dernière minutes et la réplique finale sont un sommet d’émotion rare. Bon bien sûr, c’est encore loin de la sincérité émotionnelle de Sharknado 3, mais difficile d’égaler le maître.

Sharknado 3
                                      Sharknado 3 : Oh Hell No! d’Anthony C. Ferrante
Why Don't You Play in Hell ?, de Sono Sion
                                                   Why Don’t You Play in Hell ?, de Sono Sion

          Il parait qu’une nouvelle Guerre des étoiles a eu lieu en fin d’année dernière. Star Wars : Le Réveil de la Force est conforme à mes attentes : sans grande surprise et assez télévisuel, trop juché sur le fan-service et parfois bavard, le film se laisse néanmoins regarder.

        Parlons maintenant des mauvais souvenirs ! Jurassic World, Terminator Genisys (sic), Avengers 2, San Andreas… 2015 nous a une fois n’est pas coutume gratifié de beaux étrons filmiques dont le budget marketing pourrait aisément réduire la faim dans le monde. Surdécoupés, écrits avec les pieds, joués par des acteurs dont le charisme dépasse rarement celui d’un poulpe albinos, les qualificatifs ne manquent pas pour parler de ces films.  Le règne des franchises pop-corn bat son plein et ce n’est pas prêt de s’arrêter vu le planning foie-gratisé des Marvel et autres. L’hérésie est double quand il s’agit d’une trahison totale à un univers de fiction mythique. Putain, Schwarzy, si c’est pour ça, fallait pas revenir.

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Terminator Genisys, d’Alan Taylor

Excellent comics, Ant-Man est porté à l’écran, et je n’en attendait plus grand chose depuis le départ d’Edgar Wright. Du matériau de base, le film n’en tire presque rien et se contente d’enchaîner les séquences d’action sans ampleur entrecoupées de vannes qui ne font rire que Nabilla et Donald Trump. Dans Ant-Man, on nous explique ce qui va se passer avant que ça se passe, puis ce qui se passe pendant que ça se passe, et enfin ce qui s’est passé après (parce que les autres personnages ne le savent pas voyez-vous). De l’anti-cinéma pur jus.

Séries TV 2015

        On a pu se régaler encore une fois avec les séries TV. The Leftovers m’a encore procuré le même sentiment que la saison 1, l’envie de sortir dans la rue et de prendre les gens dans les bras. La musique minimaliste de Max Richter porte admirablement aux larmes, les liens entre les personnages sont bouleversants, bref c’est une sérié à la portée existentielle comme il en existe trop peu.

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                                                                           The Leftovers (HBO)

Bien différent mais pourtant pas tant que ça à y regarder de plus près, Sense8 emporte le spectateur dans une quête intérieure profonde et complexe dans laquelle on note tout de suite la marque des Wachowski. La politique, le genre, l’identité ou encore la religion sont traités par le biais de huit personnages dont certain paraissent caricaturaux au départ, mais qui finissent tous par avoir une place primordiale dans un récit dense et palpitant. On retrouve le tissu sociologique cher à David Simon dans la mini-série Show Me A Hero, récit de la vie politique et sociale d’une banlieue new-yorkaise entre 1987 et 1994, l’ascension et la chute d’un jeune maire campé par Oscar Isaac. Une scène apparemment anodine de la série dit tout : une habitante de la ville, opposé à un projet municipal de construction de logements sociaux, appelle la mairie et tombe directement sur le maire. Tous les deux sont surpris, et n’arrivent pas se parler sans intermédiaire. Et si, pour aller mieux, on se parlait ? A voir l’année 2015, celle de la vie réelle et non pas celle du cinéma, ce serait effectivement pas mal. Lazy Company s’est achevé l’année dernière avec une troisième saison beaucoup plus sombre, malgré de nombreuses touches d’humour toujours excellentes, et des acteurs toujours aussi impliqués et talentueux à commencer par Alban Lenoir.

