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Moonrise Kingdom, de Wes Anderson (2012)

Affiche du film

Salut les gens ! Me voilà de retour, après une courte mais salutaire retraite dans un monastère en Savoie, loin de la civilisation, loin du monde et de ses tentations, et surtout loin du fisc ! Eh ! Eh ! M’auront pas, ces enfoirés !… Le Dr. Gonzo a veillé sur la maison Ciné / Fusion pendant mon absence. En même temps, c’est lui qui a les clés. Enfin bref, comme le dirait Jean-Sébastien : « I’m Bach » ! Et avec un bon film, qui plus est : Moonrise Kingdom, de Wes Anderson – réalisateur qui ne m’a donc toujours pas déçu.

Moonrise Kingdom

L’histoire de Moonrise Kingdom se passe sur une île au large de la Nouvelle-Angleterre, dans les années soixante. En 1965, précisément. Ne me demandez pas le jour et l’heure, je n’en sais fichtrement rien ! Deux enfants, Suzy (Kara Hayward) et Sam (Jared Gilman) aussi seuls l’un comme l’autre, tombent amoureux. Ce sont des choses qui arrivent. Ils concluent un pacte secret, puis décident de s’enfuir, en empruntant un ancien sentier indien. Aussitôt, une petite équipe part à leur recherche, alors qu’une énorme tempête menace l’île.

Indéniablement, Moonrise Kingdom possède la patte de Wes Anderson. Peut-être même un peu trop rajouteront certains. Il n’empêche que ce type-là a su inventer un style et même un univers, que pour ma part je prends toujours plaisir à retrouver, comme chez Jean-Pierre Jeunet. Un monde romanesque et coloré, avec ici une dominante de jaune et de kaki ; un monde poétique et même onirique, drôle et intelligent. Un monde comme on en trouve dans les livres pour enfants et le magazine La Redoute. Dans Moonrise Kingdom, il est notamment question de scoutisme et de mer, d’animaux et de Françoise Hardy (dans une très jolie scène avec une très jolie chanson), d’amour et de coup de foudre (littéralement).

En prenant l'autoroute, on sera rendu avant la nuit...
En prenant l’autoroute, on sera rendu avant la nuit…

D’abord, il est question de scoutisme. Ramenez-vous, louveteaux, pionniers et autres Jeunesses hitlériennes, on parle de vous ! En effet, le petit Sam qui a disparu est un Boy scout de douze ans, visiblement causeur de problèmes et peu apprécié par ses camarades. Pour être honnête, même si le jeune acteur joue très bien, j’ai eu du mal avec sa tête à claques de petit surdoué orgueilleux et joufflu pendant tout le film. Mais ce n’est qu’un détail et ça ne concerne que moi… Je suis intolérant de naissance. Son chef de groupe Ward (Edward Norton), grand dadais en chemise kaki, foulard jaune et Quatre-bosses sur la tête, redoutablement comique en short beige un peu court, a d’ailleurs beaucoup de mal à contenir ses troupes. A noter qu’il est prof de math dans la « vraie vie » – ce qui est beaucoup moins drôle, évidemment. Espérons seulement qu’il ne confonde pas ses deux « métiers » et qu’il ne sonne pas du clairon pour signaler la fin de la récré. J’avais un prof qui faisait ça. Vous pouvez lui rendre visite, cellule 32, à l’hôpital de Ville-Evrard. S’il ne réagit pas, criez-lui « Scout toujours ! » et ses pupilles vides s’allumeront d’un éclat enthousiaste. Attention cependant : il mord.

Pour en revenir au scoutisme dans le film, j’ai pris un plaisir fou et enfantin à regarder ces minicamps forestiers, véritables maisonnées cernées de palissades dans lequel on entre par un portique en rondins, ces ingénieux systèmes de poulies faits avec trois bouts de ficelle, ces tentes et cabanes qui fleurent bon l’aventure, ces jeunes gens qui se prennent pour des adultes, voire des guerriers, à la manière de Sa Majesté des mouches ou La Guerre des boutons. En fait, le film m’a fait penser par moments à une toile de Norman Rockwell animée : on croirait retrouver les personnages que le peintre américain peignait sur ces calendriers pour les scouts, mais également les enfants facétieux de ces différentes illustrations intitulées Four Sporting boys, le petit garçon et la petite fille se prenant pour des adultes dans After the Prom, ou même le petit garçon discutant avec le policier dans le célèbre Runaway. Pour rester avec les jeunes acteurs, ajoutons que Suzy Bishop, sorte de Lolita dépressive avec un air de Lana Del Rey, est incarnée par l’impressionnante Kara Hayward. Actrice à suivre.

