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Collateral, de Michael Mann (2004)

Parmi les métiers à haut risque je citerais, en plus de critique sur Cinefusion : pompier, démineur, juge antimafia, correspondant de guerre, mineur, volcanologue, fan de Véronique Genest, dompteur, convoyeur de fonds, sidérurgiste et… chauffeur de taxi. Oui, chauffeur de taxi. A en croire le film de Michael Mann, c’est un métier foncièrement dangereux, dans le sens où n’importe quel client peut se révéler être un psychopathe, un terroriste, un tueur à gages, un prof de latin (les pires de tous, glp !).

Max est taxi de nuit à Los Angeles. Un soir, il se lie d’amitié avec une dénommée Annie Farrell, une belle femme procureur montée à l’arrière de son véhicule. Quelques minutes plus tard, c’est au tour d’un homme prénommé Vincent de monter dans le taxi. Un businessman, selon toute apparence, avec un emploi du temps chargé : pas moins de cinq rendez-vous à tenir dans la nuit. Max accepte de lui louer ses services jusqu’au petit matin, en échange de 600 dollars.

Collateral, c’est donc l’histoire extraordinaire d’un type ordinaire qui rencontre un type extraordinaire. Vous suivez toujours ? Vous êtes des choux.

Le type ordinaire, c’est Jamie Foxx / Max, le chauffeur de taxi. Pour l’instant, être taxi, ça n’est que temporaire pour lui : il a un autre projet, plus ambitieux. Seulement, il a beau avoir de belles idées, il n’est pas très entreprenant. On a envie de lui dire : « Eh coco ! Tu mets des anchois dans tes pizzas ? » mais, en l’occurrence, ça n’aurait aucun sens et ça ne ferait en rien avancer sa situation.

Le type extraordinaire qu’un beau jour il embarque par hasard dans son beau taxi jaune, c’est Tom Cruise / Vincent, un tueur à gages grisonnant, travaillant en free-lance, mystérieux, élégant, nihiliste mais pas suicidaire (ce qui me semble paradoxal). Pris en otage par ce passager quelque peu insolite, Max n’a d’autre choix que de conduire celui-ci à ses « rendez-vous », c’est-à-dire là où il dézingue ses victimes : cinq témoins visiblement gênants et qu’il faut liquider.

Néanmoins, au fur et à mesure de leur virée nocturne sur les highways de Los Angeles, une certaine « entente », un certain rapprochement se forme entre les deux hommes pourtant si différents. Sans doute que la promiscuité du taxi, sorte de confessionnal sur roues, y est pour quelque chose. Encore heureux que Vincent soit tombé sur un chauffeur sympa et que l’action se déroule à Los Angeles – j’imagine la même situation à Paris, avec un chauffeur taciturne écoutant Les Grosses Têtes à fond dans sa voiture et le tueur à gages qui craque et qui saute de la caisse…

Collateral

Michael Mann ne m’a, pour le moment, pas déçu. Sauf quand il s’est déguisé en « Virus du Sida » pour le Nouvel An. Mais ça, c’est autre chose – il a un humour un peu particulier. Lui qui soigne aussi bien le côté technique qu’artistique de ses films, voilà avec Collateral un nouveau coup de maître de ce réalisateur pourtant encore moins médiatisé que Thierry Lepaon.

Lyrique, beau, mélancolique aussi, son film n’en est pas moins trépidant, rythmé, stylé. Et certains plans sont particulièrement poétiques, sinon irréels. Notamment cet instant presque magique où les deux hommes traqués par la police regardent, depuis leur taxi, passer un coyote sur la route, en pleine nuit, en plein Los Angeles. Quel est le message ? Sans doute voient-ils dans cet animal qui, à priori, n’a rien à faire là, une allégorie de la liberté (les deux hommes sont à présent comme deux animaux sauvages), de l’inhabituel (la situation entre nos deux amis), de la campagne présidentielle de Raymond Barre en 1988 ? Allez savoir !

Collateral

Côté acteurs, Jamie Foxx assure comme d’habitude. Paire de lunettes sur le nez et rêves plein la tête, il est Max, un individu lambda qui n’est, finalement, pas aussi timoré qu’on pourrait le croire. Bien vite même, son instinct de survie et le fait que sa belle soit menacée le transforment et le transcendent.

Tom Cruise incarne quant à lui Vincent, un tueur froid, cynique, blasé, nihiliste comme je le disais plus haut, mais non dépourvu de charisme, voire d’une certaine sympathie ; disons qu’il n’est pas complètement antipathique. On ne sait pas quel sort il réserve à son taximan une fois sa virée meurtrière terminée – on peut néanmoins le deviner –, mais il semble cependant s’attacher à lui, peut-être attendri par ce doux rêveur, lui, le désabusé. J’avais un grand-oncle comme ça ; il était glacial avec tout le monde mais il m’aimait bien à cause de mon bec de lièvre. Il trouvait ça « cool »… Je n’ai pas de bec de lièvre. Et je n’ai pas de grand-oncle.

Quoi qu’il en soit, Tom Cruise est impeccable dans ce rôle de personnage mystérieux, à la fois aimable et menaçant, qui vient de nulle part et qui repartira on ne sait où. A lonesome poor killer.

Bref, le tandem entre les deux fonctionne très bien.