Livres 2015

        Parce qu’il n’y a pas que le cinéma dans la vie, mais aussi les livres sur le cinéma, il me faut mentionner deux ou trois choses à lire d’urgence. D’abord, la bible sur le stakhanoviste Jess Franco est enfin arrivée et est tout simplement gargantuesque. Avec Jess Franco ou les prospérités du bis, Alain Petit nous régale d’analyses, de dissections, d’entretiens avec le maître et j’en passe, son bébé de 3,3 kg est un must pour qui aime le cinoche de genre. Jacques Thorens et son Brady, cinéma des damnés se doivent aussi de figurer dans votre bibliothèque de cinéphiles déviants. Une approche drôle et sensible du mythique cinéma de quartier et même des anecdotes sur Jean-Pierre Mocky sont à signaler à propos de cet excellent livre fait de souvenirs fragmentaires. Toujours cinéma de genre, décidément, avec le volume 2 du magnifique Midi-Minuit Fantastique dans lequel on retrouve – roulement de tambours – le numéro 8 « Érotisme et épouvante dans le cinéma anglais », incontournable texte s’il en est.

         Dans nos kiosques, accueillons un nouveau venu dans le secteur cinéma avec la très classe Septième Obsession. Bi-mensuel au papier luxueux, les deux premiers numéros détonnent par des analyses fines, des rubriques originales et un choix éditorial bienvenu qui n’enferme jamais le 7ème art dans des cases préétablies. Alors longue vie à la Septième Obsession !

      Trop de choses encore à signaler du côté des rééditions mais n’en gardons qu’une : Le Venin de la peur de Lucio Fulci est désormais visible dans les meilleures conditions grâce au Chat qui Fume.

Le Venin de la Peur de Lucio Fulci, chez Le Chat qui Fume
                     Le Venin de la Peur de Lucio Fulci, chez Le Chat qui Fume

P.S. : Bonne année !

P.S. 2 : Oui je sais, j’ai découvert qu’on pouvait mettre des gifs avec WordPress, alors je me fais plez’ !

Dr. Gonzo

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Ciné/Fusion participe aux Golden Blog Awards !

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Salut à toutes et à tous (à toi aussi Gaspard le petit saumon qui tente de remonter le courant des rivières),

 

        Un petit mot pour vous dire que nous participons aux Golden Blog Awards, la compétition qui sélectionne les meilleurs blogs dans une vingtaine de catégories.  Il va sans dire que nous sommes classé dans la catégorie « Cuisine »… Pour rappel, vous pouvez voter pour nous une fois par jour et ce jusqu’au 23 octobre.

Pourquoi voter pour Ciné/Fusion :

– Parce que pourquoi pas ?

– Parce que si vous ne le faites pas, vous aurez sur la conscience la mise en captivité de trois gentils pandas.

– Parce que, dans le monde des blogs de cinéma, Ciné/Fusion est quand même l’un des rares à défendre des films comme Howard the Duck, Maniac Cop 3 ou Universal Soldier 3 !

– Parce que cela permettra de réduire la chute de la croissance économique mondiale (rien que ça).

– Parce que cela nous permettrai d' »embaucher » un petit garçon asiatique pour relire nos fautes d’orthographe, revoir la mise en page, gérer les réseaux sociaux, ce genre de trucs quoi…

        Bon, vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire pour sauver le monde, c’est par ici que ça se passe : VOTER POUR CINE/FUSION

Haydenncia & Dr. Gonzo

Les temps sont durs comme des œufs plongés 10 minutes dans de l’eau bouillante…

Chères lectrices, chers lecteurs, cher(e)s transgenres.

Peut-être l’avez-vous remarqué (et si vous ne l’avez pas remarqué, cela signifie que vous ne venez plus nous voir, snif !), mais notre rythme de critiques subit dernièrement quelques ralentissements. Certes, nous ne sommes pas une usine destinée à produire sans discontinuité des produits identiques et sans saveur. Nous sommes des artisans, monsieur ! Mais, Cinefusion essuie des restrictions budgétaires et les Chinois veulent nous racheter… Toujours le moyen de profiter de l’occasion, ces petits salauds ! Et dire que ça a construit la Grande Muraille…

Hem… N’exagérons rien – je m’emporte un peu. En réalité nos activités actuelles au Dr Gonzo et à moi-même ne nous permettent pas d’écrire le nombre de critiques que nous souhaiterions. Mai et juin sont en effet assez chargés, et malheureusement la rédaction de critiques passe au second plan. C’est ça quand on travaille à l’Élysée (c’est ça quand on vide les poubelles des cuisines de l’Élysée serait plus juste). Moi-même je crains ne plus savoir à quoi ressemble une salle de cinéma. Est-on passé à la couleur récemment ? Ne me dites pas qu’Errol Flynn est mort ! Ne me dites pas que Michael Bay n’est pas mort !

