Archives du mot-clé Cinéma

Top et flop 2015 : des films, des séries et des livres.

Top 2015

          Surprise ! Voilà que je reviens le temps d’un petit compte-rendu de mon année cinéma 2015, après un long silence sur le blog depuis… Mad Max : Fury Road ! Tiens tiens, justement (re)parlons en du Guerrier de la route. Dans ma critique du dernier bébé de George Miller, j’étais dithyrambique, et je le suis toujours, si ce n’est plus. A chaque nouvelle vision, c’est une véritable merveille cinématographique qui s’offre à mes yeux. L’odyssée furieuse et poussiéreuse est sans doute l’un des plus grands spectacles vus sur grand écran depuis très longtemps, et en même temps le rythme frénétique réussi un exploit rare de nos jours : un sens du découpage épuré et toujours compréhensible, même embarqué sur des bolides lancés à 300 km/h sur les routes de la Désolation ! Les deux premiers Mad Max avaient redéfinis le film de bagnoles en leur temps, Fury Road vient apporter sur un plateau le cinéma d’action du futur. De nouvelles normes dont on sait déjà qu’elles seront cyniquement balayées par les petits malins d’Hollywood.

        Mon adoration de Mad Max n’a d’égale que celle pour Vice-Versa, l’un des Pixar les plus bouleversants, sincères et humanistes récents. Cela fait du bien après cinq ans de baisse qualitative (suite au rachat par Disney ?). Si j’étais loin d’être convaincu par le character design au moment de la bande-annonce, la vision du film a dissipé mes craintes et fait ressortir la part enfantine en moi, engloutie par tant de déception quant au monde sordide des adultes. C’est bien là tout le génie du Pixar qu’on aime, savoir parler aux enfants et aux adultes mais toujours avec respect et sérieux. Quand les gosses compatissent avec une Riley pleine d’énergie et d’espoirs, les parents se confrontent aux désillusions de la vie adulte, et toute la famille communie.

Vice-Versa
                                                 Vice-Versa, de Pete Docter et Ronaldo Del Carmen

        Espoir et désillusion. Ces thématiques ressortent dans nombre de films de l’an dernier justement. Monstrueux flop, A la poursuite de demain mérite pourtant toute notre attention. Divertissement vertigineux, univers visuel rafraichissant, et puis un discours qui fait du bien : et si, à tout hasard, on utilisait l’imagination comme porte d’entrée vers un avenir meilleur ? Kingsman ne démérite pas non plus pour qui recherche un actionner décomplexé et original, et nul doute que la scène de l’église restera dans la mémoire de nombreux spectateurs, à condition, cela va de soi, de ne pas être trop attaché à Jésus fucking Christ. Ancien dévot d’un Dieu extraterrestre, Tom Cruise renfile une cinquième fois la combinaison de l’agent Ethan Hunt dans Mission Impossible : Rogue Nation. Après un Jack Reacher radical, l’acteur retrouve le réalisateur et scénariste Christopher McQuarrie pour un épisode survolté et brillamment mis en scène. On aime ou pas Tom Cruise l’homme, mais l’acteur fait encore une fois des merveilles en termes de scénographie d’action et d’auto-critique de sa propre image. Au final, Rogue Nation est un chouilla en dessous de Ghost Protocol (n’est pas Brad Bird qui veut), mais se révèle être le film d’action intelligent et jouissif que l’on était en droit d’attendre.  Autre spectacle de grande envergure mais cette fois-ci avec une dimension politique des plus subversives, La Bataille de la Montagne du Tigre prouve à qui veut l’entendre que Tsui Hark est un grand du cinéma. Je dis ça parce que le mec est encore inconnu du grand public alors qu’il ne cesse de proposer des claques filmiques depuis bientôt quarante ans… Avec son dernier né, il enfonce toujours plus de portes quant à l’orientation politique de son pays tout en réalisant un film d’aventures tel que l’industrie du cinéma n’en fait plus depuis les années 60. BOUYA ! Il faut se tourner vers un film inédit chez nous et qui ne sortira sans doute jamais, SPL 2, pour trouver un autre gros morceau de cinéma d’action comme on n’en fait plus. Dix ans après SPL, le génial Wilson Yip laisse la réalisation à Cheang Pou-soi mais reste producteur de la bombe qui compte sur un Tony Jaa encore plus énervé que d’ordinaire.

