Loft Story chez les cinglés

La Cabane dans les bois, de Drew Goddard (2011)

Cinq jeunes décident de partir passer un week-end dans une cabane perdue au fond des bois. Ça ne vous a jamais effleuré l’esprit ? Moi non plus. Mais bon, eux, ils veulent y aller. Sur place, ils vont vivre un véritable cauchemar, et finalement découvrir une affreuse vérité.

C’était mal parti. Cinq jeunes stéréotypés comme les films d’horreur les aiment tant. Le musclé beau gosse qui dit avoir 23 ans alors qu’il en a dix de plus. La blonde nymphomane que vous pourrez toujours essayer de trouver dans votre fac, vous n’y arriverez pas. L’intello de service, beau gosse lui aussi, musclé, mais intello, ce qui le différencie du premier qui, pourtant, n’a pas l’air si con que ça. Il y a aussi la naïve, jolie rousse qui a plus d’un tour dans son sac Hermès. Et enfin le rigolo de service, ici un fumeur de joints philosophe et mal coiffé.

Qui appelle Valérie Damidot ?

C’était mal parti donc. Pourtant, le film est parvenu, sinon à m’effrayer – il ne fait pas peur, entendons-nous bien –, néanmoins à me surprendre par son originalité. Et finalement, on comprend mieux par la suite la raison d’un tel choix de personnages. Car voilà le point fort de La Cabane dans les bois : il commence avec une histoire banale de film d’horreur américain et se révèle en fin de compte plus astucieux que ça.

En effet, durant la première partie du film, j’étais plus que perplexe, en voyant cette bande de teen-agers américains, qui rencontrent à l’orée du bois le redneck de service à sa station essence, et qui prennent la direction d’une bicoque pommée au fond des bois que même toi quand tu la vois tu te dis avec raison : « Et si on allait se faire un bon vieux Mac Do ? ». Je ne dévoile pas l’intrigue, évidemment, mais je peux vous dire qu’il y en a deux en parallèle. Et que si au départ on est un peu perdu, les pièces du puzzle finissent par s’assembler pour donner au final un film plutôt original, drôle par moments, légèrement sanglant, et franchement jouissif dans sa dernière partie.

Néanmoins, La Cabane dans les bois possède encore les faiblesses du genre : un coup de couteau dans le dos, surtout quand il est bien planté, soit ça vous rend tétraplégique à vie, soit ça vous tue, mais en tout cas vous ne pouvez pas courir comme Usain Bolt quelques minutes après. Quand votre petit(e) ami(e) meurt trucidé(e) à côté de vous dans la vraie vie, il se peut que par la suite vous soyez victime : 1) d’une sévère panique, 2) d’une léthargie post-traumatique et surtout 3) d’une immense tristesse, et non d’une amnésie express du genre :
(inquiet) « Où est Cindy ?…
– Elle est morte…
– Oh merde !…
– Mais bon, là, rien que d’en parler, ça va mieux. Allez, on se bouge ! »
Cependant, je sais que j’exagère : on ne demande pas à ce genre de film d’être ultraréaliste, mais juste fun et rythmé.

Au final, je considère que l’histoire aurait pu être un peu plus approfondie, mieux exploitée et que, somme tout, on a parfois un peu de mal à y croire. Mais, l’ensemble reste agréable à regarder et le scénario a le mérite d’être original. Bonne copie, donc, mais quelques points à revoir.

 Haydenncia

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Une réflexion sur “ Loft Story chez les cinglés ”

  1. Un film qui tord les clichés du genre que je n’ai pas vu venir malgré un début un peu long et habituel. La dernière partie est jouissive et originale. J’adhère au final.

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