Pourtant, ce n’est pas l’envie qui manque, mais le temps ! Et le temps, c’est un milieu indéfini et homogène dans lequel se situent les êtres et les choses et qui est caractérisé par sa double nature, à la fois continuité et succession. Et sans glaçons, en plus. Sans glaçons…

Bref, le moteur repartira de plus belle au moment voulu, et alors putain les gars ça va tronçonner sec ! Mais pour l’heure, ce sera au compte-goutte, hélas. Une critique tous les deux ans, ça devrait aller 😉

Bref, we keep in touch ! Prenez soin de vous les loustics, et pour se remonter le moral en ces temps difficiles, faites un tour sur ce site pionnier, aujourd’hui peut-être un peu seul, mais demain, futur modèle !

On se retrouve dans une autre vie (le type complètement déprimé ^^)…

Bonhomme Cinefusion

Haydenncia, votre cher et tendre (en promotion ces temps-ci)

Avril au cinéma : le spectateur-légume, et l’art de faire passer des navets pour du caviar

Homer

        En ce début du mois de mai, il me semble important de revenir rapidement sur le terrible mois précédent en matière de sorties cinéma. Pourquoi ? Parce que rarement le spectateur n’a été pris autant pour un bouffeur de pop-corn ignare et dénué de toute conscience. Qu’on se le dise, il n’est pas question ici de recourir à un discours réactionnaire ou nostalgique (le fameux « c’était mieux avant« ), car ce serait là un danger pour n’importe quel amoureux du cinéma qui se respecte. A toute époque correspond son lot de nanars, de chefs-d’œuvres et de « films-que-l’on-aime-sur-le-moment-mais-que-l’on-a-oublié-une-semaine-après » (ils sont nombreux dans cette dernière catégorie). Ce qu’il y a de nouveau et d’inquiétant, c’est plutôt la proportion du cinéma « débilisant » et sa prise en otage des outils de marketing.

        Accaparant le temps d’audience réservé au cinéma, les acteurs et réalisateurs véhiculent leur propagande à peine voilée, se congratulent mutuellement : tel réalisateur est le meilleur metteur en scène, tel acteur a vécu l’expérience la plus inoubliable de sa carrière (bizarrement, il dit cela pour chaque film). Ajoutez-y des journalistes qui évitent soigneusement toute question rigoureuse, ou alors qui, dans un moment de grâce divine, posent des questions n’ayant rien à voir avec le sujet, ce qui permet par exemple à Sophie Marceau de nous dire pour qui elle a voté en 2012. Les spectateurs sont ainsi dès le départ orienté dans leur sortie cinéma du week-end, ils n’entendent parler que des films qu’on veut bien leur montrer. Allez donc essayer de trouver plus de 10 salles qui projettent Aux Yeux des Vivants, le dernier film d’horreur made in France du duo Alexandre Bustillo/Julien Maury ! Certes, leur précédent film, Livide, était ponctué de lourdeurs et défauts, mais le duo apporte de la fraîcheur dans un paysage cinématographique cloisonné, et surtout ose mettre les pieds dans le cambouis pour proposer du nouveau. Alors, M. Montebourg, il serait temps de défendre le made in France au cinéma aussi, avant que tout le monde ne partent faire carrière à l’étranger (comprendre à Hollywood) !

