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Bonne année et autres petites choses de la vie…

Cher lectorat adoré.

Ça y’est, 2013 se termine et 2014 s’apprête à passer la frontière, comme tous ces petits Maghrébins hirsutes et ces Roumains mal habillés. J’espère que l’année 2013 a été pour toi source de réjouissances et de félicité. T’as kiffé grave, mon cochon ! Alors que 2013 touche à sa fin et que tu t’apprêtes à regarder Arthur et ses amis célébrer Roch Hachana sur TF1, Cinefusion t’adresse ses meilleurs vœux pour l’année qui commence. Que tu sois chrétien, juif, musulman, abonné à Astrapi, cruciverbiste tendance hardcore ou Laurent Romejko, Cinefusion te souhaite une bonne année 2014 ! Par contre, si tu es bouddhiste et que tu aimes, comme Matthieu Ricard, ressembler à Mr Propre avec une robe, là, ça le fait pas ! Faut pas déconner ! C’est terminé, les croyances pacifistes – out, fini, game over ! « Nature et Découverte » ou Trésor-du-Tibet.com, tout ça, c’est démodé !  Il faut se moderniser, mon p’tit vieux !

Bonne année 2014

Souvenez-vous, lors de nos vœux pour la fin d’année 2012, Cinefusion vous avait posé quelques questions essentielles, sinon fondamentales. D’ailleurs, nous attendons les réponses de Frédéric Tarantino, comme promis. Cette année, nous avons décidé de faire, non pas le bilan de l’année passée, comme tant de journaux le font actuellement, mais celui de l’année à venir, et ce avec l’aide d’Emmett Brown et de Claude Alexis (les deux ont une coiffure improbable). C’est parti, mon junkie !

– Politique : Aïe ! Aïe ! Aïe !
– Economie : Aïe ! Aïe ! Aïe !
– Religion : Aïe ! Aïe ! Aïe !
– Météo : Aïe ! Aïe ! Aïe !
– Télévision : Vivement dimanche prochain de Michel Drucker devient Vivement demain.
AÏE ! AÏE ! AÏE !

Voilà, c’était le bilan de l’année 2014. Bonne année 😦

Toutefois, n’allez pas tout de suite chercher le nœud coulant, car voici quelques bonnes nouvelles divulguées à mon oreille par Elizabeth Teissier (« Non, Elizabeth Teissier n’est pas morte ! »). Eh quoi, un peu d’optimisme, que diable !

  1. En 2014, un bus transportant Lara Fabian, Johnny Hallyday, Morandini, Nabila, Dieudonné et Nadine Morano percute une camionnette avec à son bord Alain Delon, Benjamin Castaldi, Frigide Barjot, Booba, Bouvard et Les Chevaliers du Fiel. Le chauffeur du bus est béatifié ; son cortège funéraire rassemble plus d’un million de personnes.
  2. En 2014, la Chine décide d’exiler la moitié de sa population au Luxembourg « parce qu’on commence à être un peu trop serrés hihihi » (Xi Jinping). Le Grand-duc a une syncope.
  3. En 2014 : envoi du premier mouflon dans l’espace. Il faut bien un début à tout. En 2015, ce sera le tour d’une girafe.
  4. En 2014, la banquise a encore fondu et le niveau de l’océan encore monté, mais en même temps, c’est cool de pouvoir profiter de la mer quand on habite à Clermont-Ferrand.
  5. En 2014, le calendrier est totalement modifié. Noël passe en juin, les vacances de la Toussaint en avril et le 15 août en février. Le changement, c’est maintenant.
  6. En 2014, depuis Mars, le robot Curiosity nous envoie ce message : « Kssshhh… Il n’y a pas de vie sur Mars…. Kssshhh… Par contre, il y a déjà un Mac Donald ! Kssshhh… ».
  7. En 2014, commémoration des Poilus, en partenariat avec Gillette, Wilkinson, Braun…
  8. En 2014, sortie de gros films : Godzilla Sin City 2 ; dernière partie du Hobbit (elle-même divisée en 3 sous-parties, une par semaine) ; The Grand Budapest Hotel ; Gone Girl ; Jojo les Burettes ou la véritable histoire de Nelson Mandela René, roi du métro ou encore Donne-moi ta mère que j’te recommence !