Edward Norton, génialement comique
Edward Norton, génialement comique

Dans Moonrise Kingdom, il n’est pas question que de scoutisme, il est aussi question d’amour (d’amour impossible, presque), de fuite (par amour), de nature sauvage (l’île est un monde clos qui ne possède pas de routes bitumées) et surtout d’enfance. La dichotomie adultes / enfants est peut-être même l’élément central du film. Alors que Wes Anderson nous montre des adultes qui s’ennuient, se trompent entre eux, se disputent et sont même ridicules, les enfants, eux, sont libres, gambadent, rigolent et s’aiment. Ils construisent des cabanes très hautes dans les arbres, font des feux de camp, dansent sur le sable et s’embrassent au bord de l’océan. Le titre du film, d’ailleurs, fait directement référence à cette opposition entre le monde triste et réaliste des adultes et celui, merveilleux et imaginaire des enfants, puisque le lieu où s’enfuient les deux minots, austèrement référencé sur les cartes sous le nom de Goulet de marée au mile 3.25, est rebaptisé par les jeunes amoureux Moonrise Kingdom, ce qui lui donne un caractère magique et mystérieux.

On retrouve également dans Moonrise Kingdom d’autres éléments qui font le cinéma d’Anderson. La symétrie et les « plans-tableaux », notamment. Chaque plan est calculé, soigneusement étudié et ressemble presque à une peinture. La maison de la petite Suzy fait penser à une maison de poupée impeccablement ordonnée ; presque une maison en pâtisserie, ou une maquette – de fait, certains plans sont à la limite du tilt-shift. Le phare de l’île, blanc et rouge, offre également des plans magnifiques, notamment quand il déteint sur le ciel bleu. De même, Anderson utilise des travellings intéressants, lors de la tournée d’inspection du camp scout par Ward notamment, ou même dans une très belle séquence où Sam et Suzy se retrouvent dans un champ et se rapprochent l’un de l’autre dans une pantomime parfaite. Et ajoutons enfin la sublime bande originale, composée par Alexandre Desplat et Mark Mothersbaugh, avec ses accents aventuriers, presque tribaux, mais également de délicieux morceaux de musique classique comme seul Pascal Sevran savait nous faire apprécier du temps de son vivant. Pascal, si tu nous entends, on t’aime.

Moonrise Kingdom

Le casting offre une belle palette de personnages fantasques. C’est avec plaisir qu’on retrouve Bill Murray, toujours aussi « déconnecté » et drôle (je ne suis pas objectif : j’adore cet acteur). C’est d’ailleurs la sixième fois que l’acteur collabore avec le réalisateur. Sa femme dans le film, Frances McDorman, est parfaite en mère rigide qui communique avec sa famille à l’aide d’un porte-voix. J’avoue qu’un « A TAAAAABLE !!! » hurlé à trente centimètres des oreilles, ça doit être efficace. Le couple Bishop, dont le mari et la femme sont avocats, ne parlent d’ailleurs que d’affaires entre eux et dorment dans des lits séparés… Au niveau des autres acteurs adultes, Edward Norton est génial dans ce rôle à contre-emploi de chef scout dévoré par la culpabilité, et nous montre son potentiel comique avec son regard de chien battu et ses pattes à l’air. Bruce Willis, lui aussi dans un rôle inédit (c’est un flic certes, mais un flic un peu pommé et légèrement grotesque) semble s’amuser comme un petit fou républicain. Tilda Swinton est parfaite en furie des services sociaux. Et enfin, on est content de retrouver ce bon vieil Harvey Keitel, ici en vieux chef de Camporee impayable. Ah oui ! Il y aussi un type avec un bonnet vert qui commente le film et nous livre des explications – remarquable idée, très « andersonienne ».