        Après la douche froide A la Merveille, difficile à digérer après cinq chefs-d’œuvres consécutifs, Terrence Malick retrouve la grâce mystique et le secret du montage dont il a le secret. La bande-originale de Knight of Cups est tout simplement sublime, la photographie est divine, Christian Bale est dépressif mais sans le costume de Batman, et punaise, la narration fragmentaire de Malick est l’une des plus belles choses qui soient arrivé au cinéma.

Knight of Cups
                                                          Knight of Cups, de Terrence Malick

        George Miller : 70 ans. Terrence Malick : 72 ans. Steven Spielberg : 69 ans. De jeunes cinéastes qui seront l’avenir du cinéma ! Révolutionnaires il y a 40 ans, révolutionnaires en 2015. Spielberg vise l’épure formelle dans un Pont des Espions qui côtoie la matière historique brut de Munich, apte à faire réfléchir le spectateur sur les événements contemporains et leurs apparences médiatiques. Tom Hanks y est magistral en homme prêt à tout pour défendre ses idéaux, respecter ses principes et ainsi rester debout.  Si le « cinéma naïf » de Spielberg comme aime à le nommer ses détracteurs est un cinéma qui porte espoir en l’homme et en son intelligence, porté par l’un des plus grands acteurs américains en activité et réalisé avec maestria, je veux du « cinéma naïf » tous les jours. Désillusions et espoirs encore et toujours avec Sea Fog (Les Clandestins en VF) écrit par Bong Joon-ho et réalisé par Shim Sung-bo. Le quotidien de pêcheurs sud-coréens en difficulté financière (nous sommes au lendemain de la crise financière asiatique) obligés de transporter des migrants chinois. Rien ne se passe comme prévu évidemment, et même si l’on s’attend à des turning-points de malade comme les films sud-coréens nous ont habitués, c’est peu dire que lorsque le récit dégénère, c’est complètement taré et tragique. Imaginez une salle entière qui arrête de respirer, et vous aurez une idée du truc. Pour un premier film, c’est assez dingue, et le mec trouve même l’audace de mettre en place une romance touchante au milieu d’un film des plus sombres.

        La matière historique encore au cœur de deux films qui n’ont pour le coup rien à voir. Clint Eastwood revient sur l’histoire du temps présent – la guerre en Irak – avec American Sniper, plutôt bien réussi mais pas non plus extraordinaire. László Nemes revient quant à lui sur la Shoah avec Le fils de Saul, et plus précisément sur les Sonderkommando. Le réalisateur Hongrois bouscule les représentations des camps de la mort avec de longs plans-séquences à la première personne, exploite à 200% le fond sonore et la dimension sensorielle. Les Cahiers du Cinéma crient au scandale devant cette « immersion » malsaine, Claude Lanzmann adoube, et moi franchement,  je n’en sais rien. Je n’ai rien à reprocher au dispositif en lui-même, qui ne me parait pas malsain ou déplacé, mais au final que reste-t-il du film à part cela, quel message laisse t-il à supposer qu’il y en ait un ?

Crimson Peak, de Guillermo del Toro
                                                     Crimson Peak, de Guillermo del Toro