Calvin et Hobbes

Pour finir, quelques conseils pour passer une bonne année 2014.

  1. En 2014, on débranche TOUS LES MALADES EN FIN DE VIE !!! Pardon, je n’ai pas pris mon anxiolytique. En 2014, on débranche son portable au moins une fois dans l’année et on écoute « Chants sioux au clair de lune » dans les vapeurs d’encens. Au moins la piste 1. Vous verrez, ça fait fichtrement du bien. Hayayaya Hayayaya !
  2. En 2014, on fait du sport. On se défoule, on court, on transpire les 4-5-6 janvier et ensuite : total farniente pendant le reste de l’année ! C’est ça, la vie.
  3. En 2014, on ne s’approche plus des maternelles tout nu. On peut continuer avec les maisons de retraite.
  4. En 2014, on arrête d’insulter les pauvres… Pourtant, c’est marrant… Mais, on arrête…
  5. En 2014, on va sur Cinefusion. En 2014, on va sur Cinefusion. En 2014, on va sur Cinefusion. En 2014, on va sur Cinefusion. En 2014, on va sur Cinefusion. En 2014, on va sur Cinefusion. En 2014, on va sur Cinefusion. En 2014, on va sur Cinefusion. En 2014…

Voilà. Dr Gonzo et moi-même souhaitons à toutes et à tous ce qu’il vous faut de mieux pour l’année qui commence : bons résultats scolaires, amour, argent, naissance, mariage, sortie de prison…

Quoi qu’il en soit, cette année sera une année pleine de mystère, décidément aussi hermétique que les Saintes Ecritures ou le slip de David Pujadas. Gros bisous. Et n’oubliez pas : ce soir, si tu tiens à quelqu’un, tu le retiens ; mais si tu n’y tiens pas beaucoup, laisse-le partir bourré sur l’autoroute.

Haydenncia

Les Gamins, d’Anthony Marciano (2013)

De temps en temps, sur les écrans français, sortent des films que l’on pourrait qualifier sans condescendance de « populaires et sympathiques et qui détendent et t’aurais pas vingt euros faut que je m’achète de la soupe chez Ikea ? ». Les Gamins fait partie de ce genre de film.

Thomas (Max Boublil) est un jeune homme qui rêve de faire carrière dans la musique. Gilbert (Alain Chabat) quant à lui est le futur beau-père de Thomas, marié à Suzanne (Sandrine Kiberlain) depuis 30 ans et père de Lola (Mélanie Bernier), la fiancée de Thomas. Lassé de sa vie de couple plan-plan, Gilbert décide un jour de partir refaire sa vie, entraînant Thomas avec lui pour lui éviter de sombrer dans la même routine. Cette nouvelle vie de gamins va leur permettre de vivre la vie sous un nouveau jour, sans les soucis du quotidien, mais aussi de s’en créer d’autres.

Les Gamins

Certes, le scénario des Gamins en lui-même n’est pas révolutionnaire et l’on pourrait même – mais c’est souvent le cas avec ce genre de comédie – dénoncer une sorte d’« empilement de sketchs » plus ou moins drôles. Cependant, globalement, le résultat est réussi, notamment grâce à des dialogues souvent « poilants » (mot que je n’utiliserai qu’une seule fois dans ma vie) et « qui font mouche » (expression que je n’utiliserai qu’une seule fois dans ma vie également).

Alors, autant dire que quand on a envie de se détendre en riant un bon coup après avoir découpé le fils du voisin pour le mettre dans le congélateur (ou découpé le congélateur pour le mettre dans le fils du voisin… ou découpé le voisin pour le mettre dans le fils du congélateur), un tel film fait du bien. Même si, encore une fois, tout n’est pas parfait.

Pour faire simple, la première partie, celle où le père Alain Chabat décide de franchement s’éclater et embarque avec lui le beau-fils Max Boublil, est franchement tordante, parce que digressive et relâchée. Puis, le rythme retombe un peu et la fin, mais comme la plupart des fins de comédies françaises, est assez convenue (en gros, on retombe dans le nian-nian gentillet romantique qui finit bien).