        Que nous on donc proposé les films sortis en avril alors ? Le cinéma français, globalement, continue sur sa lancée classique, on ne change pas une équipe qui gagne. On trouve encore une fois des films qui partent d’un enjeu ou aspect de société pour en faire quelque chose de très consensuel, prenant soin de ne blesser personne et de rassembler. La formule magique du cinéma populaire français, en soit, c’est d’affirmer un côté subversif et progressiste alors que son discours est au final bien conservateur. Chacun reste à sa place, et tout va bien dans le meilleur des mondes, même dans les films comiques qui utilisent les scènes humoristiques pour éclipser le vrai propos (voir Intouchables). En cela, la vie quotidienne et l’expérience des acteurs/scénaristes constitue le premier vivier à histoires. L’incompréhension entre les générations demeure un thème privilégié, comme en témoigne Avis de Mistral, énième film traitant la jeunesse de façon caricaturale, faisant des adolescents des êtres à l’état végétatif communiquant entre eux à base de « PTDR », « j’te kiffe hashtag love putain » ou encore « trop swag ». Oui il en existe des ados comme ça, pas plus de 3% du total des adolescents… Qu’est ce qu’on a fait au Bon Dieu ? vient porter le coup fatal à la comédie française. Réalisé comme un épisode « de luxe » de Joséphine ange gardien, le film prétend jouer sur les clichés racistes pour mieux les dénoncer. C’est tout l’inverse : il se joue des défenseurs du multiculturalisme et de la mixité pour mieux les dénoncer. Il symbolise à lui seul le fantasme de l’élite, fière de sa bonne conscience et qui dispose des moyens nécessaires pour travestir son idéologie dans le cinéma populaire. Le Juif joue le Juif, l’Arabe joue l’Arabe et le Noir joue le Noir. L’image donnée est celle d’une France rassurée qui intègre les différentes communautés dans un melting-pot idyllique. A moins de vivre dans une grotte, n’importe qui sait que la réalité est tout autre, que la France est toujours autant divisée en ce qui concerne les questions de classes sociales, culturelles et ethniques. Le calme revient un peu pendant quelques temps quand l’équipe de France gagne la Coupe du monde, c’est vrai…

They Live (1988) de John Carpenter
They Live (1988) de John Carpenter

        Dernier film en date, Barbecue nous embarque quant à lui dans des discussions nombrilo-centrées entre adultes bornés autour d’un barbecue Weber. Le tout est évidemment sponsorisé par Marmiton, mais aussi par l’UMP à n’en pas douter. Non content d’offrir un grand moment de dérision aux spectateurs, l’équipe du film a cela de brillant qu’elle nous donnerai presque l’impression de croire au projet, notamment dans les (nombreuses) interviews ou l’on nous apprend qu’il s’agit d’un réel film engagé porteur de réflexions existentialistes. C’est bien là que se trouve la cerise sur le gâteau (ou sur le sunday comme dirait nos cousins québécois), cette faculté à faire passer un mauvais film pour un morceau de bravoure héritier de Kubrick. Décidément, le cri d’alarme de Vincent Maraval semble loin, même si depuis plusieurs personnalités ont vivement remis en cause le manque de créativité du cinéma français, de Jean Rochefort à Catherine Deneuve en passant par Léa Seydoux. Ah non pardon, c’est Léa Seydoux qui est remise en question en fait (c’est vraiment utile une oreillette dans ces moments-là). Et puis la vraie question demeure : quel sera le titre du prochain film avec Franck Dubosc ? Camping, Barbecue, … Ah je le tiens ! Ce sera sans doute Caravane, parce qu’il faut bien trouver un moyen de transport pour se rendre au camping et faire des barbecues, donc Caravane sera le prequel expliquant les origines des deux premiers. J’ai hâte !

        Outre-Atlantique, ce constat de hold-up cérébral est à peu près similaire. Le mois d’avril nous aura apporté quelques pépites de néant cinématographique. Surfant sur la vague heroic-fantasy pour teenagers, Divergente se base sur un succès littéraire récent. Sans remettre en question la qualité du film, on notera simplement ce phénomène de simplification qui consiste à tout expliquer aux spectateurs et à lui ôter toute possibilité d’imagination. Vous ne savez pas qui est gentils dans Divergente, ne vous inquiétez pas on vous a simplifié la tâche : il y a des groupes qui s’appellent les Altruistes, les Sincères et les Fraternels.

– « C’est con ce que tu dis.