        On rentre maintenant dans la catégorie des films mineurs, mais qui méritent qu’on les défendent un minimum. Jupiter Ascending est trop mal monté et scénarisé pour pouvoir vraiment décoller, mais son univers SF est plus que réussi et foutraque pour qu’il puisse apparaître dans cette liste. Hacker aussi est complètement à côté de la plaque, le scénario et les personnages virent à la caricature, et pourtant ça fonctionne, c’est parfois fun et haletant et puis c’est Michael Mann qui filme, et ça se voit. Même Guillermo del Toro m’a un peu déçu l’année dernière, son Crimson Peak est certes magnifique visuellement, mais je n’ai pas un moment eu des frissons, incapable de rentrer dans un récit assez plat, conventionnel et pourtant novateur sur certains points, mais aux personnages assez inconsistants. The Walk de Robert Zemeckis est très plaisant, mais là aussi ça ne va pas plus loin. The Big Short, La Peau de Bax, Foxcatcher, The Visit, Big Eyes et La isla minima ont aussi été d’agréables surprises sans lendemain, trop sages et conventionnels pour rester gravés dans la mémoire, à part quelques scènes. On a fait beaucoup de bruit pour Sicario, du décidément bankable Denis Villeneuve. Comme disait le regretté Pierre Desproges à propos de tout autre chose, « c’est beau mais c’est con ». Coquille vide au scénario qui n’avance pas du début à la fin ou presque, Sicario est avant une bonne occasion de revoir Benicio del Toro dans un rôle à sa mesure et des plans somptueux, mais pour une histoire avec les Cartels, on retournera voir Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia de Peckinpah ou No Country for Old Men des frères Coen. Il me faudra revoir Inherent Vice, la première vision m’ayant laissé perplexe, et pourtant c’est tout à fait ma came. Mais retrouvons de suite Joaquin Phoenix qui, devant la caméra de l’infatigable Woody Allen, devient un professeur de philo dépressif et qui fait de l’effet à ses étudiantes. Drôle, cinglant, tragique et intelligent, L’homme irrationnel est plus que recommandable.

         Au rayon des bonnes surprises et des films qui sortent de nul part, signalons Magical Girl, œuvre radicale dans ses partis pris qui laisse sans voix, ainsi qu’un autre premier film, le français Ni le ciel ni la terre qui parvient à se jouer des codes du film de guerre, du drame intimiste et même de la mythologie lovecraftienne, rien que ça. Ex Machina lorgne aussi du côté de l’intime pour parler transhumanisme, et puis surtout Oscar Isaac pète un câble et danse sur « Get Down Saturday Night », comme ça, sans prévenir.

         Quentin Dupieux continue son exploration de l’absurde et du non-sensique avec une Réalité extravagante et poilante. L’excellent Kevin MacDonald pour sa part peaufine l’imbrication des tensions géopolitiques et du cinéma d’enquête avec Black Sea, où un Jude Law impérial nous emmène dans un huit-clos sous-marin tendu comme un string. Le film Les Nouveaux Sauvages est bien espagnol, pas de doute, on retrouve une influence de la folie dégénérée d’Alex de la Iglesia dans un film en segments certes très classique dans sa conception, mais tellement barré et anti-consensuel dans son discours. Barré l’est aussi l’un des trois (!) films sortis en 2015 par Sono Sion : Why Don’t You Play in Hell ? Des hectolitres de sang, des yakuzas, des babes qui tranchent des têtes, une mise en abime du processus de création d’un film, que voulez-vous de plus ? A côté, Tarantino passe pour du Arnaud Desplechin, revenu avec Trois Souvenirs de ma jeunesse, film littéraire sensible et exigeant. It Follows n’a pas été le grand film d’horreur que l’on vantait partout mais force est d’admettre qu’il travaille notre imagination pendant le sommeil, l’idée de base demeurant bien travaillée. C’est à Nanni Moretti que l’on attribuera l’un des films les plus émouvants de 2015. Mia Madre, ou comment terminer l’année en beauté avec une Margherita Buy superbe, et dont les quinze dernière minutes et la réplique finale sont un sommet d’émotion rare. Bon bien sûr, c’est encore loin de la sincérité émotionnelle de Sharknado 3, mais difficile d’égaler le maître.

Sharknado 3
                                      Sharknado 3 : Oh Hell No! d’Anthony C. Ferrante
Why Don't You Play in Hell ?, de Sono Sion
                                                   Why Don’t You Play in Hell ?, de Sono Sion

          Il parait qu’une nouvelle Guerre des étoiles a eu lieu en fin d’année dernière. Star Wars : Le Réveil de la Force est conforme à mes attentes : sans grande surprise et assez télévisuel, trop juché sur le fan-service et parfois bavard, le film se laisse néanmoins regarder.

