Crazy Joe, de Steve Knight (2013)

Question pour un champion : L'intérêt de l'image se situe t-elle à droite ou au milieu ?
Question pour un champion : L’intérêt de l’image se situe t-elle à droite ou au milieu ?

        Icône du cinéma d’action des années 2000, Jason Statham rempile dans un énième actionner bourrin, c’est en tout cas ce que laisse penser la bande-annonce du film mais aussi l’affiche française. Mais comme souvent, il faut se méfier de la bande-annonce ! En effet celui qui va voir Crazy Joe pour voir le bonhomme lancer des tatannes à tout va et fracasser du bad guy sera grandement déçu, car le film raconte beaucoup plus la relation entre Joey Jones (Jason Statham) et une nonne que la vengeance de Jones sur la petite amie SDF avec qui il partageait un carton. Jones est un ancien soldat qui a déserté l’armée et se cache dans les bas-fonds de Londres pour échapper à la police, mais lorsqu’il tombe par hasard dans un appartement huppé dont le propriétaire est absent pendant plusieurs mois, il décide de se refaire une santé, de revivre et dans un premier temps, de se couper les cheveux afin de ne plus ressembler à Gollum ! Ainsi le film se divise très (trop?) nettement entre les deux axes que sont le monde de la mafia, dans lequel Joey gravit les échelons pour arriver à trouver l’assassin de son amie, puis la relation avec Cristina, la sœur du Couvent de la Rédemption.

        Autant le dire, la relation entre les deux personnages est plutôt étrange, et surtout elle empiète sur le reste du scénario qui, selon moi, est ce qui devrait être mis au premier plan. Reste quand même que Steve Knight, le scénariste des Promesses de l’Ombre, parvient à insuffler une dimension communautariste au récit, faisant ressortir le contexte social du Londres contemporain avec un certain brio en passant tout de même par certains clichés). Une fois n’est pas coutume, Statham nous offre son petit lot de punchlines réjouissantes, ici plutôt gentilles quand même (on est loin de Safe et de sa mythique réplique :

  • « T’en as une grosse paire de couilles ! »

  • « Ouais, mes genoux se touchent pas ! »).

        Ah, que de la poésie mes amis.

Un petit côté Hitman par moments, mais trop peu exploité.
Un petit côté Hitman par moments, mais trop peu exploité.

        Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos colibris, car Joey, traumatisé par la guerre (des flashbacks incessants et souvent inutiles nous le rappellent), voit des colibris partout. Ceux-ci sont en fait sensé représenter les drones de surveillance et d’attaque de l’armée !!! Même le titre original (Hummingbird) accorde une place bien plus importante que ce qu’il n’y paraît à ces petits oiseaux de malheurs. Et la baston dans tout ça, mon capitaine ? Deux-trois petites scènes et puis c’est tout. Même le final tant attendu nous dispense d’action, même si celui-ci est bien jouissif malgré tout. On ne peut en vouloir à Jason Statham de vouloir se renouveler, pour ne pas s’enfermer dans une catégorie «je tape donc je suis », mais il est vrai aussi que Crazy Joe manque cruellement de punch, de rythme bref de « folie » justement ! A réserver donc aux fans hardcore de Statham et encore, je vous conseille de garder en mémoire plutôt son film précédent, l’excellent polar Parker et ses scènes d’infiltration nerveuses (et  accessoirement la mise en valeur de Jennifer Lopez, ça ne se refuse pas). Maintenant que cela est dit, je fais la promesse solennelle de faire la critique de chaque film de Jason Statham qui sortira, jusqu’à la fin de sa carrière ! Oui, je suis un peu fou, mais je l’assume.

Dr. Gonzo

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8 réflexions sur « Crazy Joe, de Steve Knight (2013) »

  1. Oui, c’est étonnant et plutôt décevant pour les fans qui s’attendent à de la castagne, mais ce choix vient de Statham himself qui a en grande partie financé le film (2 millions de dollars de budget seulement à ce que j’ai lu, c’est vraiment peu, même un épisode de « Julie Lescaut » coûte plus cher limite !). Il affirme vouloir se diversifier mais je pense qu’avec ce film, il ne va pas convaincre grand monde…

  2. Ce film est le film de baston post-moderne ! Il y a une histoire d’amour, une super actrice, des tas de petites frappes, un mélange de mendiants et de société de consommation. De l’humour rare mais cohérent avec le scénario (la vanne sur l’orientation sexuelle vers les nonnes)

    Mais surtout de la crédibilité chez statam, une jolie fille (si on aime les polonaises, moi je kiffe), et une petite dédicace à Batman qui ramène le film à sa juste dimension : un rêve de grand breton qui s’imagine redresseur de tort avec sa morale à lui quand même mais en relation avec le monde de la transcendance.

    Pour moi il copie un peu le « Du plomb dans la tête » de Stallone qui passait son temps à engueuler un jeune plus sage que lui (Kang Sung)

    J’en déduis qu’actuellement les acteurs « bourrin » mûrs font des meilleurs films quand ils ont du contrôle sur le film (Stallone producteur de bullet in the head ou Statam producteur de Crazy Joe)

  3. La vanne sur les nonnes c’est du Statham à 200%, vraiment jouissif ! Je ne serait pas aussi optimiste que toi même si le film ne manque pas de qualités, un petit brun d’action en plus auraît été bien.

    J’ai trouvé « Du plomb dans la tête » assez mou, mais le fight final Stallonne/Momoa vaut son pesant d’or ! Et puis il y a une pointe de nostagie chez Stallonne que j’apprécie énormément, il se rend compte qu’il n’a plus 20 ans et le film traite bien ce point sous forme de buddy movie (Walter Hill oblige).

    Bienvenue sur notre blog sinon donfriou !

  4. Statham c’est aussi autre chose que le film d’action, c’est aussi et surtout un des acteurs sinon l’acteur fétiche de guy ritchie, un acteur capable d’évoluer dans un autre style. Je pense sincérement que c’est un excellent acteur qui mériterait d’autres choses.

  5. On le pense tous ! Et si je peux me permettre un avis purement subjectif, j’ai toujours trouvé que Guy Ritchie est un réalisateur surestimé. Mais Statham est très bon dans ses deux premiers films !

  6. Arnaques crimes et botaniques, Snatch, rocknrolla. 3 films canon (avis perso).
    Son Sherlock holmes, on peut y trouver à redire mais globalement c’est passable et il y en a un autre avec statham, complétement psyché, j’ai perdu le nom ou c’est plus un délire d’artiste qu’autre chose.
    Ya pire quand meme comme réalisateur surestimé !

  7. Oui, il y a Steven Soderbergh… Pour revenir à Ritchie, Arnaques… et Snatch sont certes sympa, mais alors je ne me suis toujours pas remis de ses deux Sherlock imbitables. Bref je ne suis pas un inconditionnel de ce guy (mouaaha) !

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