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Polisse, de Maïwenn (2011)

Envie de rigoler ? Besoin de se changer les idées après une journée difficile ? D’abord, aller faire un tour sur ce site, prolixe en blagues cocasses et autres calembredaines subtiles : http://pflestroisroses.fr/. Ensuite, le dernier film de Maïwenn est fait pour vous. Vous, l’amateur de gauloiseries fines, l’adepte de facéties inventives, l’aficionado de… de… Pardon, on me fait de grands signes, là-bas, en face. Euh… Apparemment non, Polisse n’est pas le genre de film pour s’éclater entre potes et se décompresser le cervelet. Je relis ma fiche… Pompompomlalaladidoudidou… Houlà ! Oui !… Houlà ! En effet…

Polisse décrit le quotidien des policiers de la brigade de protection des mineurs (BPM) de Paris, où Mélissa (Maïwenn), une jeune femme mandatée par le ministère de l’Intérieur est envoyée pour faire un reportage dans l’unité en charge des affaires de mœurs. Le film montre comment ces policiers tentent de conjuguer leur métier difficile avec leur vie privée… En invité-surprise, Louis de Funès.

Mmh… Moi qui voulais rire ce soir, je crois que c’est râpé. Tant pis, le film a quand même l’air intéressant : je le visionne et on se retrouve après.

           (127 minutes plus tard)

Ah ! Ah ! Ah ! T’es con, Roger ! T’es con, alors ! Tu… Oups ! Pardon.

Voilà un film-choc, au sujet plus que difficile, car il s’agit de montrer des enfants victimes de pédophilie, de violence ou encore d’abandon. Avec Polisse, on est en pleine incursion au sein d’une brigade spécialisée, au quotidien naturellement difficile vu le travail qui est le leur, et d’ailleurs on ne peut que féliciter les vrais membres de la BPM. C’était mon petit instant « hommage à la République » et là, je suis sérieux. Parce qu’ils en entendent, jour après jour, des trucs glauques. Dans le film, mais évidemment que cela existe en vrai, c’est par exemple la mère qui secoue son bébé pour qu’il arrête de pleurer… La scène avec le père pédophile, mais haut placé et qui dit « avoir le bras long » est particulièrement révoltante. Et « révoltante » est un mot faible, ici. Dégueulasse, abjecte, vomitive.

Le film est servi par un beau casting : Karine Viard, Marina Foïs, Nicolas Duvauchelle, Karole Rocher (j’aime bien cette actrice, très juste, au jeu abrupte), Joey Starr (Po ! Po ! Po !). Seule Maïwenn, aussi bonne réalisatrice qu’elle soit, fait un peu tâche dans cet univers brutal, et agace avec son petit air de « j’ai un chignon et des lunettes parce que je suis sérieuse, mais tout à coup je les enlève parce que je suis amoureuse… ».

Mais surtout, Polisse est un film touchant, poignant, aux dialogues qui sonnent juste. Joey Starr est très bon, très émouvant (mais, rien de plus normal quand on a chanté « Paris sous les bombes ! » et « J’appuie sur la gâchette »). Le film le montre en écorché vif, qui veut tout faire pour le bien des mômes qu’il croise. La scène où il est avec le petit garçon que la brigade s’apprête à séparer de sa mère SDF est très émouvante. Diantre ! C’est qu’il y a un cœur qui bat sous ma petite cuirasse de tatou bolivien. Mais dure, la scène… dure, dure…

Le film montre également la vie au sein de la BPM, toujours dans l’urgence, mais parfois confrontée à l’impuissance. Coups de gueule entre collègues, larmes, fous rires et blagues de mauvais goût, mais qui permettent de relâcher la tension. Avec de belles scènes, comme ce moment où la brigade danse dans une boîte de nuit et oublie, l’espace d’une nuit, le temps d’une musique, l’univers sale, poisseux, violent, mais pourtant bien réel dans lequel elle travaille.

