The Impossible, de Juan Antonio Bayona (2012)

Inspiré d’une belle histoire vraie, celle d’une famille espagnole emportée en 2004 par le tsunami et finalement miraculeusement réunie quelques jours après la catastrophe, The Impossible pouvait donner un très bon film. Hélas, pour ma part, c’est une grosse déception, malgré une première partie plutôt bonne, mais la suite est interminable, pleine de pathos et de mièvrerie.  Je donne là mon avis, mais je ne sais pas si Dr. Gonzo, avec qui j’ai vu le film, sera d’accord avec moi. Je pense qu’en partie, oui.

The Impossible raconte donc comment une famille (américaine dans le film, histoire de mieux toucher le public anglo-saxon, plus nombreux, donc plus rentable – d’ailleurs, le sort des autochtones est un peu passé sous silence, mais qu’est-ce qu’on s’en fout d’eux, hein !) en vacance en Thaïlande, se retrouve séparée par le tsunami du 26 décembre 2004. Divisés en deux groupes, la mère et l’aîné, le père et les deux plus jeunes, ils vont tenter de se retrouver, à travers une région ravagée, inondée, et en état d’alerte. Mais, l’homo sapiens est plus fort que tout et il est capable de grandes choses quand il en a la volonté : il est même capable de surmonter l’impossible, et nianiania et nianiania…

Niveau effets spéciaux, il n’y a rien à dire. Mais, pour le reste…

Que d’eau ! Que d’eau ! Certes, il y a le tsunami, mais ça n’est rien comparé aux mètres cubes déversés par les pleurs des principaux acteurs. J’aime pourtant bien Ewan McGregor et Naomie Watts, mais pour le coup, ce sont de vraies fontaines ! Des larmes et des larmes à n’en plus finir, appuyées par des violons grandiloquents, une musique sirupeuse et insistante, du genre : « Attention ! C’est LÀ qu’il faut pleurer ! »… Moi, pour que je verse ma petite larme, il me faut plus de finesse, plus de sensibilité, plus de tact. Mais, quand on arrive comme ça avec de gros sabots et des pancartes « Pleurez immédiatement ! », au mieux ça me fait rire, au pire ça me fait chier ! Et puis, tout est tellement prévisible dans ce film, avec des effets mille fois utilisés : le père qui cherche son fils, et les deux se croisent sans se voir ; ou cette séquence avec la vieille femme (Géraldine Chaplin) et l’enfant. Ridicule et, pour le coup, vraiment mièvre ! On se croirait dans un vieux film américain où un gosse blond avec une coupe au bol a perdu son golden retriever Billy et finalement le retrouve et toute la famille aux dents ultrabright pleure de joie et le pasteur de la famille est content lui aussi… Le problème, c’est que le film est rempli de ce genre de scènes (il y a aussi celle avec le petit garçon blond qui retrouve son père… Pouarf ! Je dois être quelqu’un d’insensible, c’est pour ça).

Cependant, si The Impossible est gâché par plusieurs choses, notamment son aspect doloriste, la principale reste ce faux suspense agaçant et qui s’étend, qui s’étend… Que c’est long ! Certes, on connaît la fin et le happy end, mais justement, le film est tellement mou pour arriver à sa conclusion qu’on ne souhaite qu’une chose : que les membres de cette famille se retrouvent une fois pour toutes, qu’on puisse sortir de la salle ! Mais bordel ! Quelle idée de partir fêter Noël en Thaïlande ! Y a pas de neige en Thaïlande ! Et comment voulez-vous faire croire à un enfant que le Père Noël a traversé tout un continent sur son traîneau pour apporter des cadeaux à seulement trois gosses ! Vous imaginez les frais de déplacement pour si peu et l’état des rennes à l’arrivée ! Tsss !…

Cette image résume bien l’esprit du film

Soulignons néanmoins la réussite des effets spéciaux. Le seul intérêt de ce film, c’est sa première partie, c’est-à-dire celle où l’on voit la catastrophe. Grâce à des effets spéciaux surprenants, on assiste à l’arrivée et aux ravages du tsunami et pour le coup, cette séquence est très intéressante.