– On s’en fout, c’est pour la télévision française. »

       A-t-on oublié à ce point la faculté de métaphoriser, de représenter une idée par une autre, ou tout autre figure de style qui compose la grammaire du cinéma ? Si l’on se porte sur l’ultra attendu The Amazing Spider-Man 2, la réponse est oui. Ciblant les moins de 12 ans, la nouvelle aventure de l’homme araignée prend garde de n’offrir aucune profondeur dramaturgique, fait de Peter Parker un jeune homme arrogant et séducteur (what the fuck ?), et fait apparaître des personnages qui ne sont là que pour alourdir un scénario déjà indigeste. Et puis si quelqu’un a compris le fonctionnement des pouvoirs d’Electro, qu’il se présente ! Encore une fois, on nous explique absolument tout, même ce qui semble tout bête. Une voix off nous rappelle dans quel lieu on se trouve, les personnages résument les événements précédents (que l’on a vu mais c’est au cas où on n’aurait pas tout compris)… De toute manière, avec les bandes-annonces, les affiches et autres produits marketing du film que l’on nous envoie dans la tronche depuis un an, on connait presque tout du film, jusqu’au final. Ce deuxième film n’est qu’un autre épisode transitoire vers l’ultime volet « épique » et « visionnaire » qui doit clore la saga !!! Donc, ce n’est pas grave s’il ne se passe rien, il fera un carton au box-office, tout comme Man of Steel, dans lequel Zack Snyder cherche pendant 2h30 quel est le sens du « S » sur le costume de Superman.

They Live, encore.
They Live, encore.

          A côté de cet amas de  films fumeux, vous me direz qu’il y a bien eu de bonnes surprises en avril. C’est vrai, on a pu retrouver un Nicolas Cage enfin revenu de l’enfer des séries B et Z (Joe) ou un Woody Allen exquis aux côtés de John Turturro (Apprenti Gigolo). Quant aux spectateurs qui n’ont pas pensé qu’il s’agissait d’une version masculine de « Martine trait les vaches« , ils ont pu apprécier Tom à la ferme. Mais la distribution drastique de ces films ne nous fait pas oublier que l’originalité n’est pas franchement la bienvenue dans les salles obscures et que les multiplexes continuent d’étendre leur logique de normalisation cinématographique. Plus que jamais ami(e)s cinéphiles, si vous voulez découvrir de nouveaux horizons cinématographiques, il semble que les salles de cinéma ne puissent répondre à cela, à moins de souscrire au formatage des pensées. Si nous prenons le cinéma comme « un des plus merveilleux baromètres culturels et sociaux dont nous disposions » pour reprendre Marc Bloch, alors la production actuelle reflète une image de repli identitaire, de peurs collectives archaïques enfouies, mais aussi d’une élite qui ne prend pas de gants pour conserver son hégémonie. Quant aux petits artisans indépendants qui veulent offrir du neuf (aussi bien niveau scénario que mise en scène ou autre), seule la solidarité et le partage des cinéphiles pourra leur permettre la reconnaissance qu’ils méritent.

P.S. : Au fait, j’aime le cinéma, rassurez-vous. Il fallait juste que j’évacue mes pensées noires sur les dernières sorties qui ont profondément ruiné mon mois d’avril. Je ne prétend pas non plus dicter ce qui est bon ou mauvais, beau ou laid, les appréciations n’engagent personne.

P.S. 2 : Avant que l’on me taxe d’anti-cinéma français, anti-patriote, dissident du goût ou autre , non je ne le suis pas, j’ai aimé plusieurs films français ces derniers temps.

P.S. 3 : Si vous lisez ce troisième P.S., c’est que vous avez tout lu. Félicitations !