        Parlons maintenant des mauvais souvenirs ! Jurassic World, Terminator Genisys (sic), Avengers 2, San Andreas… 2015 nous a une fois n’est pas coutume gratifié de beaux étrons filmiques dont le budget marketing pourrait aisément réduire la faim dans le monde. Surdécoupés, écrits avec les pieds, joués par des acteurs dont le charisme dépasse rarement celui d’un poulpe albinos, les qualificatifs ne manquent pas pour parler de ces films.  Le règne des franchises pop-corn bat son plein et ce n’est pas prêt de s’arrêter vu le planning foie-gratisé des Marvel et autres. L’hérésie est double quand il s’agit d’une trahison totale à un univers de fiction mythique. Putain, Schwarzy, si c’est pour ça, fallait pas revenir.

terminator-genisys-trailer-it-s-gonna-get-complicated-354685
Terminator Genisys, d’Alan Taylor

Excellent comics, Ant-Man est porté à l’écran, et je n’en attendait plus grand chose depuis le départ d’Edgar Wright. Du matériau de base, le film n’en tire presque rien et se contente d’enchaîner les séquences d’action sans ampleur entrecoupées de vannes qui ne font rire que Nabilla et Donald Trump. Dans Ant-Man, on nous explique ce qui va se passer avant que ça se passe, puis ce qui se passe pendant que ça se passe, et enfin ce qui s’est passé après (parce que les autres personnages ne le savent pas voyez-vous). De l’anti-cinéma pur jus.

Séries TV 2015

        On a pu se régaler encore une fois avec les séries TV. The Leftovers m’a encore procuré le même sentiment que la saison 1, l’envie de sortir dans la rue et de prendre les gens dans les bras. La musique minimaliste de Max Richter porte admirablement aux larmes, les liens entre les personnages sont bouleversants, bref c’est une sérié à la portée existentielle comme il en existe trop peu.

11226004_10152403190604979_74206610995006850_n
                                                                           The Leftovers (HBO)

Bien différent mais pourtant pas tant que ça à y regarder de plus près, Sense8 emporte le spectateur dans une quête intérieure profonde et complexe dans laquelle on note tout de suite la marque des Wachowski. La politique, le genre, l’identité ou encore la religion sont traités par le biais de huit personnages dont certain paraissent caricaturaux au départ, mais qui finissent tous par avoir une place primordiale dans un récit dense et palpitant. On retrouve le tissu sociologique cher à David Simon dans la mini-série Show Me A Hero, récit de la vie politique et sociale d’une banlieue new-yorkaise entre 1987 et 1994, l’ascension et la chute d’un jeune maire campé par Oscar Isaac. Une scène apparemment anodine de la série dit tout : une habitante de la ville, opposé à un projet municipal de construction de logements sociaux, appelle la mairie et tombe directement sur le maire. Tous les deux sont surpris, et n’arrivent pas se parler sans intermédiaire. Et si, pour aller mieux, on se parlait ? A voir l’année 2015, celle de la vie réelle et non pas celle du cinéma, ce serait effectivement pas mal. Lazy Company s’est achevé l’année dernière avec une troisième saison beaucoup plus sombre, malgré de nombreuses touches d’humour toujours excellentes, et des acteurs toujours aussi impliqués et talentueux à commencer par Alban Lenoir.

Livres 2015

        Parce qu’il n’y a pas que le cinéma dans la vie, mais aussi les livres sur le cinéma, il me faut mentionner deux ou trois choses à lire d’urgence. D’abord, la bible sur le stakhanoviste Jess Franco est enfin arrivée et est tout simplement gargantuesque. Avec Jess Franco ou les prospérités du bis, Alain Petit nous régale d’analyses, de dissections, d’entretiens avec le maître et j’en passe, son bébé de 3,3 kg est un must pour qui aime le cinoche de genre. Jacques Thorens et son Brady, cinéma des damnés se doivent aussi de figurer dans votre bibliothèque de cinéphiles déviants. Une approche drôle et sensible du mythique cinéma de quartier et même des anecdotes sur Jean-Pierre Mocky sont à signaler à propos de cet excellent livre fait de souvenirs fragmentaires. Toujours cinéma de genre, décidément, avec le volume 2 du magnifique Midi-Minuit Fantastique dans lequel on retrouve – roulement de tambours – le numéro 8 « Érotisme et épouvante dans le cinéma anglais », incontournable texte s’il en est.