La famille est donc au bord de la piscine et profite de ses vacances de Noël au soleil : le père s’amuse avec ses enfants, la mère lit dans son transat. Il fait beau et chaud – tout semble normal. Soudain, quelque chose gronde, qui fait fuir les oiseaux, trembler le sol et vibrer les vitres, de plus en plus. Tout le monde se fige. Au loin, venant de la plage, caché par les murs de l’hôtel, quelque chose approche, qui arrache et soulève les palmiers comme de vulgaires brindilles. Certaines personnes commencent à reculer ; on se dresse dans son transat ; les visages pâlissent. Chacun tourne son regard vers la plage. Soudain, en moins de dix secondes, un immense mur d’eau saumâtre passe par-dessus les murs, explose les façades en bois, envahi les jardins, la cour, le rez-de-chaussée de l’hôtel ; il soulève les voitures et avale un à un les touristes tétanisés. Toute la famille du film est emportée par les eaux bouillonnantes. Des plans impressionnants vus du ciel montrent les ravages de la vague. C’est le point de départ de l’histoire, et c’est à partir de là que le film devient chiant et gnangnan.

Donc, si vous voulez à tout prix voir ce seul grand moment sans débourser un euro, plusieurs solutions s’offrent à vous :
1) Creusez un tunnel partant d’un coin discret de la rue et remontant dans les toilettes du cinéma. Veillez à ne pas émerger dans des toilettes occupées. Passez-vous un petit coup de savon pour enlever la terre, glissez-vous dans la salle et regardez le début du film. Vous n’êtes pas obligé de reprendre le tunnel pour quitter le cinéma.
Inconvénient : nécessite de s’y prendre plusieurs semaines à l’avance, surtout si on y va à la petite cuillère.
2) Passez par le conduit d’aération qui débouche dans la salle.
Inconvénient : vous pourriez rester coincé à un tournant comme un con.
3) Cachez-vous dans le distributeur de confiseries la veille au soir et ne sortez discrètement que le lendemain, quand le film commence.
Inconvénient : si quelqu’un vous commande comme confiserie, vous risquez de tomber dans le réceptacle et de finir dans un estomac.
4) Habillez-vous en guichetier(e) (magasin « Je m’habille en employé de cinéma », rayon guichet, 7 rue Victor Hugo)
Inconvénient : la rue Victor Hugo est en travaux en ce moment et ce magasin est fermé.
5) Habillez-vous en vendeur(se) de pop-corn (magasin « Je m’habille en employé de cinéma », rayon vente de pop-corn, 7 rue Victor Hugo)
Inconvénient : le même qu’au-dessus.
6) Mettez votre tenue commando (le mieux est d’avoir une tenue qui reprend les couleurs de la moquette du cinéma) et coloriez-vous le visage avec des peintures de guerre ; faufilez-vous telle une ombre dans la nuit dans le cinéma, rampez jusqu’au guichet, un couteau entre les dents (on ne sait jamais), contournez le guichet en roulé-boulé ; si quelqu’un s’interpose : un coup sec dans la jugulaire ! Ensuite, le plus dur : passer le contrôle de ticket ! Là, vous n’avez pas le choix : en mode « furtivité du renard », glissez-vous derrière une colonne à proximité, et, en courant sur le mur comme ils le font dans les films américains, passez au-dessus des contrôleurs. Atterrissez de l’autre côté, rendez-vous aux toilettes, retirez votre tenue et allez dans votre salle préférée.
Inconvénient : plusieurs, hélas. D’abord, on peut trouver ça suspect, quelqu’un qui rampe avec une tenue de camouflage dans un cinéma. Ensuite, il faut être souple et agile, surtout pour la dernière partie de la mission. Enfin, si jamais vous réussissez quand même, n’oubliez pas de nettoyer vos peintures de guerre, ou vous aurez l’air un peu bizarre sur votre siège.

Quelqu’un aurait du shampoing et du gel douche ?

Finalement, même si The Impossible est bon du point de vue technique et notamment grâce à des effets spéciaux très réussis, on s’en fout un peu du sort de cette famille, tant ce film semble impersonnel et tant les effets lacrymaux sont appuyés. Ça se veut réaliste, mais, finalement, j’ai vraiment eu du mal à y croire, et c’est dommage. Bref, un film qui ne fait pas de vagues et qui tombe à l’eau… Mouahahah ! Que je suis diabolique !

Haydenncia

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Une réflexion sur “ The Impossible, de Juan Antonio Bayona (2012) ”

  1. Le sujet ne me déplait et la bande annonce était pas mal, mais comme tu dis, on vois arriver de loin le film qui veut te faire pleurer a tout prix, sans aucune finesse, d’ailleurs c’est pour cela qu’il ne m’interesse pas trop au final. Par contre je conseille a quiconque de regarder les documentaires sur le Tsunamis, qui sont stressant, effrayant et vraiment angoissant

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