Dr. Gonzo

Only Lovers Left Alive, de Jim Jarmusch (2014)

Des avantages et des inconvénients d’être un vampire :

Avantages :
– Charisme, charme sensuel sinon sexuel, beauté, intelligence, haute érudition, dentition parfaite, vision nocturne à 360 ° par beau temps.
– Immortalité (ou très longue vie) : permet de connaître les grandes heures de l’Histoire, d’assister à la construction des pyramides, de Notre-Dame, de vivre les moments forts de la Révolution française, de danser dans un cabaret des années folles, de rencontrer Léonard de Vinci, Van Gogh, Basquiat, de connaître l’invention de l’électricité, du cinéma et de la boîte de Tic-Tac.
– Pour les plus habiles, se transformer en chauve-souris et dormir la tête en bas : certainement une expérience !
– Etre à peu près sûr de ne jamais mourir de soif – source intarissable. Même les blattes ont du sang, alors…
– Ne pas avoir besoin d’ouvre-boîte (une bonne canine acérée fera l’affaire).
– Faire peur.

Inconvénients :
– Vivre uniquement la nuit, ou alors mettre une très très bonne crème solaire, et encore. Et par conséquent, avoir une peau affreusement diaphane. Manger des carottes pour avoir un meilleur teint.
– Immortalité (ou très longue vie) : ce qui oblige à se cacher sous l’Inquisition, sous la Terreur, à traverser les épidémies, les famines, les guerres de religion, les deux guerres mondiales, la création d’NRJ 12… Et puis, on ne se fait pas un peu chier, non, au bout d’un moment ?
– Etre obligé de se taper Chasse & pêche, M6 Music et les rediffusions de Midi en France quand on regarde la télé (bah oui, entre 2h et 4h, il n’y a que ça).
– Se méfier du décalage horaire à chaque fois qu’on voyage : partir à 2h du matin, ça va ; arriver à midi, ça va déjà beaucoup moins.
– Ne pas pouvoir manger de saucisson à l’ail.
– Se ruiner en achetant des bougies pour fêter son anniversaire (640 bougies ça revient à cher, mine de rien).
– Dormir dans un cercueil (mal de dos assuré, plus risque de se cogner la tête en se réveillant).
– Ne pas avoir de reflet dans son miroir – pas idéal quand on veut se raser. Mais, le vampire est généralement glabre et d’ailleurs, ni ses cheveux ni ses ongles ne poussent… Bordel, c’est un avantage, ça !
– Faire peur.

Adam, un musicien underground, et Eve, son énigmatique amante, vivent ensemble depuis plusieurs siècles. La vie de ces deux éternels se voit perturbée par l’arrivée d’Ava, la petite sœur d’Eve, et remet en question leurs rapports avec le monde moderne.

Only Lovers Left Alive

Only Lovers Left Alive, c’est l’histoire d’un couple de vampires au XXIe siècle. Adam habite à Détroit, Eve à Tanger. Même s’ils vivent séparément, ces deux-là s’aiment depuis… oh ! depuis un bon paquet de siècles (« Tu te rappelles notre première rencontre pendant la chasse au mammouth ? »). Bien sûr, on s’en doute, il y a eu des crises, de la vaisselle cassée et des « T’es comme ta mère, avec 250 ans en moins ! ». Malgré tout, ces deux-là sont vraiment mordus l’un de l’autre… Comment ? Trente coups de fouet pour ce jeu de mot ? Ok ok…

Deux vampires, donc, deux dandys flegmatiques, cultivés, civilisés même (boire du sang « à la source », ça ne se fait plus, voyons). Noctambules, nocturnes, ils flânent dans les rues ou se terrent chez eux. La nuit, ils passent relativement inaperçus – leurs canines ne poussent que quand ils doivent s’en servir, contrairement à Rachida Dati qui, elle, a tout le temps les dents longues (c’était l’instant ATTAQUE GRATUITE). Plus surprenant, ils ont même, parmi les humains, quelques « contacts », quelques intermédiaires qui les aident, à s’approvisionner en sang, à rester cachés, etc. Bonne idée du réalisateur. Il y a également d’autres vampires dans l’entourage de ce couple : un vieux poète britannique et une petite sœur imprévisible et… insatiable.

Désabusés, Adam et Eve s’accoutument tant bien que mal à cette société qui évolue sans cesse, à ce monde de plus en plus détérioré par les « zombies » (nous). Car c’est un peu le glas de leur race qui semble sonner, et la victoire d’une humanité inconsciente ; c’est un peu, finalement, le crépuscule des vampires que ce film nous montre. Eh bé ! Tu relis ça et tu applaudis.