Cependant, outre le fait que cette fin sans surprise ne gâche rien à l’ensemble, plusieurs passages sont clairement drôles, notamment cette scène avec Patrick Bruel jouant un sosie agent immobilier, ou encore celle du vendeur de vin qui, quand il est bourré… De plus, on a droit à un hommage appuyé à une scène culte de Mary à tout prix (Peter Farrelly, 1998).

Les Gamins

Alors évidemment, étant donné que chaque apparition de Chabat et ses mimiques d’ado attardé dans un film me fait marrer, son rôle d’ado attardé dans Les Gamins ne pouvait que me combler. Faut le voir, à 54 ans, faire du roller en mini-short jambes épilées.

Quant à Max Boule et Bill, pour être tout à fait honnête, j’ai beaucoup de mal avec son humour un peu « idole des jeunes ». Cependant, je dois avouer que son personnage est plutôt drôle. Max, tu remontes dans mon estime (et beaucoup aimeraient être à ta place, bonhomme). Tu deviens un artiste de grand calibre, Max.

Sandrine Kiberlain, quant à elle, prouve qu’elle a décidément un fort potentiel comique (ce que confirme son rôle hilarant dans 9 mois ferme, d’Albert Dupontel, 2013). D’ailleurs, j’en connais aussi des gens qui ne terminent jamais leurs phrases (môman si tu me lis) et des fanatiques casses-couilles du bio et autre nourriture pour lapins (pas de dénonciation ici).

Enfin, il y a cette actrice que je ne connaissais pas et dont je vais désormais suivre la carrière avec assiduité et attention, la talentueuse et délicieuse Mélanie Bernier ♡ ♡ ♡. Tu l’entends, mon petit cœur qui bat, Mélanie ? « La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur et termine dans mon slip. » (Paul Eluard sauf la fin).

Les Gamins

Bref, voilà avec Les Gamins une assez bonne surprise, un film efficace et saint Patoche à voir tranquillement en survêt-chaussons-bière chez soi un soir d’hiver alors que les clochards fouillent vos poubelles.

Et puis, quand en plus on a Iggy Pop en guest star, alias « L’Iguane », alias « France Gall après un séjour dans le désert », on ne peut que hurler son enthousiasme et se précipiter sur ce film ^^.

Haydenncia

P.-S. – Un jeu de mot tout pourri s’est glissé dans cette critique, sauras-tu le retrouver ? Indice : « Hervé Cristiani ».

Mary et Max, d’Adam Elliot (2009)

Mary et Max affiche du film

Aussi étrange qu’un électeur Chasse, pêche, nature et traditions ; aussi insolite qu’un Allemand sans chaussettes sous ses tongs ; aussi bizarre que Julien Lepers en période de transe, voici Mary et Max, un film d’animation en pâte à modeler pour adultes venu d’Australie. Oui, ne le montrez pas à vos enfants en bas âge, c’est un conseil.

Sur plus de vingt ans et d’un continent à l’autre, Mary et Max raconte l’histoire d’une relation épistolaire entre deux personnes très différentes : Mary Dinkle, une fillette de 8 ans joufflue et solitaire, vivant dans la banlieue de Melbourne, en Australie, et Max Horowitz, un juif obèse de 44 ans, atteint du syndrome d’Asperger et habitant dans la jungle urbaine de New York.

Mary et Max

Alors, deux sentiments pour ce film, docteur :

D’abord, le sentiment positif : Mary et Max est un très beau film, avec une jolie histoire. Une histoire adulte, pour un public adulte (le film aborde des questions comme la maladie, le handicap, l’antisémitisme, l’homosexualité, le suicide, l’alcoolisme), mais pleine de poésie et de charme : celle de deux êtres esseulés, qui vont apprendre à se connaître par correspondance jusqu’à devenir amis. Deux êtres qui vont se poser des questions fondamentales et parfois surprenantes sur la vie, l’amour, la mort et Jean-Michel Aphatie (qui ne s’est jamais posé de questions sur Jean-Michel Aphatie ?). Il y a beaucoup d’humour dans Mary et Max, et il fait souvent mouche. La claymotion (animation en volume) est fluide et belle, servie par de belles lumières, et les petits personnages ont des visages amusants et toonesques. Qui plus est, la BO n’est pas mal du tout et les voix françaises comme originales sont réussies (Denis Podalydès fait la voix off).