Collateral

Enfin, le dernier acteur du film, et non des moindres, c’est la ville de Los Angeles elle-même. Filmée de haut, de très haut, comme souvent chez Michael Mann, c’est une immense cité coincée entre l’océan pacifique à l’ouest et les San Gabriel Moutains au nord, un immense labyrinthe entre ombre et lumière. Nocturne, bétonné, étendue, plate, noueuse, mystérieuse (presque vide en fait), moderne, américaine c’est une sorte de Pélouaille-les-Oies en plus beau… en plus illuminé… et surtout en beaucoup plus grand. A noter que Mann joue savamment sur la différence entre cet immense espace et l’étroitesse de l’habitacle du taxi, sorte de cocon, de refuge pour nos deux amis, face à l’immensité du monde extérieur. Je me relis et je trouve ça cool, « l’immensité du monde extérieur ».

Bref, voilà avec un Collateral un film typiquement « mannien », rondement mené, parfaitement maîtrisé et savamment orchestré. Une œuvre stylée, aux plans magnifiques et à l’ambiance partagée entre un réalisme froid et violent et un onirisme planant et hypnotique. Un coup de cœur de votre cher et tendre. Un film que je ne me lasse pas de voir et revoir… et revoir… et revoir… Fin de la communication.  Bip !

Haydenncia

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La Guerre des Mondes, de Steven Spielberg (2005)

On ne compte plus les films catastrophes américains qui s’inspirent des événements du 11 septembre 2001. Tiens, si ! On va les compter… Oh, et puis non ! De toute façon, cela n’aurait pas grand intérêt. Quoi qu’il en soit, La Guerre des Mondes prend place dans ce nouveau genre cinématographique post-11 septembre, car il relate une attaque brutale et soudaine, un acte terroriste et belliqueux dans un pays qui n’a pas connu de conflits sur son sol depuis la guerre de Sécession et l’arrivée de David Guetta.

Ray Ferrier (Tom Cruise) est un docker divorcé et un père rien moins que parfait, qui n’entretient plus que des relations épisodiques avec son fils Robbie, 17 ans (Justin Chatwin), et sa fille Rachel, 11 ans (Dakota Fanning). Quelques minutes après que son ex-femme et l’époux de cette dernière lui ont confié la garde des enfants, un puissant orage éclate. Ray assiste alors à un spectacle qui bouleversera à jamais sa vie…

La Guerre des Mondes
Tripode 1 : « Nous venons en paix ! » Tripode 2 : « Ah ! Ah ! Qu’est-ce que t’es con Roger, alors ! »

Généralement, dans ce genre de film ayant pour thème une invasion d’extraterrestres belliqueux, le point de vue choisi est alors celui d’officiers (« Paris et Londres sont rayés de la carte mon général ! » « Paris et Londres ? C’est où ça ? »), de politiciens (« Faites le maximum pour sauver le peuple des Etats-Unis d’Amérique… mais laissez Sarah Palin à découvert ») et de savants (« Cette espèce est dotée d’une intelligence cent fois plus élevée que celle de Benjamin Castaldi ! » « Oui, en gros, ils sont aussi intelligents que nous, quoi ! » « C’est exactement ça ! »).

Dans ce genre de film, les plans s’enchaînent sur des cartes d’état-major avec plein de drapeaux américains et sur des radars qui font « bip-bip-biiiiiiiiiiiiiiiip » ; sur des colonels bardés de médailles éructant des ordres incompréhensibles, qui parlent de musulmans et de bombe nucléaire ; sur le vice-président serrant dans ses bras ses enfants et son golden retriever. L’invasion est alors vue depuis le haut de la hiérarchie sociale, c’est-à-dire depuis ceux qui en savent le plus sur cette invasion en question. Le petit peuple, lui, est pris en compte quand il est cramé à coups de laser ou quand son nombre de morts est chiffré (« Le Luxembourg a perdu 80 millions d’habitants ! » « Vous êtes sûrs ? »).

L’intelligence de Spielberg a été de changer cette donne et de raconter cette fameuse « guerre des mondes » depuis le « bas », soit à hauteur d’Américain lambda, en nous montrant un homme ordinaire placé dans une situation extraordinaire. Un homme qui du jour au lendemain voit sa petite existence tranquille et banale complètement bouleversée, déjà par l’arrivée de ses enfants, lui le père indigne, ensuite par cette guerre qui commence, cette mort en marche dont il ne connaît ni les tenants, ni les aboutissants, et face à laquelle sa réaction va être simple et réaliste : la fuite.

La Guerre des Mondes

Dans le livre de H.G. Wells (1898), les envahisseurs arrivent de Mars et débarquent en Angleterre, qui au moment de l’écriture était un empire colonial au sommet de sa puissance. Ici, on ne sait pas clairement d’où ils viennent, mais l’idée de Mars semble avoir été abandonnée (pour ma part, je pencherais pour Epsilon B-X24, mais ce n’est là qu’une humble supposition). En tout cas, ils sont déjà venus, puisqu’ils ont implanté dans notre sol de monstrueuses machines n’attendant qu’à être réveillées. Ce qui prouve : 1) leur avancée technologique 2) leur absolue malveillance.

En passant, dites-vous bien cela : pour savoir laquelle des deux espèces qui se rencontrent est la plus avancée, c’est forcément celle qui arrive la première sur la planète de l’autre. Eh oui !… Le jour où dans le ciel on verra apparaître une énorme soucoupe volante, on pourra se dire : « Merde ! On est à la ramasse ! ». Et après seulement, on pourra crier et fuir en agitant les bras.