Eve
Eve
Adam
Adam
Julien Lepers
Julien Lepers

Jarmusch a mis plusieurs années à préparer son film, et ça se ressent. Certains plans – mais c’est une habitude chez lui – sont de toute beauté, très stylisés et très précis. Le réalisateur filme notamment sa ville malheureuse, Detroit, de façon à la fois amoureuse et résignée : c’est une mégalopole presque fantôme, vide, qui a perdu de sa vivacité d’autrefois, elle, le fleuron de l’industrie automobile américaine. L’idée également de placer des vampires à Tanger est inhabituelle, et donc bienvenue. Ça change des éternelles Paris, Londres ou Vienne, villes « romantiques » donc « vampiriques ».

Enfin, Only Lovers Left Alive est rempli de petites phrases délicieuses (« Ça fait tellement XVe siècle ») et le tout est plein d’humour. Quand on est vampire, quelle date de naissance faut-il indiquer sur sa carte d’identité ? Et quand on s’appelle Arielle Dombasle ? Et puis, la bande-son est sympa (si on n’est pas suicidaire) ; en tout cas, elle colle parfaitement à l’ambiance du film.

Petite question pour une petite pause : existe-t-il des vampires végétariens et si oui, se contentent-ils de jus de betterave ?

Only Lovers Left Alive

Alors certes, on trouve quand même quelques séquences un peu longuettes, mais qu’on pardonne vite. L’ensemble est de toute façon suffisamment hypnotique pour nous captiver. Mais, n’est-ce pas là la force des vampires, ce pouvoir d’attraction devant lequel on cède et on tend son cou ? Et la fin est extra ! Sans parler des acteurs, véritablement excellents, notamment Tilda Swinton, parfaite et… chevelue.

Bref, Only Lovers Left Alive est un film tout à fait intéressant, décalé, nouveau, interprété par des acteurs attachants et beaux, et porté par une belle histoire sur fond de passions vampiriques et de désillusions séculaires. A voir à voir à voir. Bon, je cours m’acheter du boudin, moi.

Haydenncia

Bonne année et autres petites choses de la vie…

Cher lectorat adoré.

Ça y’est, 2013 se termine et 2014 s’apprête à passer la frontière, comme tous ces petits Maghrébins hirsutes et ces Roumains mal habillés. J’espère que l’année 2013 a été pour toi source de réjouissances et de félicité. T’as kiffé grave, mon cochon ! Alors que 2013 touche à sa fin et que tu t’apprêtes à regarder Arthur et ses amis célébrer Roch Hachana sur TF1, Cinefusion t’adresse ses meilleurs vœux pour l’année qui commence. Que tu sois chrétien, juif, musulman, abonné à Astrapi, cruciverbiste tendance hardcore ou Laurent Romejko, Cinefusion te souhaite une bonne année 2014 ! Par contre, si tu es bouddhiste et que tu aimes, comme Matthieu Ricard, ressembler à Mr Propre avec une robe, là, ça le fait pas ! Faut pas déconner ! C’est terminé, les croyances pacifistes – out, fini, game over ! « Nature et Découverte » ou Trésor-du-Tibet.com, tout ça, c’est démodé !  Il faut se moderniser, mon p’tit vieux !

Bonne année 2014

Souvenez-vous, lors de nos vœux pour la fin d’année 2012, Cinefusion vous avait posé quelques questions essentielles, sinon fondamentales. D’ailleurs, nous attendons les réponses de Frédéric Tarantino, comme promis. Cette année, nous avons décidé de faire, non pas le bilan de l’année passée, comme tant de journaux le font actuellement, mais celui de l’année à venir, et ce avec l’aide d’Emmett Brown et de Claude Alexis (les deux ont une coiffure improbable). C’est parti, mon junkie !

– Politique : Aïe ! Aïe ! Aïe !
– Economie : Aïe ! Aïe ! Aïe !
– Religion : Aïe ! Aïe ! Aïe !
– Météo : Aïe ! Aïe ! Aïe !
– Télévision : Vivement dimanche prochain de Michel Drucker devient Vivement demain.
AÏE ! AÏE ! AÏE !