Wes Anderson est à ce qu’il paraît perfectionniste et intraitable sur un plateau de tournage : il sait exactement et à l’avance ce qu’il veut obtenir, et fait tout pour l’obtenir – sans être pour autant un tyran avec ses acteurs. Autant dire que le résultat est là, charmant, nostalgique, stylé et pop, même si j’ai trouvé quelques longueurs au film et peut-être un peu trop de coquetteries. Pas le Wes Anderson que je préfère, donc, mais un très bon feel good movie cependant, qui permet de s’échapper et de rêver un peu.

« C’est le temps de l’amour, le temps des copains et de l’aventuuuureuuu…»

Haydenncia

Polisse, de Maïwenn (2011)

Envie de rigoler ? Besoin de se changer les idées après une journée difficile ? D’abord, aller faire un tour sur ce site, prolixe en blagues cocasses et autres calembredaines subtiles : http://pflestroisroses.fr/. Ensuite, le dernier film de Maïwenn est fait pour vous. Vous, l’amateur de gauloiseries fines, l’adepte de facéties inventives, l’aficionado de… de… Pardon, on me fait de grands signes, là-bas, en face. Euh… Apparemment non, Polisse n’est pas le genre de film pour s’éclater entre potes et se décompresser le cervelet. Je relis ma fiche… Pompompomlalaladidoudidou… Houlà ! Oui !… Houlà ! En effet…

Polisse décrit le quotidien des policiers de la brigade de protection des mineurs (BPM) de Paris, où Mélissa (Maïwenn), une jeune femme mandatée par le ministère de l’Intérieur est envoyée pour faire un reportage dans l’unité en charge des affaires de mœurs. Le film montre comment ces policiers tentent de conjuguer leur métier difficile avec leur vie privée… En invité-surprise, Louis de Funès.

Mmh… Moi qui voulais rire ce soir, je crois que c’est râpé. Tant pis, le film a quand même l’air intéressant : je le visionne et on se retrouve après.

           (127 minutes plus tard)

Ah ! Ah ! Ah ! T’es con, Roger ! T’es con, alors ! Tu… Oups ! Pardon.

Voilà un film-choc, au sujet plus que difficile, car il s’agit de montrer des enfants victimes de pédophilie, de violence ou encore d’abandon. Avec Polisse, on est en pleine incursion au sein d’une brigade spécialisée, au quotidien naturellement difficile vu le travail qui est le leur, et d’ailleurs on ne peut que féliciter les vrais membres de la BPM. C’était mon petit instant « hommage à la République » et là, je suis sérieux. Parce qu’ils en entendent, jour après jour, des trucs glauques. Dans le film, mais évidemment que cela existe en vrai, c’est par exemple la mère qui secoue son bébé pour qu’il arrête de pleurer… La scène avec le père pédophile, mais haut placé et qui dit « avoir le bras long » est particulièrement révoltante. Et « révoltante » est un mot faible, ici. Dégueulasse, abjecte, vomitive.

Le film est servi par un beau casting : Karine Viard, Marina Foïs, Nicolas Duvauchelle, Karole Rocher (j’aime bien cette actrice, très juste, au jeu abrupte), Joey Starr (Po ! Po ! Po !). Seule Maïwenn, aussi bonne réalisatrice qu’elle soit, fait un peu tâche dans cet univers brutal, et agace avec son petit air de « j’ai un chignon et des lunettes parce que je suis sérieuse, mais tout à coup je les enlève parce que je suis amoureuse… ».

Mais surtout, Polisse est un film touchant, poignant, aux dialogues qui sonnent juste. Joey Starr est très bon, très émouvant (mais, rien de plus normal quand on a chanté « Paris sous les bombes ! » et « J’appuie sur la gâchette »). Le film le montre en écorché vif, qui veut tout faire pour le bien des mômes qu’il croise. La scène où il est avec le petit garçon que la brigade s’apprête à séparer de sa mère SDF est très émouvante. Diantre ! C’est qu’il y a un cœur qui bat sous ma petite cuirasse de tatou bolivien. Mais dure, la scène… dure, dure…

Le film montre également la vie au sein de la BPM, toujours dans l’urgence, mais parfois confrontée à l’impuissance. Coups de gueule entre collègues, larmes, fous rires et blagues de mauvais goût, mais qui permettent de relâcher la tension. Avec de belles scènes, comme ce moment où la brigade danse dans une boîte de nuit et oublie, l’espace d’une nuit, le temps d’une musique, l’univers sale, poisseux, violent, mais pourtant bien réel dans lequel elle travaille.