« T’as pensé à rentrer le linge, chérie ? »

L’action du film de Spielberg ne se déroule donc plus au cœur de l’Empire britannique, mais aux Etats-Unis : à chaque époque sa puissance. Ce pays qui longtemps se crut inattaquable a changé de disque depuis l’attentat du World Trade Center. A compter de ce jour, le cinéma américain illustre cette nouvelle prise de conscience et dans La Guerre des Mondes, cette invasion des United States of America par une force supérieure (ce que personne alors n’imaginait) laisse le peuple américain pantois, interdit et… terrorisé. En quelques jours, l’un des pays les plus puissants est plongé dans le chaos par des tripodes gigantesques, sortes d’énormes insectes de fer apparemment invincibles, prêts à exterminer l’espèce humaine de façon mécanique et méthodique.

On imagine alors aisément l’état du reste du monde : par exemple, Haiti avant / Haiti après… Hem… Mauvais exemple, je vous l’accorde. Et notre petite France à nous, que deviendrait-elle suite à l’action destructrice des tripodes ? Plus d’Anges de la téléréalité ! Plus de Daniela Lumbroso ! Plus de Bernard Tapie ! Plus de Jean-François Copé !… Nom d’un couscous décongelé ! Venez ! Venez les Aliens !!!!

A côté de ça, donc, à côté de ces immenses machines à tuer extraterrestres, qui plus est protégées par une sorte de bouclier, Ray Ferrier, un « simple docker », semble, avec ses deux enfants, bien démuni et désavantagé. Mais comme on le serait tous, finalement. Lui, le géniteur divorcé dont la garde de ses enfants semble plus le gêner qu’autre chose, le mauvais père un peu beauf, amateur de grosses voitures (Spielberg revient d’ailleurs avec ce film à une de ses lubies : la famille décomposée), va pourtant devoir se transformer en « super papa » pour sauver sa famille et retrouver la confiance de son fils Robbie et de sa fille Rachel. Quand la tempête s’annonce, il convient de protéger sa progéniture. L’interprétation de Tom Cruise en père absent se transformant avec le danger en père « idéal » est au passage très bonne dans ce qu’elle confère d’humanité et de sensibilité au film. De toute façon, le personnage en lui-même mis à part, je trouve que c’est un excellent acteur. Oui, monsieur le procureur ! Et mon avocat va vous en apporter les preuves… un autre jour, peut-être.

La Guerre des Mondes

L’un des points forts de La Guerre des mondes, ce sont les scènes de panique et de mouvements de masse, qui me semblent très bien retransmises. Pour avoir fait les soldes ce week-end, je peux vous assurer que ce qu’il y a d’humain chez l’homme se désintègre rapidement dès que sa survie ou une chemise à – 50 % est en jeu. Dans le film de Spielberg, cette volonté de survivre se traduit par… la fuite.

Alors que l’ennemi avance irrémédiablement, l’homme se déshumanise. Comme un gibier traqué, l’humain devenu bien faible et sans moyen de riposter tente d’échapper encore et encore à cette force exterminatrice en courant à toutes jambes, en revenant à l’essentiel. Une voiture qui est la seule à ne pas être en panne devient un objet de jalousie, puis de meurtre. Evidemment, certains hommes fanfaronnent et veulent mourir en combattant une force imbattable pour le roi et la patrie – tant mieux pour eux. La plupart, plus réalistes, veulent simplement sauver leur peau, quitte à oublier toutes les règles et les valeurs établies par des millénaires d’humanité. Plus de politique, de patriotisme, ni de « civilisation ». Se terrer et attendre. Résister, si l’on peut ; mais survivre, d’abord… Et Dieu dans tout ça ? Aux abonnés absents. Il a déjà quitté la terre depuis longtemps, ce perspicace !

La Guerre des Mondes
« J’ai comme une petite envie de grenadine, moi »

La réalisation de Spielberg le génie s’immortalise en scènes fortes qui restent dans la mémoire. C’est l’autoroute aérienne qui explose en arrière-plan et le formidable plan-séquence qui suit (avec cette caméra qui entre et sort de l’habitacle de la voiture) ; c’est la plongée sur la petite Rachel piégée sous les feux du tripode ; c’est ce train en flamme qui traverse brutalement la nuit devant l’œil indifférent d’une foule en fuite (une ville tout près vient d’être rayée de la carte et sa gare pulvérisée, mais dorénavant, chacun ne pense qu’à soi). C’est, enfin, ce paysage rouge, ces racines sanguinolentes qui s’étendent à perte de vue. La maîtrise de l’image, de la dramaturgie, sont indéniables dans ce « blockbuster intimiste ». Ajoutons à cela des mouvements vifs de caméra, puis des plans plus posés, des gros plans sur les yeux pleins de larmes de Cruise et sur le visage terrifié de la petite Rachel, et on obtient tout ce qui fait le talent de Spielberg le réalisateur.

