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Survival of the Dead, de George A. Romero (2010)

Survival of the Dead

Alors que le monde est envahi par les morts-vivants, les familles Muldoon et O’Flynn se déchirent sur la petite île de Plum. Si la première tient à se débarrasser des cadavres ambulants, la seconde attend un remède miracle qui redonnera la vie à leurs proches. Chassés, les O’Flynn tombe sur un groupe de déserteurs de l’armée américaine mené par l’ex-sergent Crockett à qui ils demandent de l’aide.

 
        Alors que le père du zombie moderne George A. Romero vient « gentiment » de décliner l’offre alléchante qui lui a été faite quant à la réalisation de plusieurs épisodes de The Walking Dead, je me suis décidé à (enfin) voir son dernier épisode zombiesque en date, le sixième dans sa saga consacrée à cette figure évocatrice du domaine fantastique. Tourné il y a maintenant quatre ans, et distribué un peu bordéliquement en France (mais pas que), celui-ci reprend les personnages des militaires que le groupe de Diary of the Dead (2008) croisaient sur une route. Romero y ajoute une rivalité entre deux familles se disputant  leur île, à l’abri des zombies pour quelques temps.
         N’y allons pas par quatre chemins, Survival of the Dead est loin d’être un film réussi, il fait plutôt honte au reste de la filmographie zombiesque de Romero, déjà un peu salie par son Diary of the Dead, même si celui-ci est plus abouti et surtout plus fun. Ce qui choque d’entrée, c’est le look des zombies et les combats entre eux et les humains, Romero et son équipe ont visiblement du mal à s’adapter aux effets numériques, et cela offre de beaux moments de ridicule, dès la première décapitation. Le sang numérique gicle face à la caméra tout pixelisé qu’il est, et l’on regrette bien l’époque du maquillage et de l’artisanat fait avec amour. Handicapé par cela et par un petit budget, c’est aussi le scénario qui se révèle peu intéressant, avec son lot de moments télécommandés, annihilant l’effet de surprise, ainsi que par un ensemble d’acteurs très peu convainquant, voire antipathique.  Des personnages stéréotypés dont, en fin de compte, on ne se soucie peu du sort macabre auquel ils sont destinés !
-"Oh merde, t'as mangé trop de Roquefort toi !"
-« Oh merde, t’as mangé trop de Roquefort toi ! »
        Pour sauver un peu le film, on retrouve avec plaisir une ambiance typique du sous-genre, avec ambiance post-apocalyptique (mais pas trop, le film débutant six jours après l’épidémie), réflexe de survie à son apogée… Romero tente une approche visuelle influencée par le western, dans un décor en grande partie rural, sans grande réussite, mais pas non plus honteuse surtout vu son âge ! Sans vraiment exploiter les possibilités qu’offre l’île en termes de gestion de l’espace, il se contente d’enchaîner les séquences attendues, vues et revues, et étrangement avec un style entre modernisme et old-school, renvoyant le film à un statut de curiosité. C’est que, quand le nom de Romero est écrit sur une affiche, il y aura toujours des spectateurs !
-"Kamehameha !!!!!!!"
-« Kamehameha !!!!!!! »
        Fidèle à lui-même il construit une réflexion critique, ici orientée sur les valeurs traditionnelles par le biais de la rivalité entre deux familles, largement sous exploitée et surtout involontairement risible. Un comble pour celui qui a critiqué l’absence de portée satirique dans The Walking Dead, alors même que la série d’AMC rend compte magistralement des rapports sociaux en temps de crise. Bref, le dernier film de Romero est à oublier, et il donne surtout envie de revoir sa trilogie originelle, toujours autant poignante et moderne.
Dr. Gonzo
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Impropre à la consommation !


– « Allo ?

– Ouais ici le big boss d’Hollywood ! Comment ça va Paul ? Je t’appelle pour te proposer une suite à Resident Evil : Afterlife, vu qu’il a cartonné partout dans le monde, t’en dis quoi ?

– Oh pas de problème, mais je n’ai pas encore réfléchi au scénario que je peux développer…

– Ok, recontacte moi quand tu auras avancé alors ! Ciao. »

— 5 minutes plus tard —

– « Ouais c’est Paul, c’est bon j’ai la trame principale. Ecoute un peu : Alice et les survivants doivent faire face à une menace encore plus incontrôlable à mesure que l’infection se propage…

– … Ça me rappelle quelque chose… Mais soit plus précis.

– Et bien, cette fois-ci, on met le paquet, les zombies normaux, mais aussi des géants mutants avec des haches, des zombies de l’Armée Rouge et des chiens géants mutants, c’est assez vendeur je trouve.

– Parfait, j’achète, et tu peux rajouter une enfant, on dira que c’est la fille d’Alice, les spectateurs auront plus de sympathie pour elle, et ça développe sa psychologie quoi !

– Va pour la gosse. Et je viens de penser (silence), l’histoire pourrait se dérouler dans un laboratoire top secret sous-marin en Russie, mais où il y a une salle de simulation géante qui peut reproduire des villes comme New York, avec des zombies virtuels et tout et tout…

– Ouais c’est pas mal, ça va rendre la violence plus ludique, z’aime ça les d’jeuns. Et puis rajoute un ou deux trucs du jeux vidéo, sinon ils vont encore faire chier chez Capcom.

– J’ai inclus Ada Wong, justement ! En plus, avec sa robe rouge pétante, c’est trop tendance et tapageur !

– Nikel, bon je trouve les studios disponibles et je te souhaite bon courage, fais ce que tu veux avec la fin de l’histoire, mais faut pas qu’Alice meurt, on prévoit déjà un sixième épisode !

– Normal ! A la fin, on dira que toute l’histoire n’avait pour but de mener à la guerre finale, celle où tout s’achève. Et y’aura même des chauves-souris géantes zombifiées, trop kikoolol.

– Bien, et Milla et toi vous occupez de la promo, comme d’hab ?

– Ouaip !

– Allez, à plus, c’est toujours un plaisir de travailler avec toi !

– De même. Ciao. »

Resident Evil : Retribution, une vision cocaïnée et « What The Fuck » de ce que Paul W.S. Anderson pense du médium cinéma. Un doigt d’honneur énorme aux millions de spectateurs qui vont voir ce film, et un outil de décervelation de masse, en bref la négation du pouvoir créatif et intellectuel de l’être humain au profit… du Profit ! Tout comme la chair infestée par le virus T, Resident Evil : Retribution est un film impropre à la consommation.

Dr. Gonzo