Maintenant, le sentiment « négatif » – the bad one. Mary et Max est un peu dans la veine de Coraline (Henry Selick, 2009), que j’ai néanmoins préféré. C’est-à-dire que le scénario est très noir, très sombre avec des couleurs gris-marron, une esthétique froide et une atmosphère assez triste et dépressive. Les vues de New York, notamment, font penser à Gotham City version Tim Burton. On n’est clairement pas du côté de Wallace et Gromit. Ou alors, Wallace qui serait devenu héroïnomane et Gromit qui aurait été interné et lobotomisé. De fait, je n’ai pas vraiment réussi à m’attacher aux deux personnages principaux, peut-être à cause de leur bizarrerie paroxysmique. Et je dois avouer que les visages amusants et toonesques que je décrivais tout à l’heure, peuvent aussi être angoissants et mettre mal à l’aise. Enfin, le film traîne parfois en longueur.

Mary et Max

Sur un scénario inventif et sarcastique, voilà un beau film d’animation pour adultes, mais qui m’a quand même laissé légèrement cafardeux. Toutefois, Mary et Max a le mérite d’innover, d’être original et de poser des questions intéressantes. Et la fin est très belle. Et j’aime les pâtes à la carbonara. Et un jour bah j’ai tué une guêpe rien qu’en la regardant dans les yeux… Je suis fatigué…

Haydenncia

Bons baisers de Bruges, de Martin McDonagh (2008)

Comme le rappelait sans cesse Clémenceau à ses Poilus qui, pour le coup, ne voyaient pas le rapport, faire rire au cinéma est sans doute l’une des choses les plus difficiles, tant les voies de l’humour sont impénétrables. Bien souvent perdu dans les récifs de la vulgarité, de l’humour franchouillard, du mauvais goût parfois obscène, le bateau « comédie » est l’un des plus difficiles à manœuvrer. Notons que la tâche est ardue : ce qui fait rire les uns ne fait pas rire les autres. De fait, il est rare qu’un film emporte tous les suffrages, en matière d’humour comme en matière de frissons, de romantisme… Par exemple, j’ai quelques fois souri devant Bienvenue chez les Ch’tis, mais sans plus, alors que ce film a pourtant fait rire des millions de Français. Par contre, la franchise ZAZ ou même un film comme Hot Shot 2 m’ont toujours fait marrer, quand d’autres resteront dépités et perplexes devant ce genre d’humour absurde et parodique, adepte des gags en arrière-plan et de la débilité la plus ambrosiaque (aujourd’hui, je devais placer ce mot, « ambrosiaque »… Demain, je placerais « Yamoussoukro »). Néanmoins, en se fiant aux critiques de la presse et des spectateurs, on peut penser qu’un film comme Bons baisers de Bruges obtient la majorité des suffrages et qu’il fait rire le plus grand nombre. Je dis : voilà qui est bien mérité ! But, what about the story, my dear Watson ?

Bons baisers de Bruges

A la suite d’une mission qui a mal tournée, deux tueurs à gages britanniques au caractère totalement opposé, Ray (Colin Farrell) et Ken (Brendan Gleeson), sont envoyés par leur patron, Harry Waters (Ralph Fiennes), se faire oublier quelque temps à Bruges jusqu’à ce que celui-ci les rappelle. Sachant qu’ils n’ont pas le droit de quitter la ville belge et choisissant de faire contre mauvaise fortune bon cœur, le plus âgé des deux, Ken, en profite pour visiter la belle cité médiévale, ses canaux, ses musées, et s’enrichir culturellement… Mais, pour le jeune Ray, il n’en est pas question ! Lui qui a autant d’affection pour les musées qu’un Taliban pour les sex-shops, il s’ennuie ferme et attend le coup de fil du patron avec impatience. Cette ville l’oppresse et, qui plus est, le souvenir asphyxiant d’un enfant qu’il a accidentellement tué lors d’un précédent contrat le hante nuit et jour. Forcés de cohabiter, les deux tueurs finissent par s’estimer – Ken gardant un œil paternaliste sur son jeune collègue un peu bougon. Malheureusement, un appel du patron ordonne à Ken de liquider Ray, pour punir ce dernier d’avoir tué un enfant…