La Guerre des mondes montre les peurs et les faiblesses de l’Homme, mais aussi sa grandeur et sa volonté implacable de survie. Alors certes, la fin est très spielbergienne : tout le monde est sauf et la famille recomposée et réconciliée est heureusement au grand complet. Et une mélodie plus mémorisable, un thème plus appuyé de John Williams auraient été les bienvenus. Il n’en demeure pas moins que La Guerre des mondes reste un très bon film à grand spectacle, riche en péripéties, avec des effets spéciaux étonnants mais pas envahissants, et d’autant plus impressionnants qu’ils sont « l’arrière-plan » de ce que subit la petite famille, ce qui les rend plus réalistes. Un film sans son armada de militaires et de présidents prêts à se sacrifier pour sauver l’Amérique, mais avec un message intelligent (le plus petit être aura la peau du plus grand) et une réalisation solide. Un film de science-fiction d’excellente facture EDF !

Haydenncia

Mission Impossible II, de John Woo (2000)

Introduction :

Mes frères et mes sœurs et mes cousins par alliance ! Ce n’est pas pour faire une critique approfondie de Mission Impossible II que j’écris cet article. Le but est tout autre : j’ai revu ce film récemment, et j’ai beaucoup ri. Oh, que j’ai ri ! Comme je ne suis pas égoïste, j’aimerais vous faire partager les aspects irrésistiblement comiques – et largement sous-estimés – de ce blockbuster pourtant qualifié de sérieux et incompréhensiblement encensé par la presse spécialisée. Or, selon moi, le long-métrage de John Woo, même s’il est rythmé, si certaines scènes d’action sont efficaces et si son scénario est, à la base, plutôt bien trouvé, est l’épisode le moins réussi de la série.

Ainsi, des passages de Mission Impossible II, authentiquement ridicules, provoquent chez moi soit une hilarité franche, soit une consternation blasée, mais ne me laissent pas indifférent. Et puis, quand je dis que je ne suis pas égoïste, c’est un peu faux : l’autre objectif de cet article, c’est de m’amuser un peu, comme je le fis à une époque avec ce formidable chef-d’oeuvre qu’est Le Choc des Titans (Louis Leterrier, 2010). Attention cependant : une certaine mauvaise foi peut se cacher dans cet article.

L’agent Ethan Hunt est chargé de retrouver un virus nommé « la Chimère », tombé aux mains d’un certain Sean Ambrose, un ancien agent et collègue d’Ethan. Pour ce faire, ce dernier est secondé dans sa tâche par 2 autres agents : Luther Stickell, qu’il avait recruté pour sa précédente mission, et un certain William Baird, dit « Billy ». Ethan a par ailleurs rallié à sa cause Nyah Nordoff-Hall, l’ancienne petite amie de Sean… Les trois petits cochons seront aussi de la partie… 

1 ) Petite escalade entre 9h et 10h

Ça commence fort ! Ça commence très fort ! Tom Cruise/Ethan Hunt, petit être perdu dans l’immensité des canyons américains, s’échauffe tranquillos en escaladant des parois raides comme Christine Bravo à 3h du mat’. Moi qui pensais être le seul à faire ça (j’escalade des murets, mais ça revient à peu près au même), je dois dorénavant compter avec Ethan Hunt ! Ainsi, quand d’autres font du vélo ou du jogging pour garder la forme, lui, il grimpe avec deux doigts, dont un cassé, des falaises de mille mètres de haut avec une pente à 90 ° ! Et sans magnésie en plus ! Il arrive le matin, il gare sa Twingo au pied de la paroi, une petite lampée de Red Bull et hop ! c’est parti mon kiki !

Mais, cette montée vertigineuse n’est pas sans danger ! Dans Mission Impossible II, à un moment de son escalade, alors qu’il est suspendu à 934,53 mètres du sol, Ethan Hunt glisse et manque de tomber. Suspendu au-dessus du vide à la merci de la gravité, il se rattrape de justesse et en deux-trois acrobaties, il remonte, esquissant même un sourire blasé du genre « Ouf ! C’était chaud cette fois ! Bon, je m’en refais une et je rentre regarder Question pour un champion… ».

Une fois en haut de la falaise, l’agent Hunt s’informe de sa prochaine mission (impossible), qu’il accepte évidemment, sans quoi il se retrouve au chômage. « Votre prochaine mission, si toutefois vous l’acceptez, lui dit La Voix, est de faire un tour dans le Marais avec Christine Boutin ». Effrayé, Ethan Hunt jette loin de lui les lunettes de soleil contenant le message. Celles-ci explosent dans les airs, ce qui provoque un éboulis et la Twingo est écrasée sous des tonnes de rochers. Ethan enrage et en plus, il se rend compte qu’il n’y a pas d’ascenseur là-haut et qu’il va devoir tout refaire en sens inverse. Découragé, il craque, pleure pendant trente secondes et appelle sa mère.

Mission Impossible 2
Bon, je dors un peu et je repars.

Mais non, on voit que je connais mal le sujet ! Ethan Hunt est un homme-mutant. Pourquoi c’est un homme-mutant ? D’abord, il sait se battre sur une plage, ce qui n’est pas à la portée du premier venu… Bon, l’argument est un peu naze, mais disons qu’il sait se battre ET faire des châteaux de sable en même temps, ce qui est déjà beaucoup plus difficile.

Ensuite, ses cheveux sont éternellement fins et ondulent dans les airs au ralenti : est-ce naturel monsieur le procureur ? Non : c’est un mutant.

Il conduit une voiture à 200 km/h et il évite tous les radars ! C’est un mutant.

Il est scientologue ! C’est un mutant.