         Dans nos kiosques, accueillons un nouveau venu dans le secteur cinéma avec la très classe Septième Obsession. Bi-mensuel au papier luxueux, les deux premiers numéros détonnent par des analyses fines, des rubriques originales et un choix éditorial bienvenu qui n’enferme jamais le 7ème art dans des cases préétablies. Alors longue vie à la Septième Obsession !

      Trop de choses encore à signaler du côté des rééditions mais n’en gardons qu’une : Le Venin de la peur de Lucio Fulci est désormais visible dans les meilleures conditions grâce au Chat qui Fume.

Le Venin de la Peur de Lucio Fulci, chez Le Chat qui Fume
                     Le Venin de la Peur de Lucio Fulci, chez Le Chat qui Fume

P.S. : Bonne année !

P.S. 2 : Oui je sais, j’ai découvert qu’on pouvait mettre des gifs avec WordPress, alors je me fais plez’ !

Dr. Gonzo

Joyeux Noël, m’sieurs-dames !

C’est en cette sainte journée que le petit Jésus est venu au monde à la clinique d’Issy-les-Moulineaux. 3,8 kilos, le cochon ! Un petit Juif qui a foutu le bordel, une sorte de rebelle mi-communiste mi-hippie, voilà de qui nous célébrons la naissance aujourd’hui. D’ailleurs, pourquoi « Joyeux Noël » et non pas tout simplement « Joyeux Anniversaire Jésus », ce qui semblerait plus logique. Je vais demander à Carole Rousseau, elle doit savoir.

Petit aperçu de mon modeste salon

Cinefusion souhaite donc à ses lectrices et à ses lecteurs un Joyeux Noël. Profitez-en bien les loulous, ça n’arrive qu’une fois par an et quand vous serez morts, bah y en aura plus.

Oh ! Bien sûr, tante Raymonde va encore trouver que vous avez grandi (vous avez 40 ans) et il y aura des gosses partout en train de crier et courir parmi leurs jouets déballés – laissez-les jouer avec le nouveau mixer de maman (« Théo, ramasse le doigt de ton petit frère et venez à table ! »).

Il y aura toujours cet arrière-cousin mélanchoniste et ce petit-neveu lepeniste en train de s’engueuler avant de, vers 1 heure du matin, tomber d’accord sur à peu près tout (« T… T’as raison ! F… Faudrait des camps de concentration et des goulags ! Des camps de goulagation ! Je te resserre, Marcel ? »)…

Comme chaque année, il y en aura deux, toujours les mêmes, qui arriveront deux heures après tout le monde, soi-disant parce qu’« ils ont changé la route par rapport à l’an dernier. C’est malin, j’ai fait un détour par Juvisy et j’ai perdu du temps ! ». A ceux-là, répondez-leur que décidément, ils changent la route tous les ans par ici et que fêtant Noël à Toulouse, vous ne voyez pas trop ce qu’ils sont allés foutre à Juvisy. Et puis, offrez-leur une coupe de champagne.

Et encore et toujours, il y aura peut-être vous dans le rôle star de la soirée, celui du Père Noël, avec ce costume de plus en plus élimé par les années et cette fausse barbe qui a au moins dix ans et qui a tellement raccourci qu’on dirait Hitler en pyjama rouge. Les enfants vont adorer : Fröhliche Weihnachtenn, Kinder !

« O Tannebaum, o Tannebaum,
Wie treu sind deine Blätter ! SIEG ! HEIL ! »

Mais, Noël, c’est aussi une atmosphère particulière, festive, féérique, pluvieuse et froide. C’est l’occasion de se réunir autour d’un beau sapin ou, à défaut, d’une branche de persil, et de se retrouver en famille pour partager un délicieux plateau d’huîtres ou une boîte de thon périmé (tout dépend de la famille en question).

Alors, encore une fois, à toutes et à tous, Joyeux Noël, et doucement sur les chocolats !