Bons baisers de Bruges

Voilà donc un film qui m’a fait rire. Surréaliste, drôle, très drôle même, mais aussi assez violent, rythmé, sentimental, Bons baisers de Bruges est une vraie réussite, un pur moment de bonheur et de divertissement ! Si la simple idée d’« enfermer » deux tueurs à gages dans une ville belge pendant deux semaines offre de belles trouvailles scénaristiques, elle permet, surtout, de montrer le « quotidien » de tels personnages généralement antipathiques quand ils se retrouvent sans contrat et obligés de ronger leur frein. Que font deux tueurs à gages quand ils n’ont pas de travail ? A première vue, on penserait, vu le milieu dans lequel ils évoluent, qu’ils passent leurs nuits aux bordels, dans les boîtes de nuit glauques, et leurs journées à dormir, à nettoyer leurs armes et à sniffer de la coke… Or, en voyant nos deux hommes de main se promener dans les rues de la ville, forcés de jouer les touristes, d’admirer les rues pavées, l’architecture gothique, le patrimoine sublime de la « Venise du Nord », on ne peut s’empêcher de les trouver franchement sympathiques et plus humains. Leur excursion à travers la ville va d’ailleurs être l’occasion, surtout pour Ray, de découvrir une pléiade d’individus délirants (un nain raciste, un skinhead joué par Jérémie Renier…).

Notons au passage que les trois principaux acteurs, Colin Farrell, Brendan Gleeson et Ralph Fiennes, offrent grâce aux personnages qu’ils incarnent une savoureuse palette de caractères. Brendan Gleeson joue donc Ken, le tueur le plus âgé des deux. C’est un bonhomme tempéré, calme ; on sent qu’il est curieux, qu’il aime se cultiver, se promener… quand il n’est pas occupé par ses activités de tueur professionnel. Clairement, il est charmé par la cité lacustre et, dans un souci éducatif, il tente difficilement de faire partager son admiration pour la ville à son jeune collègue. Hélas, Ray est tout l’inverse : grognon, gamin, un brin misanthrope, il se laisse traîner dehors par son acolyte pour lui faire plaisir, mais s’il pouvait, il resterait dormir nuit et jour dans sa chambre d’hôtel ! Bruges lui fout clairement le cafard – cette ville le déprime et il le fait savoir. Et puis quoi ? Quelle idée d’aller se balader dans les rues embrumées ou d’admirer une peinture flamande du XVe siècle à laquelle, de toute façon, il ne comprend rien ? C’était sans compter sur sa rencontre avec une jolie jeune femme (Clémence Poésy), qui va quelque peu changer notre homme. Colin Farrell montre ici son fort potentiel d’acteur comique et tout le talent qui est le sien. Avec sa tête boudeuse ou ahurie, son air infantile, naïf et chamailleur, il est excellent et même émouvant. Les deux complices forment un tandem aussi explosif qu’attachant. Ralph Fiennes, enfin, est parfait en grand méchant complètement déglingué, mais avec un grand sens de l’honneur, et la scène avec le gardien du beffroi m’a tellement fait rire que je l’ai passée et repassée plusieurs fois !

Bons baisers de Bruges

Vous l’aurez compris, Bons baisers de Bruges a provoqué chez moi plusieurs beaux fous rires, mais pas que. En ces temps hivernaux où la famine et le choléra grondent, où les corbeaux patientent dans le ciel pluvieux, où les loups sortent des bois, guidés par la faim et un GPS TomTom Go Live 820 Europe, où deux gugusses cabots et arrivistes donnent de la vie politique française une image bien pitoyable, comprenez les vertus d’un tel film salutaire ! Ajoutons à cela des dialogues ciselés et inventifs, des scènes démentes, un bon petit suspense, le tout dans le beau cadre qu’offre la ville flamande, et on obtient un merveilleux cocktail qui se laisse siroter sans difficulté.

Incorrect, jouissif, intelligent, drôle et décalé, Bons baisers de Bruges est un film à voir ou à revoir absolument !