Et d’un coup de pied dans le sable, il vous relève un revolver et le saisit en plein vol ! UN MUTANT !!! Aussi, lassé par tant d’énormités, je refaisais la scène : Ethan Hunt qui tape dans le sable et qui se saisit d’un coquillage au vol ; Ethan Hunt qui tape dans le sable et qui ne fait qu’enfoncer encore plus le flingue ; ou Ethan Hunt qui tape dans le sable, qui s’empare du revolver… mais à l’envers… Et donc, là, il panique, il s’emmêle les pinceaux et l’autre a le temps de lui tirer dessus.

Bref, Ethan Hunt est un mutant transgénique. Alors, vous imaginez bien que la descente de la falaise, lui, il la fait en plongeant la tête la première dans le vide, et après une vingtaine de figures différentes (rotation transversale, vrilles, retourné-groupé, entrechats, position du singe dansant…), il se rattrape tout en souplesse à une branche à 1m52 du sol (c’est Tom Cruise, rappelons-le) et là, il se laisse tranquillement tomber sur l’humus. Un peu plus, il nous préparerait une raclette en équilibre au-dessus du vide, cet animal-là !

2 ) Un méchant très méchant et qui fait de la politique : 

Le méchant du film est par contre aussi charismatique qu’un poil de cul. Comme il ressemble à Arnaud Montebourg, je l’appellerai Arnaud Montebourg. Stéréotypé au possible, Arnaud Montebourg nous assène des phrases comiques et lapidaires, comme « Pute ! » (lapidaire) ou « J’ai failli attendre ! » (comique) et n’arrête pas de faire la gueule. Il crâne sans arrêt, mais ne fait pas peur un instant. On dirait plutôt un sale gosse qui veut à tout prix son jouet made in France !

Susceptible, il coupe le bout du doigt de son associé simplement parce que celui-ci lui a fait une petite remarque. Vous imaginez ce que peut faire un tel personnage si on lui dit qu’on n’aime pas sa nouvelle coupe ! Il vous brise le poignet avec un marteau et il vous colle les paupières avec de l’UHU ! Non, vraiment pas terrible comme méchant !

Arnaud Montebourg
Arnaud Montebourg

3 ) On se fout de notre gueule : 

Autre gros défaut du film : l’irréalisme ! Certes, on ne demande pas à un tel film d’être hyper crédible et c’est même amusant de voir, dans Mission Impossible IV, Tom Cruise escalader la plus haute tour du monde. Par contre, le coup des masques en plastique qui trompent l’ennemi dans le film de John Woo, c’est too much et surtout, c’est tellement facile, même si l’effet était déjà présent dans le premier film.

Evidemment, en affublant tout le monde d’un masque hyper-réaliste (tellement réaliste qu’il saigne et porte des traces de coups, comme dans la scène où Montebourg tue par erreur son acolyte !!!), ça rend le scénario beaucoup moins compliqué ! Avec un masque aussi perfectionné, on peut se faire passer pour le président des Etats-Unis et déclencher une guerre nucléaire pour le fun, ou pour Kim Jong-un et faire de la pub pour Coca-Cola, ou pour Jocelyne Wildenstein et… Ah non ! Là, le masque coûterait trop cher !

L’autre problème avec Mission Impossible II, c’est que cette paresse scénaristique qu’est le masque revient plusieurs fois dans le film et on se dit, agacé, qu’ils ont décidément un masque pour toutes les occasions, ces gens-là ! En moins de deux secondes, les voilà métamorphosés en quelqu’un d’autre ! Complètement invraisemblable !… Quoique, à bien y regarder, je pense que Johnny Halliday n’est pas celui qu’on croit : on voit encore le latex qui coule, sur les côtés. Mais, évidemment, un masque ne suffisant pas, il existe un petit appareil – une sorte de scotch – qu’on colle sur la gorge et qui vous transforme la voix, avec les accents étrangers en prime ! Imaginez le pauvre agent devant se faire passer pour Lara Fabian !  « Je refuse cette mission ! Je LA REFUUUSE !!! »

Et puis, comme tout bon film d’action qui se respecte, Mission Impossible II nous sert sa rasade d’explosions d’engins en tout genre, à croire que ces véhicules carburent à la nitroglycérine. Par contre, la scène de la poursuite à moto est pas mal foutue, même si j’ai remarqué que les pneus étaient à la fois route et tout-terrain (j’exagère ^^)…

Mais alors, quand Ethan et Montebourg se foncent dessus à moto, tels deux chevaliers au milieu d’un tournoi, puis se jettent l’un sur l’autre dans les airs, alors que leurs bécanes se rentrent dedans et explosent, là, je n’en pouvais plus ! What the fuck ?! Non mais allô, quoi ! C’est quoi le délire ?! Deux types bien virils qui d’un commun accord se précipitent l’un sur l’autre au guidon de leur grosse bécane et qui se sautent dessus au même moment, comme dans un spectacle de motos acrobatiques ! Mais c’est complètement ridicule ! Je crois que je n’avais pas autant rigolé depuis Emmanuelle III !

Un peu plus à gauche... à droite... Stop... Là, voilà !
Alors attend… Dans un miroir, l’image et inversée, alors si je vise à gauche… Non, à droite… Attend…

4 ) Des effets sonores ultra kitsch :

Enfin, si les plans sont soignés et la photo travaillée, certaines musiques sont un peu soûlantes… quand d’autres font clairement penser à Gladiator, sorti la même année (Hans Zimmer compose la BO des deux films). Passé le son Nu Metal ados boutonneux à capuche de Limp Bizkit, somme toute pas mal – qu’est-il devenu, d’ailleurs, ce groupe ? J’ai beau regarder les avis de décès, je ne le trouve pas –, certains effets « métalleux » sont assez risibles.