Calvin et Hobbes

Haydenncia

Chers lecteur, dear readers, queridos lectores, عزيزي القارئ

     Chers lecteurs,

     Voilà presque un mois que Cine/Fusion est lancé. Un mois, c’est long, c’est court, c’est rond et ça fait des bulles. Un mois, ça passe vite. En un mois, nous avons rédigé 19 articles. 19 articles, c’est peu et c’est beaucoup en même temps. En effectuant des calculs complexes que seuls les ordinateurs les plus puissants de la NASA ou un boulier chinois peuvent accomplir, on arrive au résultat d’environ 1,5 article par jour… Dingue… Mais, sommes-nous ici pour parler chiffres ? Je ne le crois pas. Ce monde capitaliste nous rend fous ! La critique ne devrait pas être chiffrable. La critique est à la fois instinctive et construite, elle est pure, elle répond à l’appel du moment et non à celui du rendement. Or, il faut pour tout blog censé faire de la critique cinématographique un minimum de rendement, sous peine de perdre des visiteurs, même les plus fidèles. C’est normal et, finalement, c’est même motivant. Cela pousse à voir, à revoir, à lavoir encore plus de films. Et puisque c’est une passion pour nous, alors tout va bien.

     Chacun des rédacteurs de ce site – au nombre indéfinissable de deux, bientôt trois – mène sa petite vie à côté ; or, écrire une critique prend du temps, et le temps, c’est de l’argent, et l’argent ne fait pas le bonheur, et le bonheur est une idée neuve en Europe et Europe est un groupe de rock suédois formé en 1978 et qui beuglait « It’s the final countdooown !!! ». Tout cela est tellement logique, mais je ne sais plus où j’en suis. Ah si ! Ecrire un article prend du temps. Parfois donc, il se peut qu’il y ait un peu plus d’espace entre deux critiques, et que les deux suivantes s’enchaînent rapidement. Nous n’avons pas de rythme défini. Après tout, « c’est pas une usine ici, coco ! », comme le faisait remarquer Henri Ford à l’un de ses ouvriers, qui justement disait que « si, c’est une usine ici, monsieur… », et Henri Ford, la bouche ouverte, le regard perdu, ne savait plus quoi répondre. Néanmoins, ici, ça n’est pas une usine. C’est un petit artisanat comme il y en a tant dans le Lubéron. Nous écrivons nos critiques avec amour et savoir-faire, et cela demande du temps. Et nous savons que vous êtes compréhensifs et patients. Surtout toi, Jean-Luc. Mais toi, tu es tellement particulier… Recrache cet oiseau que tu as dans la bouche, Jean-Luc…

     Le monde grandit sans cesse. La terre compte 7 milliards d’êtres humains… et 10 millions de Belges (la personne à qui j’emprunte cette phrase se reconnaîtra ^^). Aussi, Dr. Gonzo et moi-même, deux petites entités humbles et naïves sur cette planète immense, nous tentons de faire le maximum pour accueillir chaque jour un peu plus de visiteurs sur notre blog. Les choses se passent plutôt bien, même si un problème au niveau du post de commentaires a un peu gâché la fête. Un peu comme quand un type s’incruste à l’anniversaire d’un petit garçon et lui balance « Pardon petit, mais y a ce qui reste d’un chien accroché à mon pare-buffle, et sur son collier y avait marqué ton adresse… ». Mais, ce problème de commentaires semble réglé, alors n’hésitez pas à poster, et même à riposter !

     Cependant, rien n’est mieux pour se faire connaître que le bouche à oreille, ou le bouche à pied, mais le bouche à pied est une pratique érotique aborigène qui, ici, ne nous concerne pas. Le bouche à oreille, par contre, est très intéressant. Aussi, nous comptons sur votre inépuisable gentillesse, votre grande générosité et votre bonté reconnue de Mulhouse à Katmandou pour faire de la pub pour ce blog, en parler autour de vous, graver son nom sur les cahiers d’écolier, sur les pupitres et les arbres, sur le sable sur la neige. Nous devons faire paniquer Mark Zuckerberg ! Et on peut y arriver, mes enfants ! Bon, dans une petite centaine d’années, sans doute, mais ça sera toujours mieux que rien !

     Sur ce, Dr. Gonzo se joint à moi pour vous remercier toutes et tous qui passez par-là. Tiens ! Benjamin Castaldi ! Que faites-vous ici, enfin ?

     Bref, bonne lecture !

 Haydenncia