Alors oui, je déconne, oui je plaisante, mais ce film m’a particulièrement touché. C’est un film dérangeant, mais nécessaire et bien foutu. Un film qui vous ferait haïr une partie de l’humanité, mais aussi adorer l’autre partie. On trouve même dans Polisse de l’humour, deux trois moments qui nous font sourire dans un cadre aussi grave, et rien que pour ça, je dis bravo !

Haydenncia

The Hunger Games, de Gary Ross (2012)

Voilà un curieux long-métrage. Inspiré du premier livre d’une trilogie de science-fiction débutée en 2008 (Suzanne Collins), The Hunger Games, c’est un peu comme si la Rome antique décadente et ses combats de gladiateurs avait connu la télévision et Karl Lagerfeld… Mais, on trouve aussi dans ce film un peu de Koh-Lanta et de Robinson Crusoé. L’observateur attentif y décèlera également quelques clins d’œil lancés à Robin des Bois, Interville, Pascal Obispo et La Chance aux Chansons de feu Pascal Sevran. N’omettons pas néanmoins sa flagrante ressemblance avec un film japonais sorti en 2000, Battle Royale (Kinji Fukasaku) et un livre de Stephen King, Running Man (1982). On dit ça, on dit rien.

Ah ! Mais, qu’est-ce donc ? Je vous entends réclamer, avides et insatiables : « Le pitch ! Le pitch ! Le pitch ! ». D’accord. A la confiture ou au chocolat ? (ceux qui auront compris cette blague, somme toute pas drôle, auront 15 points d’avance)…

Dans une Amérique post-apocalyptique connue sous le nom de Panem (cf. « Panem et circenses », elle est là l’idée ! eh !), un régime répressif, le Capitole, organise chaque année un jeu télévisuel destiné à mater le moindre risque de rébellion, et à maintenir une atmosphère de terreur chez les « districts », sortes d’arrondissements autrefois principaux déclencheurs et acteurs d’une terrible guerre civile. Katniss Everdeen, adolescente de 16 ans habitant dans le district 12, doit cette année participer à ce combat de gladiateurs des temps futurs, où se battent à mort de jeunes filles et de jeunes garçons jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un seul survivant, grand vainqueur des « Hunger Games ».

Pierre de Coubertin nous avait proposé en 1894 de ressortir du placard les Jeux olympiques antiques pour en faire un symbole d’entente entre les peuples à travers le sport. Belle initiative, belle idée. Là, c’est un peu plus tendancieux comme principe. En gros, il s’agit d’une punition depuis que des districts ont tenté de se soulever et ont foutu la merde dans ce beau et grand pays qu’est l’Amérique (le district 13 a d’ailleurs été rasé en signe d’exemple). A partir de ce jour, les districts ont été soumis par la force et lors des Hunger Games (j’adore ce titre, je le répèterai nuit et jour), chacun d’entre eux doit envoyer un garçon et une fille, âgés entre 12 et 18 ans, pour se faire massacrer ou devenir le grand vainqueur.

Les jeunes gens sont d’abord choyés… puis isolés dans une arène cathodique prenant la forme d’un vaste écosystème, avec des caméras partout et des pièges mortels qui te tuent tout de suite que t’as même pas le temps de dire « Attention ! Y a un p… ». A la fin, il ne doit rester qu’un seul survivant et du sang un peu partout. Classe comme principe. Que fait Endemol ? Mais, que fait Endemol ? Et comme Panem est une dictature, toute la population est obligée de regarder les jeux, un peu comme quand en France, toute la population se sent obligée (maigre nuance) de regarder TF1.