Par exemple, pour ceux qui auraient revu le film il y a peu, ou qui l’ont bien en tête (pour les autres, REVOYEZ LA SCÈNE IMMÉDIATEMENT), à un moment, Arnaud Montebourg retrouve son ancienne petite amie, devenue agent infiltrée au service d’Ethan Hunt, Nyah (qui ressemble un peu à feue Audrey Pulvar, pour le coup). Bref, celle-ci débarque de son bateau et s’avance vers le méchant, anxieuse. Les deux se font face sans dire un mot : Montebourg a quelque raison de se méfier de la belle. Le soleil au zénith abat ses rayons brûlants sur les frêles épaules du couple réuni, alors que seul le vent trouble le silence pesant de cette rencontre dangereuse. Soudain, le Chaos, le Drame, l’Apocalypse : dans le larsen électrique d’une Gibson Flying V, l’écharpe de la belle s’envole au ralenti… mais elle est aussitôt rattrapée par la main de Montebourg qui se referme, toujours au ralenti, menaçante et déterminée, sur le fragile tissu bleu. Scène de tension insoutenable… et effet complètement raté !

Conclusion :

Bref, un film tape-à-l’œil qui pour ma part sonne un peu faux malgré quelques réussites, comme la voix de Jane Birkin. On se fatigue de cette glorification inconditionnelle d’un Tom Cruise qui plus est agaçant : le film de John Woo aurait d’ailleurs dû s’appeler Tom Cruise II, tellement l’acteur américain est filmé amoureusement et tellement les autres comédiens, à commencer par la seule femme du film (Thandie Newton), sont relégués au quatrième plan à gauche. Le film aurait également pu s’appeler James Bond Bis, tant l’intrigue fait penser à la célèbre saga.

Pourtant, les critiques de la presse spécialisée à l’égard de Mission Impossible II furent bonnes. Comprend pas. A un moment, pour vous dire, j’étais tellement éloigné de l’intrigue et prêt à trouver le moindre truc rigolo dans n’importe quelle scène que j’en suis venu, lors d’une séquence sur un champ de courses, à imaginer Tom Cruise/Ethan Hunt déguisé en jockey, cherchant à passer inaperçu ou bien jaillissant des starting-blocks sur son cheval blanc… Oui, ma vie est passionnante… Mais bon, c’est John Woo, alors on excuse tout. Eh bien non, messieurs-dames les députés ! Pas de ça chez moi ! Roland Emmerich ou Michael Bay auraient réalisé ce film de la même manière [1], qu’on leur serait (et moi avec) tombé dessus. Alors, je dénonce ! J’accuse ! Je révèle !

A l’inverse, le jour où Fabien Onteniente fera un vrai film, je le signalerai. A bon entendeur. A vous Cognacq-Jay !

Haydenncia

[1] Oui, je sais, ça aurait été pire encore !

Oblivion, de Joseph Kosinski (2013)

J’aurai quel âge en 2077 ? J’aurai… J’aurai… J’aurai un déambulateur, déjà, et pas mal d’arthrose. En tout cas, je serai sans doute, à en croire Oblivion, en partance pour Titan, satellite de Saturne, la Terre ayant été ravagée suite à une guerre (pourtant gagnée) contre les immondes Chacals, ces êtres venus de l’espace… et qui ressemblent un peu aux Hommes des sables de Tatooine, dans Star Wars. En 2077, ne resteront sur notre chère planète que d’immenses plateformes, protégées par des drones, qui pomperont les ressources naturelles pour les rapatrier sur Titan, et des binômes humains chargés de patrouiller, de surveiller et de réparer les drones endommagés ou défectueux. Ça donne envie comme futur, non ?

Oblivion

Jack Harper (Tom Cruise) et sa femme Victoria (Andrea Riseborough) sont l’un de ces binômes. Ils sont sur Terre le temps de leur mission, et vivent dans une station perchée au-dessus des nuages, quelque part sur ce qui reste de la côte Est des Etats-Unis. Leur quotidien est routinier : patrouilles, réparations, inspections et repérages d’éventuels aliens. Heureusement, il ne leur reste que quelques jours de boulot, et ensuite, direction la réserve humaine qui se trouve sur Titan ! Soit dit en passant, je me suis renseigné et Titan n’est pas non plus ce que l’on appelle un lieu de villégiature, même si l’endroit possède des caractéristiques proches de la Terre. Jugez plutôt : la lune de Saturne est constituée principalement d’eau glacée et de roches ; il pleut et il vente du méthane – y allumer une cigarette est un acte suicidaire – et l’atmosphère contient du cyanure ! Certes, on y bronze facilement, la température moyenne étant de 170 °C. Quant au décalage horaire : une journée titanienne fait 16 jours terrestres ! Autant dire que le lundi matin avant de partir au boulot, il y a de quoi pleurer ! De plus, Titan est trois fois plus petit que la Terre, donc pour loger tout le monde, c’est chaud… Mais en même temps, une guerre nucléaire, ça laisse peu de survivants.