Alors oui, je déconne, oui je plaisante, mais ce film m’a particulièrement touché. C’est un film dérangeant, mais nécessaire et bien foutu. Un film qui vous ferait haïr une partie de l’humanité, mais aussi adorer l’autre partie. On trouve même dans Polisse de l’humour, deux trois moments qui nous font sourire dans un cadre aussi grave, et rien que pour ça, je dis bravo !

Haydenncia

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Haute Tension, d’Alexandre Aja (2003)

Si comme moi vous aimez découper des chatons avec un épluche-légumes au crépuscule dans une maternelle désaffectée en chantant « Gloire à Satan » nu et recouvert du sang de votre belle-mère, alors le mot « gore » ne vous répugnera pas. Bon, je ne fais pas ça tous les week-ends non plus. Les belles-mères, ça ne court pas les rues ! Mais, une fois tous les deux mois, ça requinque. Un conseil : si vous avez des examens bientôt, c’est une bonne méthode pour les appréhender sereinement, avec la drogue.

Alexandre Aja, lui en tout cas, apprécie le « gore » (par gore, j’entends des scènes sanglantes et très explicites. Enfin bref, du gore, quoi !) et en plus de cela, je trouve que c’est un bon réalisateur. Meilleur en tout cas que son père Alexandre Arcadie. Ça, c’était pour la méchanceté gratuite. Deux films d’Aja m’ont particulièrement plus : le remake de La Colline a des yeux que je trouve très réussi et bien flippant par moments, et Piranha 3D, complètement barré et jouissif (et avec Kelly Brook ;)). Et les deux, justement, sont bien gores. Haute Tension, s’il n’atteint pas leur niveau, n’échappe pas à la règle en matière de tuerie sanguinolente.

Je reviens, je vais tailler la haie du voisin…

Pour réviser tranquillement leurs examens, deux jeunes femmes, Marie et Alex (Cécile de France et Maïwenn) s’installent à la campagne, chez la famille d’Alex. Dès la première nuit, une vieille camionnette s’arrête devant la ferme rénovée. Dans les minutes qui suivent, la famille est attaquée par un psychopathe en salopette (Philippe Nahon, superbe)…

D’après moi, le film se divise en trois parties. Je ne vais rien dévoiler de l’histoire, mais je considère que la première partie est la meilleure et la plus flippante. Les deux autres parties pèchent un peu en comparaison. Et malgré le final surprenant (mais un peu décevant pour ma part), j’ai trouvé quelques incohérences. De plus, j’aurais aimé voir dispensés un peu plus d’indices çà et là. Et puis, les orties, ça pique. Et puis, j’aime pas les endives… Ni les gens qui oublient de mettre leur clignotant quand ils quittent un rond-point… Et j’aime pas beaucoup Bruno Gollnisch non plus… Voilà, je vous ai dit à peu près tout ce que je n’aimais pas, tout ce que j’avais sur le cœur, passons à autre chose. Merci de m’avoir écouté. Gros bisous.

La bande originale de Haute Tension est suffisamment réussie pour, justement, nous mettre continuellement sous tension. Tant qu’à parler de musique, ceux qui aiment le groupe Muse auront droit à une très bonne scène. Le psychopathe n’a rien à envier à ses cousins Américains. Je ne sais pas si ce genre d’individu traîne dans nos campagnes, mais dans certains coins de la France, ça ne m’étonnerait pas ;)… Enfin, les deux actrices, que l’on n’est pas habitué à voir dans ce genre de rôle, se révèlent convaincantes.

 Par contre, je dis ça pour les enfants qui nous lisent : d’abord, allez vous coucher ! Qu’il soit 12h, 16h ou 21h10, je ne vous pas voir là ! Zou ! Et ensuite, ce film est réservé aux majeurs vaccinés et solides mentalement. Car, ça gicle. Pas souvent, mais ça gicle. Ça gicle et c’est bien fait. Mention spéciale pour la mort du père. Aja a-t-il déjà pensé à consulter ?

Enfin bref, voilà donc un bon film d’horreur à la française. Le scénario est bien trouvé, certes un peu bancal, mais ingénieux, la mise en scène est bonne et la photo est impeccable. Un film déconseillé aux âmes sensibles et aux végétariens, mais pour les autres, ne vous privez pas !

Haydenncia