Le Labyrinthe, de Wes Ball (2014)

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        Dans la droite lignée des Hunger Games, La stratégie Ender et autres Divergente, voilà débouler Le Labyrinthe, le premier volet d’une trilogie basée sur le cycle littéraire L’Épreuve de James Dashner. Nouvel assaut cinématographique de la saga de SF pour adolescents, le film du jeune réalisateur Wes Ball en reprend les thématiques fondamentales. Un jeune homme se réveille amnésique dans le « Bloc », une immense prison à ciel ouvert entourée d’un labyrinthe qui change de configuration chaque nuit. Au sein d’un groupe exclusivement composé d’adolescents, il doit retrouver la mémoire et tenter de sortir du bloc.

        On voit donc déjà dans ce synopsis poindre une métaphore du mal-être adolescent, prisonnier en sursis entre le monde enfantin et innocent et l’âge adulte qui appelle responsabilités et décisions morales (quoique, étant enfant, choisir entre le nutella et le beurre sur une tranche de pain représentait pour moi une décision morale de premier ordre). Le Labyrinthe se démarque par son approche psychologique du sujet, plutôt subtile, qui parle à tous. De fait, l’implication émotionnelle du spectateur est possible grâce à la portée symbolique de la narration : l’enfermement physique devient synonyme d’enfermement psychologique vaincu par la solidarité (masculine only), le labyrinthe le reflet en relief du passage difficile entre enfance et monde adulte. Dans une perspective similaire, tout adepte de l’exégèse freudienne verra dans les Griffeurs la représentation inconsciente du complexe d’œdipe, mais là c’est une autre histoire…

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        Cette mise en avant du psychologique diminue donc l’action (ce à quoi la bande-annonce nous préparait en priorité, public adolescent oblige), mais les rares scènes d’actions du film sont pourtant traitées comme le reste, en gros c’est pas parfait mais ça reste bien au-dessus de ce genre de film (on a pas les yeux rouges comme dans les séquences frénético-machouillées de Hunger Games – L’Embrasement). Les Griffeurs, sortes de limaces géantes de chair et de métal, bénéficient d’un design réussi et d’une animation impeccable, tandis que l’on ne rechigne pas à montrer quelques tripes ici et là. Rien à dire sur les acteurs, non rien du tout. Bon si vous insistez : l’acteur principal Dylan O’Brien (vu dans Teen Wolf) fait le boulot mais souffre du même problème que les acteurs de Hunger Games-like, aussitôt que je vois son visage, je l’oublie (ou bien je les confonds), allez comprendre. Quant à Kaya Scodelario (vue dans Skins), l’unique fille dans le Bloc, elle a réussi à s’échapper de cet univers masculin violent et va bien ! Non en fait le problème avec son rôle c’est qu’il ne sert à rien, elle passe dire bonjour, se souvient d’où elle vient (youpi !)… et puis voilà.

        La fin du film tient du miracle puisque, pour une fois, elle donne envie de connaitre la suite, tant le twist est bien orchestré et laisse planer le mystère. Au final on tient un teen-movie d’anticipation supérieur à la moyenne, agréable à regarder bien que pas mémorable non plus. Pour ceux qui, phonétiquement parlant, le craignait, Wes Ball n’a donc aucun lien de parenté artistique avec Uwe Boll. Nous voilà rassurés.

Dr. Gonzo

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3 réflexions sur “ Le Labyrinthe, de Wes Ball (2014) ”

  1. Il me tente bien ce film, juste parce que je suis fan du jeu de plateau Labyrinthe.

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