En tout cas, pour revenir au film, la perspective de devoir quitter prochainement la Terre n’enchante guère Jack Harper. C’est que lui, la nature, les arbres, les animaux et tout et tout, il aime ça ! L’homme a même son refuge secret : une cabane située près d’un lac, entre deux montagnes boisées, avec Francis Cabrel qui joue de la guitare sur un tronc d’arbre. De plus, depuis quelque temps, Harper est troublé par des rêves étranges, qui s’apparentent plus à des souvenirs, dans lesquels il voit une femme (Olga Kurylenko) qui lui est familière, mais que pourtant il ne connaît pas. Dans ces rêves, lui et cette femme sont en haut de l’Empire State Building et contemplent New York… alors que la ville est totalement détruite depuis pas mal d’années et que Harper ne l’a jamais connue de son vivant. So strange, isn’t it ?

Et puis un jour, l’existence de Jack Harper est bouleversée lorsqu’il sauve une belle inconnue d’un vaisseau qui vient de se crasher. L’arrivée de cette femme va déclencher une série d’évènements qui vont le forcer à remettre en question tout ce qu’il connaissait. A partir de là, sa vie va changer et il va découvrir une vérité plutôt… effrayante : la scientologie n’est qu’une vaste fumisterie !

Oblivion

Oblivion est un projet original et ambitieux, qui aurait pu cependant être mieux approfondi. Pourtant, le film offre un beau spectacle et les effets spéciaux flattent la rétine. Aux manettes, un ancien de la pub, Joseph Kosinski, à qui l’on doit déjà le décevant mais tout aussi épuré Tron : héritage. Ici, Kosinski adapte son propre roman graphique et autant dire que le résultat est plutôt convaincant ; je dirais même poétique. Ce qui fut autrefois New York n’est plus qu’un immense paysage désertique, d’où émergent çà et là les ruines de ce qui fut une civilisation. Ainsi, la pointe du State Building semble jaillir du néant. Quant aux tours jumelles du World Trade Center… Ah non ! Celles-là, ça fait un moment qu’elles ne sont plus là… Certaines parties de cette vaste étendue rocailleuse, où la nature reprend ses droits, sont « interdites de circulation », car trop radioactives. En fait, l’univers d’Oblivion est un univers d’errance, constitué de lignes droites, d’horizontalité et de perspectives fuyantes. Et, je dois dire que c’est assez beau : une beauté triste, mais une beauté quand même.

Tourné avec une nouvelle caméra, le film offre des plans très esthétiques et de jolies images, comme la lune à moitié désintégrée, où cette base immaculée au-dessus des nuages. On sent que le réalisateur a travaillé dans le design, notamment à travers l’architecture des bases ou l’apparence des hélicoptères (techoptères) ou des drones. Et puis, les musiques électro-classiques, confiées au français M83, sont réussies et collent bien à l’ambiance du film. La fin est par contre très balisée et, finalement, sans grande surprise – d’ailleurs, voilà comment ça se termine : … Vous y avez cru, hein ! Arf ! Arf ! Que je suis diabolique !

Je me suis malgré tout laissé prendre au spectacle et j’ai passé un bon moment. De plus, le film contient de nombreuses références qu’on peut s’amuser à déceler (Star Wars, Alien, La Planète des singes, Viens chez moi j’habite chez une copine…)

Joli, mais peu pratique quand on veut faire les courses...
Joli, mais peu pratique quand on veut faire les courses au Carrefour situé en bas…

Côté casting, Tom Cruise fait ce qu’on lui demande. Jack Reacher devient Jack Harper. Dans sa combinaison argentée antitranspirante trouvée à 22,90 euros chez Décathlon, notre sectateur international trouve ici un rôle à sa hauteur. Encore une fois, Pôle Emploi lui a confié la tâche de sauver le monde – et puis, il est Américain. On retrouve également Morgan Freeman, un peu laissé de côté, et Nikolaj Coster-Waldau, qui joue le rôle de Jamie Lannister dans la série Game of Thrones. Mais bon, moi je n’avais d’yeux que pour Olga Kurylenko, même si son jeu est plutôt… léger. Certes, je ne suis pas objectif et je ne vous apprends rien, mais diantre ! qu’est-ce qu’elle est jolie cette demoiselle ! A bien y regarder, je trouve qu’Anne Roumanoff lui ressemble… de dos… à cent mètres… la nuit… par temps de brouillard…

Bref, Oblivion n’est certainement pas un chef-d’œuvre (mieux réalisé, il aurait pu l’être), mais le long-métrage de Kosinski reste un film sympathique, visuellement fort et agréable.

Haydenncia

Jack Reacher, de Christopher McQuarrie (2012)

Basé sur le personnage créé par l’écrivain Lee Child, Jack Reacher est un thriller qui permet à Christopher McQuarrie de revenir en tant que réalisateur, douze ans après Way of the Gun. Plus spécialement reconnu comme scénariste (Usual Suspects, X-Men, Mission Impossible – Protocole Fantôme…), l’Américain livre un film abouti, soucieux de revenir aux sources mêmes du cinéma d’action US des années 70/80.