Voilà, c’était le bilan de l’année 2014. Bonne année 😦

Toutefois, n’allez pas tout de suite chercher le nœud coulant, car voici quelques bonnes nouvelles divulguées à mon oreille par Elizabeth Teissier (« Non, Elizabeth Teissier n’est pas morte ! »). Eh quoi, un peu d’optimisme, que diable !

  1. En 2014, un bus transportant Lara Fabian, Johnny Hallyday, Morandini, Nabila, Dieudonné et Nadine Morano percute une camionnette avec à son bord Alain Delon, Benjamin Castaldi, Frigide Barjot, Booba, Bouvard et Les Chevaliers du Fiel. Le chauffeur du bus est béatifié ; son cortège funéraire rassemble plus d’un million de personnes.
  2. En 2014, la Chine décide d’exiler la moitié de sa population au Luxembourg « parce qu’on commence à être un peu trop serrés hihihi » (Xi Jinping). Le Grand-duc a une syncope.
  3. En 2014 : envoi du premier mouflon dans l’espace. Il faut bien un début à tout. En 2015, ce sera le tour d’une girafe.
  4. En 2014, la banquise a encore fondu et le niveau de l’océan encore monté, mais en même temps, c’est cool de pouvoir profiter de la mer quand on habite à Clermont-Ferrand.
  5. En 2014, le calendrier est totalement modifié. Noël passe en juin, les vacances de la Toussaint en avril et le 15 août en février. Le changement, c’est maintenant.
  6. En 2014, depuis Mars, le robot Curiosity nous envoie ce message : « Kssshhh… Il n’y a pas de vie sur Mars…. Kssshhh… Par contre, il y a déjà un Mac Donald ! Kssshhh… ».
  7. En 2014, commémoration des Poilus, en partenariat avec Gillette, Wilkinson, Braun…
  8. En 2014, sortie de gros films : Godzilla Sin City 2 ; dernière partie du Hobbit (elle-même divisée en 3 sous-parties, une par semaine) ; The Grand Budapest Hotel ; Gone Girl ; Jojo les Burettes ou la véritable histoire de Nelson Mandela René, roi du métro ou encore Donne-moi ta mère que j’te recommence !

Calvin et Hobbes

Pour finir, quelques conseils pour passer une bonne année 2014.

  1. En 2014, on débranche TOUS LES MALADES EN FIN DE VIE !!! Pardon, je n’ai pas pris mon anxiolytique. En 2014, on débranche son portable au moins une fois dans l’année et on écoute « Chants sioux au clair de lune » dans les vapeurs d’encens. Au moins la piste 1. Vous verrez, ça fait fichtrement du bien. Hayayaya Hayayaya !
  2. En 2014, on fait du sport. On se défoule, on court, on transpire les 4-5-6 janvier et ensuite : total farniente pendant le reste de l’année ! C’est ça, la vie.
  3. En 2014, on ne s’approche plus des maternelles tout nu. On peut continuer avec les maisons de retraite.
  4. En 2014, on arrête d’insulter les pauvres… Pourtant, c’est marrant… Mais, on arrête…
  5. En 2014, on va sur Cinefusion. En 2014, on va sur Cinefusion. En 2014, on va sur Cinefusion. En 2014, on va sur Cinefusion. En 2014, on va sur Cinefusion. En 2014, on va sur Cinefusion. En 2014, on va sur Cinefusion. En 2014, on va sur Cinefusion. En 2014…

Voilà. Dr Gonzo et moi-même souhaitons à toutes et à tous ce qu’il vous faut de mieux pour l’année qui commence : bons résultats scolaires, amour, argent, naissance, mariage, sortie de prison…

Quoi qu’il en soit, cette année sera une année pleine de mystère, décidément aussi hermétique que les Saintes Ecritures ou le slip de David Pujadas. Gros bisous. Et n’oubliez pas : ce soir, si tu tiens à quelqu’un, tu le retiens ; mais si tu n’y tiens pas beaucoup, laisse-le partir bourré sur l’autoroute.

Haydenncia