Haydenncia

Chers lecteur, dear readers, queridos lectores, عزيزي القارئ

     Chers lecteurs,

     Voilà presque un mois que Cine/Fusion est lancé. Un mois, c’est long, c’est court, c’est rond et ça fait des bulles. Un mois, ça passe vite. En un mois, nous avons rédigé 19 articles. 19 articles, c’est peu et c’est beaucoup en même temps. En effectuant des calculs complexes que seuls les ordinateurs les plus puissants de la NASA ou un boulier chinois peuvent accomplir, on arrive au résultat d’environ 1,5 article par jour… Dingue… Mais, sommes-nous ici pour parler chiffres ? Je ne le crois pas. Ce monde capitaliste nous rend fous ! La critique ne devrait pas être chiffrable. La critique est à la fois instinctive et construite, elle est pure, elle répond à l’appel du moment et non à celui du rendement. Or, il faut pour tout blog censé faire de la critique cinématographique un minimum de rendement, sous peine de perdre des visiteurs, même les plus fidèles. C’est normal et, finalement, c’est même motivant. Cela pousse à voir, à revoir, à lavoir encore plus de films. Et puisque c’est une passion pour nous, alors tout va bien.

     Chacun des rédacteurs de ce site – au nombre indéfinissable de deux, bientôt trois – mène sa petite vie à côté ; or, écrire une critique prend du temps, et le temps, c’est de l’argent, et l’argent ne fait pas le bonheur, et le bonheur est une idée neuve en Europe et Europe est un groupe de rock suédois formé en 1978 et qui beuglait « It’s the final countdooown !!! ». Tout cela est tellement logique, mais je ne sais plus où j’en suis. Ah si ! Ecrire un article prend du temps. Parfois donc, il se peut qu’il y ait un peu plus d’espace entre deux critiques, et que les deux suivantes s’enchaînent rapidement. Nous n’avons pas de rythme défini. Après tout, « c’est pas une usine ici, coco ! », comme le faisait remarquer Henri Ford à l’un de ses ouvriers, qui justement disait que « si, c’est une usine ici, monsieur… », et Henri Ford, la bouche ouverte, le regard perdu, ne savait plus quoi répondre. Néanmoins, ici, ça n’est pas une usine. C’est un petit artisanat comme il y en a tant dans le Lubéron. Nous écrivons nos critiques avec amour et savoir-faire, et cela demande du temps. Et nous savons que vous êtes compréhensifs et patients. Surtout toi, Jean-Luc. Mais toi, tu es tellement particulier… Recrache cet oiseau que tu as dans la bouche, Jean-Luc…

     Le monde grandit sans cesse. La terre compte 7 milliards d’êtres humains… et 10 millions de Belges (la personne à qui j’emprunte cette phrase se reconnaîtra ^^). Aussi, Dr. Gonzo et moi-même, deux petites entités humbles et naïves sur cette planète immense, nous tentons de faire le maximum pour accueillir chaque jour un peu plus de visiteurs sur notre blog. Les choses se passent plutôt bien, même si un problème au niveau du post de commentaires a un peu gâché la fête. Un peu comme quand un type s’incruste à l’anniversaire d’un petit garçon et lui balance « Pardon petit, mais y a ce qui reste d’un chien accroché à mon pare-buffle, et sur son collier y avait marqué ton adresse… ». Mais, ce problème de commentaires semble réglé, alors n’hésitez pas à poster, et même à riposter !

     Cependant, rien n’est mieux pour se faire connaître que le bouche à oreille, ou le bouche à pied, mais le bouche à pied est une pratique érotique aborigène qui, ici, ne nous concerne pas. Le bouche à oreille, par contre, est très intéressant. Aussi, nous comptons sur votre inépuisable gentillesse, votre grande générosité et votre bonté reconnue de Mulhouse à Katmandou pour faire de la pub pour ce blog, en parler autour de vous, graver son nom sur les cahiers d’écolier, sur les pupitres et les arbres, sur le sable sur la neige. Nous devons faire paniquer Mark Zuckerberg ! Et on peut y arriver, mes enfants ! Bon, dans une petite centaine d’années, sans doute, mais ça sera toujours mieux que rien !

     Sur ce, Dr. Gonzo se joint à moi pour vous remercier toutes et tous qui passez par-là. Tiens ! Benjamin Castaldi ! Que faites-vous ici, enfin ?

     Bref, bonne lecture !

 Haydenncia