Jack Reacher

Tom Cruise ne correspond pas vraiment à la description de Jack Reacher que son auteur en fait dans les livres, mais l’acteur se montre réellement investi et au final, c’est un excellent rôle d’ancien militaire « à la dérive qui ne cherche pas les emmerdes », comme il le dit. Sauf que le jour où un ancien collègue de l’armée est accusé d’avoir abattu 5 personnes en plein jour avec un fusil de sniper, Reacher n’a pas d’autres choix que d’enquêter sur cette affaire qui ne colle pas. Avec l’aide de l’avocate du présumé tueur (Rosamund Pike), il va remonter jusqu’à une organisation criminelle qui a monté un complot. Une enquête prenante, bien menée et qui livre des infos au compte-goutte, le tout dans une atmosphère paranoïaque digne des grands classiques du genre. Si le personnage de Reacher excelle (il parle peu, il est énigmatique, et surtout il est bourrin et méthodique dans les scènes d’action), d’autres sont plus mitigés comme Werner Herzog par exemple, mais surtout Jai Courtney, bad guy de l’histoire vraiment pas charismatique et qui jouera le fils de John McClane dans le prochain film de la saga Die Hard (mais par bon sens, je préfère considérer qu’il n’y a que les 3 premiers qui appartiennent vraiment à la saga ;)). Mais qu’importe, c’est pas tous les jours qu’on nous sert un bon thriller old-school, au montage et à la réalisation propre et classieux (voir la course-poursuite finale, très bien rythmée), et encore moins un film qui rend hommage (discrètement certes) à Dirty Harry ou L’Arme Fatale.

Titre original : Jack Reacher
Réalisation : Christopher McQuarrie
Nationalité : Etats-Unis
Scénario : Christopher McQuarrie et Josh Olson d'après Lee Child
Chef opérateur : Caleb Deschanel
Musique : Joe Kraemer
Avec : Tom Cruise, Rosamund Pike, Robert Duvall, Richard Jenkins...
Production : Mutual Film Company, Paramount Pictures et Skydance Productions
Distributeur : Paramount Pictures
Durée : 130mn
Sortie en France : 26 décembre 2012

                                               Dr. Gonzo

Mission Impossible – Ghost Protocol, de Brad Bird (2011)

        Avant qu’un réalisateur ne fût annoncé pour Mission Impossible : Protocole Fantôme, le projet ne m’intéressait que très peu, ayant en mémoire les films précédents qui ne m’ont guère marqué et qui faisait surtout l’auto-célébration de Tom Cruise (et encore plus dans les bonus de Mission Impossible 2, mais là est encore autre chose). Et puis surprise, on annonce que c’est Brad Bird qui est chargé de la réalisation de ce 4ème opus. Le Brad Bird de Pixar, celui des excellents Les Indestructibles et Ratatouille qui plus est. Et là a commencé à germer dans ma tête l’idée qu’il pourrait offrir un film d’action-espionnage subtil et généreux à la fois, et avec une réalisation originale de par son expérience dans l’animation. Et bien le bonhomme ne m’a pas déçu, loin de là.

MI - GP

        Dans ce nouvel épisode, l’agent Ethan Hunt (Tom Cruise) et sa nouvelle équipe composée de William Brandt (excellent Jeremy Renner), Benji Dunn (le délirant Simon Pegg) et Jane Carter (Paula Patton) doivent remplir une mission sans l’autorisation du gouvernement américain et donc sans soutien logistique et financier. Bref ils doivent se démerder pour éviter une guerre mondiale nucléaire, rien que ça. Pour ne rien arranger, Ethan Hunt est reconnu coupable d’actes terroristes contre le Kremlin et est poursuivi par les autorités russes. Le scénario, aussi invraisemblable soit t-il, fait la part belle aux séquences d’action maousses, tels l’épisode à Dubaï ou l’on enchaine sans transition l’escalade du building le plus haut du monde à une course poursuite en voitures en pleine tempête de sable. Mais Mission Impossible – Ghost Protocol sait aussi faire dans le raffiné, comme en témoigne la scène d’infiltration du Kremlin très bien orchestrée, ou encore la scène d’ouverture très bien gérée elle aussi en termes de mise scène et d’escalade de l’intensité dramatique.

MI - GP

        On sent bien toute la maîtrise de Brad Bird pour son film, du rythme dynamique à la direction d’acteurs et d’actrices (cela faisait longtemps que je n’avait pas vu un catfight aussi plaisant, celui dans la tour de Dubaï entre Paula Patton et Léa Seydoux) en passant bien sûr par la réalisation qui fait toute la différence. En effet on voit l’expérience du réal’ dans l’animation et sa transposition des codes de celui-ci injecté dans un film-live. La scène finale dans une usine de voitures est assez jouissive, et renvoie directement à l’esprit décomplexé de Pixar, tout comme le sont les gadgets high-tech utilisés. Bref un très bon divertissement qui surpasse de loin les précédents Mission Impossible, avec à noter également une bande-son explosive de Michael Giacchino qui modernise très bien le thème crée par Danny Elfman pour le premier film adapté de la série.

Titre original : Mission Impossible - Ghost Protocol
Réalisation : Brad Bird
Nationalité : Etats-Unis
Scénario : Josh Appelbaum, André Nemec et Christopher McQuarrie
Chef opérateur : Robert Elswit
Musique : Michael Giacchino
Avec : Tom Cruise, Jeremy Renner, Simon Pegg, Paula Patton, Léa Seydoux...
Production : Paramount Pictures, Bad Robot et Skydance Productions
Distributeur : Paramount 
Durée : 133mn
Sortie en France : 14 décembre 2011