Dans The Hunger Games, la nation de Panem est donc une dictature au parti unique. Un régime sanglant bâti sur les ruines que l’on devine fumantes des Etats-Unis d’Amérique (dans le livre, Panem se situerait quelque part dans les Rocheuses). Je me disais d’ailleurs pendant le film que parmi les grands idéologues du régime doit se trouver Lady Gaga, tant les costumes de la population du Capitole sont excentriques et baroques.

Certains ont les cheveux bleus, comme Caesar Flickerman (Stanley Tucci,), présentateur vedette des Hunger Games ; mais on trouve également des vêtements sponsorisés par Stabilo Boss, des femmes et des hommes maquillés comme des poupées, des coiffures extravagantes et des barbes soigneusement dessinées… Cet aspect kitsch peut d’ailleurs dérouter et on peut le trouver hideux… ou bien amusant. Je balançais pour ma part entre ces deux idées.

Je vois que quelqu’un lève la main, au troisième rang. Quel est l’objectif du film, me demandez-vous. Vous pouvez vous rassoir. Oui, sur la chaise ça serait mieux. Eh bien, c’est très clair et ça fait même mal aux yeux tellement c’est éclatant : The Hunger Games (à prononcer ainsi : Zeuh Hhhhunnger (‘r’ roulé) Gggaïmsss) cherche à dénoncer ce genre de téléréalité qui, aujourd’hui filme des individus cloîtrés dans une maison, mais demain ? Vers quelle dérive notre société consumériste et avide de spectacle se dirige-t-elle ? Le morbide ? La cruauté ? L’élimination physique des plus faibles ? Le crime comme distraction ?… Que c’est beau ce que je viens d’écrire là, on dirait du Michel Onfray, ou du Patrick Carmouze…

Deuxième question, là-bas : ce que fait Lenny Kravitz dans ce film ? J’en sais rien. Allez lui demander !

The Hunger Games se divise en deux parties : la première montre la vie misérable au district et « l’avant-match », quand les adolescents s’entraînent et sont dorlotés. La seconde commence avec le lancement du « survival », dans une immense forêt où chacun doit se tapir et tuer pour ne pas être tué. La deuxième partie est la plus trépidante. Quant à l’actrice principale, Jennifer Lawrence, elle se débrouille bien et au moins, avec son visage « banal » (je suis en panne de vocabulaire, mais en gros, cette fille pourrait être votre voisine) qui l’éloigne d’une babydoll échappée d’un stage en anorexie, elle ajoute une certaine crédibilité à l’histoire.

Cependant, j’ai quand même trouvé que le film était sans cesse à la limite du malsain. Sans doute est-ce voulu, puisqu’il s’agit de critiquer les dérives de la télépoubelle. Mais, quand on voit des jeunes, tout jeunes gens avec des visages poupins se faire poignarder par d’autres du même âge, ça vous laisse un petit arrière-goût de bile et de rhum-vodka.

Il est clair que The Hunger Games franchit un tabou en montrant des enfants s’entretuer. Le film dérange, c’est un fait. Non pas qu’il soit sanguinolent ou violent physiquement, même s’il l’est tout de même un peu, mais plutôt par son caractère contre-utopique, nihiliste, apocalyptique dans lequel les uns se repaissent de la mort des autres et en font même un spectacle organisé en grandes pompes (et les uns, ici, sont ceux qui vivent dans la « capitale », à savoir les plus fortunés… Un jour, faudra penser à la faire, cette révolution ^^). Bon, ça n’est pas non plus aussi fin que je veux bien le laisser croire et le film y va un peu avec ses gros sabots, mais l’idée générale est fort louable.

Fable cauchemardesque sur les dérives de la société occidentale, The Hunger Games est un film plus intelligent que son horrible affiche veut le laisser croire. S’il ne m’a pas convaincu totalement – le film paraît quand même un peu impersonnel et très hollywoodien, il contient de plus quelques facilités scénaristiques –, j’ai trouvé que c’était une assez bonne surprise (je partais avec des a priori). En tout cas, il soulève des questions.

Bon, je vous laisse : c’est l’heure d’aller regarder Les Anges de la téléréalité.

Haydenncia

La critique du second volet de la trilogie, c’est ici.